« Je donne tout mon temps à l’humanitaire »

Le chanteur français des années 70 Christian Delagrange était à Djerba pour soutenir les super Mamies. Ce grand interprète de Rosetta, Sans toi je suis seul, Petite fille, Ne t’en vas pas et Tendre Cathy a vendu plus de 12 millions de disques. Aujourd’hui en parallèle de chanteur, il s’occupe de son ONG assistance humanitaire. Au cours de notre entretien à Mouradi Djerba, Christian reviendra sur les grands moments de sa carrière, de sa découverte, sa rencontre avec Mike Brant, ses premiers succès en France, son dernier album et ses activités humanitaires

Christian Delagrange  (5)Tout d’abord quelle impression gardes-tu de ton enfance au Maroc ?
Je garde de bons souvenirs .Beaucoup de chaleur étant enfant à Rabat! Et aussi une très bonne cuisine! Le goût des épices surtout… Je suis resté pas mal d’années sans pouvoir y retourner quand j’étais môme. A l’adolescence aussi çà m’a manqué. Lorsque je suis rentré en France six mois avant mes parents, je parlais couramment l’arabe même à l’école plus que le français si bien que le directeur était surpris de me voir bavarder souvent en arabe. Le Maroc m’a beaucoup marqué

Comment est venue cette passion pour cette musique ?
Ma passion a commencé au Maroc avec l’écoute des grands tubes de la musique à l’époque. Je suis rentré du Maroc juste avant les années
60. C’était la fin d’une période qu’allait détrôner le Rock’n’Roll.
Mes idoles étaient Charles Trenet, Yves Montand, et aussi un groupe que j’aimais énormément : les Compagnons de la chanson. J’ai côtoyé une grande chorale et depuis j’ai pu adhérer à ce groupe

Tu aimes beaucoup le rock ?
C’est ma musique de mon enfance. On chantait des tubes d’Elvis
Presley et de Tom Jones.

Christian Delagrange  (4)Comment a été votre relation avec Mike Brant ?
C’est un ami, un garçon adorable il y a un grand respect l’un pour l’autre. On s’appelait à chaque sortie de disque. On s’y retrouvait souvent. Je me souviens aussi d’une fois où j’étais en gala à Montpellier et lui à Lille, et le lendemain, c’était l’inverse, j’étais sur Valenciennes et lui sur Montpellier. On s’était appelés afin que nos techniciens respectifs restent sur place pour assurer le concert de l’autre… C’est un chanteur très sensible. Mike déprimait énormément à l’époque. On vendait beaucoup moins de disques. Le disco arrivait… La disparition de Mike a mis un terme définitif à cette époque.

Dans les années 70, tu as sorti tube sur tube. Etes-vous nostalgique à cette période ?
Mes chansons comme « Sans toi je suis seul » « Rosetta » n’étaient pas si mauvaises puisqu’elles apportaient une part de rêve aux gens qui en avaient besoin. On est tous à la recherche d’un rêve. J’ai pris conscience à ce moment là que les chansons marquaient les bons et les mauvais moments de la vie. On aime retrouver des chansons qui nous ont bercés. Une chanson rappelle souvent un instant de vie. Les chansons rythment nos
vies, comme la musique d’un film rythme les scènes.

Christian Delagrange  (2)Quelle impression gardes-tu de vos idoles ?
A l’époque, on était sollicité partout où nous allions. Quand nous allions dans un restaurant ou dans un concert, nous étions bien reçus par nos admirateurs et nos idoles

Tu continue à chanter ?
Je continue à chanter je viens de sortir un album « Ballades en France » J’ai d’autres projets avec notamment cette comédie musicale « Voyage en Italie » d’Angela Amico le 21 novembre au théâtre Trévise à Paris sans oublier les super mamies en septembre prochain

Christian Delagrange  (1)Tu as créé en 2007 une ONG « Assistance Humanitaire
Internationale ». Pouvez-vous nous en parler ?
C’est une façon d’aider les gens. Quand on côtoie la misère sur le terrain, on se rend compte qu’il faut aussi aider les écoles, les déshérités et les démunis. On essaye de satisfaire un maximum de monde en fait. On a essayé de servir les écoles défavorisées à Djerba. On a fait deux opérations. Nous continuons notre action avec les enfants des hôpitaux. D’ailleurs nous comptons cette année lancer une opération d’aide en équipement médical à un hôpital tunisien avec le concours de Lions Club Nabeul les jasmins. Je donne tout mon temps à l’humanitaire. Au minimum huit heures par jour. je reçois 300 à 400mails au quotidien. J’ai suffisamment chanté. Aujourd’hui les CD ne sont qu’un support. Assistance humanitaire internationale intervient actuellement dans quatorze pays dans le monde. On vient de finir la construction d’un collège et d’un orphelinat au Bénin et on s’apprête à réhabiliter un orphelinat à Bali. On rencontre les gens, on ne va pas à l’aveuglette. Orphelinat, laboratoire médical, rénovation de maternité, écoles… Le champ d’action est tellement vaste.

Quelle impression gardes-tu de la Tunisie ?
J’aime beaucoup la Tunisie. Elle me rappelle aussi mon enfance avec cette beauté des sites et aussi cette gentillesse de sa population.

Kamel Bouaouina