AFRIQUE : La croissance régionale accélère, portée par une meilleure conjoncture internationale


La croissance régionale continuera son accélération en 2018, aux alentours de 4 % (vs. ca. 3,5 % l’année dernière) : 32 des 53 pays de la zone devraient enregistrer cette année une croissance réelle du PIB supérieure à celle de 2017. Ceci s’explique principalement par une accélération des moteurs de croissance externes, soutenus par une meilleure conjoncture internationale. Les exportations africaines croissent rapidement (+30 % en ga. en février 2018), bénéficiant vraisemblablement à la fois d’un effet volume (confirmation du dynamisme économique des principaux partenaires commerciaux) et d’un effet prix (remontée des prix des principales matières premières exportées : hydrocarbures, produits agricoles, coton, etc.).

A l’inverse, les moteurs internes sont encore au ralenti : par exemple, la distribution de crédit au secteur privé demeure globalement atone, alors que de nombreux secteurs bancaires (régionaux) sont fragilisés par des niveaux de créances douteuses élevés. Au total, les rythmes de croissance attendus d’ici à 2020 restent i) hétérogènes et différenciés entre les différentes sous-régions, entre les différentes structures économiques (pays pétroliers ou non), entre les « petits » et les « grands » pays ; ii) insuffisants pour assurer une progression tangible des PIB par habitant (la population totale africaine devant croître de 2,5 % par an d’ici 2020), et iii) inférieurs aux taux de croissance enregistrés entre 2004 et 2007 (plus de 5 % par an).

Dans ce contexte plus favorable, les déséquilibres financiers extérieurs se résorbent progressivement : légère réduction des déficits courants, confiance élevée des investisseurs internationaux favorisant les flux de financement (IDEs, investissements de portefeuille – ayant entraîné une hausse des principales bourses régionales, flux de dettes – cf. infra), tendance à l’assouplissement (au moins partiel) des régimes de change (Angola, Nigéria, Maroc). La plupart des pays enregistrent une légère hausse de leurs réserves de change, même si globalement le niveau en termes de couverture des importations reste faible.

Les finances publiques régionales semblent plus fragiles. Si le déficit fiscal régional devrait lui aussi se réduire graduellement dans les années à venir, les niveaux d’endettement public ont significativement augmenté dans l’ensemble de la région (de 35 % du PIB à fin 2012 à 55 % du PIB à fin 2017) alors même que la mobilisation des ressources fiscales demeure perfectible (impôts comptant pour moins de 20 % du PIB en moyenne sur le continent). En outre, la composition de cet endettement public a évolué en faveur de ressources plus onéreuses, ie. créanciers bilatéraux hors « Club de Paris » (en particulier la Chine) et marchés de capitaux internationaux. Afin de profiter de coûts d’endettement encore relativement abordables (et donc devancer la hausse en cours des taux d’intérêts mondiaux), les pays Africains multiplient les émissions d’obligations souveraines : plus de 20 GUSD d’Eurobonds ont été émis depuis le début de l’année, dépassant déjà le précédent record historique de 2017.

Cette hausse de l’endettement public représente un nouveau facteur de vulnérabilité, notamment en cas de croissances décevantes, de nouveaux dérapages budgétaires, de fortes fluctuations des taux de change, ou de durcissement plus rapide que prévu des conditions financières. Selon le FMI, la viabilité de la dette des pays à faible revenu s’est détériorée : 15 pays (sur 35) sont désormais surendettés ou risquent de le devenir, contre 6 sur 34 à fin 2014.

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