Bitcoin : La crypto-monnaie, une valeur de réserve ?

La récente hausse fulgurante du cours du Bitcoin a fait la une des médias. Tout en assurant les trois fonctions de la monnaie, on peut douter qu’il s’agisse d’une bonne réserve de valeur étant donnée la perspective de grandes fluctuations de sa valeur par rapport à celle du panier du consommateur.

Quand la demande est plus forte de l’offre, les prix montent.

Pour le Bitcoin, la hausse a été spectaculaire et reflète la dynamique spéculative dans laquelle les hausses de prix incitent plus les acheteurs à intervenir : l’élan positif s’autoalimente et une bulle se développe.

Cependant, comme avec les bulles précédentes dans l’histoire, à un moment donné la dynamique change soudainement, mais personne ne sait ni quand ni, bien souvent, pourquoi. La bulle éclate et la stratégie de l’élan se brise.

Le développement de la crypto-monnaie nous fait plonger dans un monde de concurrence entre les monnaies. On devrait dire replonger parce que des auteurs dans la Grèce antique, 400 ans avant Jésus Christ, faisaient déjà référence à ce phénomène.

Nous pouvons aussi faire valoir que dans un monde où les mouvements de capitaux sont libérés, les monnaies des différents pays sont en concurrence aussi bien pour les faveurs des investisseurs que pour celles des utilisateurs éventuels.

Or, aujourd’hui, il y a une concurrence entre la monnaie fiduciaire créée par le secteur privé (la crypto-monnaie) et la monnaie fiduciaire créée par le secteur public (la banque centrale).

Qu’est-ce qui rendrait l’une plus attrayante que l’autre ?

L’offre potentielle pourrait être un facteur : les investisseurs pourraient être attirés par des limites supérieures prédéfinies à la fourniture d’une crypto-monnaie.

Cet argument a ses limites si l’on considère que les banques centrales indépendantes sont conscientes de leur crédibilité et ne veulent pas courir de risques avec l’inflation.

En outre, on peut imaginer un foisonnement de crypto-monnaies où les nouvelles se développeraient au détriment des anciennes.

D’un point de vue tout à fait économique, en laissant de côté les questions sur la cyber sécurité, lors de l’évaluation de l’acceptabilité d’une monnaie privée, on devrait regarder les trois fonctions de l’argent :

  1. Unité de compte
  2. Moyen d’échange

Les crypto-monnaies remplissent ces deux fonctions, mais qu’en est-il de la troisième, la réserve de valeur ?

La troisième fonction de l’argent est de servir de réserve de valeur, c’est-à-dire à conserver la valeur de quelque chose dans le temps.

Beaucoup de choses pourraient servir de réserve de valeur (les œuvres d’art, les voitures de collection) mais les utiliser comme moyen d’échange est virtuellement impossible.

Lorsqu’il s’agit de la monnaie, la vraie question est : s’agit-il d’une bonne réserve de valeur ?

Pour répondre il y a lieu d’adopter une approche de gestion actif/passif : on constitue une réserve de valeur aujourd’hui (l’actif) afin d’y faire appel à une date ultérieure pour financer ses dépenses (passifs).

Il en découle qu’une bonne réserve de valeur doit avoir un pouvoir d’achat stable en termes du panier du consommateur, ce qui suppose une faible volatilité de son prix réel.

Bitcoin ne répond pas à ce critère puisqu’après une ascension exponentielle on peut redouter qu’à un moment donné viendra une grande correction.

En conclusion, entre une réserve de valeur et une bonne réserve de valeur il y a un monde de différence.

William DE VIJLDER

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