Le Fonds monétaire international (FMI) confirme que l’économie mondiale affiche une croissance robuste de 3,3 % en 2026, soit une révision à la hausse de 0,2 point par rapport aux prévisions d’octobre 2025. Ce taux reste également aligné avec la croissance observée en 2025, marquant une surprenante résilience face à des perturbations commerciales significatives et aux mesures tarifaires imposées, notamment par les États-Unis.
Un boom technologique qui soutient la croissance
L’un des principaux moteurs de cette performance est la forte accélération des investissements dans les technologies de l’information, en particulier l’intelligence artificielle (IA). Aux États-Unis, ces investissements représentent la part la plus élevée depuis 2001 dans le PIB, dynamisant les dépenses des entreprises, les innovations technologiques et les exportations asiatiques.
Cette tendance s’inscrit dans un contexte où les marchés financiers ont fortement réagi à l’intégration des outils génératifs d’IA depuis fin 2022, soutenant la hausse des cours boursiers et facilitant le financement du capital productif.
Adaptation des chaînes d’approvisionnement et conditions financières favorables
Le FMI observe que les entreprises ont pu adapter leurs chaînes d’approvisionnement face aux hausses tarifaires, limitant ainsi l’impact négatif sur la croissance. L’allègement des tensions commerciales, un stimulus budgétaire supérieur aux attentes et des conditions financières accommodantes ont également contribué à soutenir l’activité mondiale.
Risques macroéconomiques persistants
Malgré cette dynamique, l’institution met en garde contre plusieurs risques croissants :
- Concentration des investissements technologiques, qui expose l’économie à une possible correction des marchés financiers si les rendements attendus ne se matérialisent pas.
- Accumulation de dettes et marge de manœuvre financière réduite, pouvant amplifier les chocs financiers ou une hausse des taux d’intérêt.
- Vulnerabilité des économies à une réévaluation négative des actions technologiques, avec des conséquences potentiellement sévères sur la consommation et l’investissement à l’échelle mondiale.
Dans un scénario de correction modérée des valorisations, le FMI estime que la croissance mondiale pourrait être réduite d’environ 0,4 % par rapport à la trajectoire de base.
Leçons historiques et comparaison avec le passé
L’analyse du FMI évoque des parallèles avec la bulle Internet de la fin des années 1990, bien que l’accumulation actuelle d’investissements technologiques soit plus graduelle et accompagnée de bénéfices économiques plus solides. Toutefois, la capitalisation boursière relative au PIB est nettement supérieure, ce qui accentue la vulnérabilité de l’économie mondiale aux chocs financiers.
Recommandations de politique économique
Pour faire face à ces risques et consolider la croissance :
- Renforcer la surveillance financière et les normes prudentielles pour les banques et les institutions exposées aux secteurs technologiques.
- Maintenir l’indépendance des banques centrales pour assurer la stabilité des prix et des marchés financiers.
- Adopter des politiques fiscales prudentes, réduisant les dettes publiques et préservant l’espace budgétaire pour les cycles économiques futurs.
- Favoriser l’adoption de technologies tout en investissant dans des programmes de reconversion professionnelle, afin de limiter les impacts sur les travailleurs.
Perspectives : croissance durable ou fragilité latente ?
Même si l’économie mondiale a montré une capacité notable à surmonter les chocs tarifaires et les tensions commerciales, l’équilibre entre les effets positifs de l’IA et les risques financiers demeure précaire. Les décideurs et les investisseurs doivent conjuguer optimisme technologique et pragmatisme économique pour éviter une nouvelle crise ou un cycle boom-bust susceptible de freiner durablement la croissance mondiale.
