TotalEnergies décroche un méga-contrat de 23 milliards d’euros en Irak

Le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné s’est rendu en Irak pour signer dimanche 5 septembre un contrat d’une valeur estimée à près de 23 milliards d’euros. Les quatre projets retenus prévoient notamment le développement de champs pétroliers et gaziers et la création d’une gigantesque ferme solaire.

Un total de 27 milliards de dollars (environ 22,8 milliards d’euros). Une somme qui représente un peu plus que le PIB annuel du Yémen, du Zimbabwe ou de l’Islande. Voilà ce que compte investir TotalEnergies en Irak, comme l’a affirmé son PDG Patrick Pouyanné lors de la signature de ce méga-contrat dimanche 5 septembre. Selon le ministre irakien du Pétrole Ihssan Ismaïl, il s’agit du plus gros investissement jamais effectué par une entreprise occidentale en Irak.

Cet argent permettra de financer quatre projets énergétiques. Le premier consiste à acheminer de l’eau de mer du Golfe vers les champs pétroliers du sud afin de faciliter l’extraction des hydrocarbures. Le deuxième a pour objectif de multiplier par 2,5 la capacité de production du champ pétrolier d’Artawi, quand le troisième se focalisera sur la construction d’une importante station de gaz naturel. Enfin, de nombreux panneaux solaires seront installés dans le sud du pays grâce au quatrième projet, qui mise sur une capacité de 1 000 mégawatts, soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire.

Un territoire stratégique

Dans le détail, une première salve de 10 milliards de dollars (8,4 milliards d’euros) sera destinée au développement des infrastructures, puis les 17 milliards (14,3 milliards d’euros) restants seront consacrés à leur exploitation. Les travaux devraient débuter dès la fin de l’année 2021, a précisé Patrick Pouyanné, qui s’est plusieurs fois rendu en Irak ces dernières années. La date de la signature du contrat n’a sûrement pas été choisie au hasard : elle intervient une semaine après que le président Emmanuel Macron s’est rendu sur place.

Ce pays du Moyen-Orient attise les convoitises de nombreuses puissances, notamment car il s’agit du second plus grand producteur de pétrole brut de l’OPEP, derrière l’Arabie saoudite. TotalEnergies a rapidement flairé le potentiel de l’Irak : l’entreprise y est présente depuis près d’un siècle. Le gouvernement local cherche aujourd’hui à diversifier ses sources de revenus, alors que le pétrole pèse toujours 90% de son PIB. Mais pour effectuer pleinement sa transition, et ainsi cesser d’être dépendant de l’électricité et du gaz que lui fournit son voisin l’Iran, il devra surmonter les défis sécuritaires et la corruption endémique.

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