2027, l’année du rendez-vous mondial
L’échéance qui cristallise les espoirs tient en deux mots : Sommet mondial du Halal. Selon le PDG du CEPEX, Mourad Ben Hassine, la Tunisie devrait l’accueillir en 2027, sous l’égide de l’Organisation islamique de la métrologie et des normes. Le CEPEX et le ministère du Commerce et du Développement des exportations s’y emploient activement.
Kais Belaid, président de FIBGN Global Business Network, co-organisatrice du forum, y voit une occasion de placer Tunis sur la carte du secteur. Son objectif : que la capitale devienne, dès 2027, le grand rendez-vous international du halal, avec des contrats signés, des entreprises certifiées, des projets financés, des marchés ouverts et des emplois à la clé.
Un marché colossal, une filière encore jeune
Les chiffres avancés par Kais Belaid donnent la mesure de l’enjeu. En 2024, les dépenses des consommateurs musulmans ont avoisiné 2 600 milliards de dollars, et elles devraient approcher 3 560 milliards en 2029. La finance islamique représente, seule, près de 6 000 milliards de dollars.
Les rythmes de croissance annuels sont tout aussi parlants : 6,5 % pour la consommation halal, plus de 10 % pour la finance islamique et plus de 11 % pour le tourisme.
Côté tunisien, les exportations halal atteignent 1,3 milliard de dinars, portées surtout par l’alimentation. Le nombre d’entreprises actives dans l’économie halal a, lui, doublé en deux ans environ : près de 40 aujourd’hui, contre une vingtaine en 2023. Reste, selon Kais Belaid, à faciliter l’accès des entreprises aux marchés, aux standards, aux acheteurs et aux investisseurs.
Les propositions du CIDC pour accélérer
Le directeur général du Centre islamique pour le développement du commerce (CIDC) estime que la Tunisie peut réussir de vraies percées. À l’échelle mondiale, les échanges de produits halal pèsent environ 9 milliards de dollars par an, avec en tête l’agroalimentaire, l’huile d’olive, les produits de la mer, les services financiers, le tourisme et la cosmétique.
Pour en tirer parti, il recommande de renforcer la certification halal des produits agroalimentaires, de soutenir leurs exportations et de faire progresser les services touristiques, les télécommunications et la logistique. Il appelle aussi à conclure des accords avec les pays de l’OCI, ainsi qu’avec des partenaires asiatiques, arabes et africains.
Sa proposition phare : un conseil supérieur du halal, rattaché au ministère du Commerce, qui rassemblerait l’UTICA, la FIPA, le CEPEX, le ministère de l’Industrie et les autres acteurs concernés. Ce conseil réglerait les échanges et les investissements avec les pays partenaires, tandis que la finance islamique devrait bénéficier de textes de loi dédiés.
La confiance, condition de la réussite
Pour Kais Belaid, le halal ne se résume pas à une étiquette sur un emballage. C’est un engagement qui doit être respecté à chaque étape de la chaîne. Dans cet esprit, FIBGN propose de faire du forum un espace de dialogue entre organismes de normalisation et de certification, avec l’INORPI comme interlocuteur, afin de rapprocher les référentiels, d’avancer vers la reconnaissance mutuelle et d’abaisser les barrières d’entrée.
Un cap politique et un premier accord de financement
Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a précisé la suite : lancer une offre tunisienne et africaine compétitive. Une telle offre suppose que l’État, les entreprises, les structures professionnelles, les universités et les centres de recherche et de formation travaillent de concert. Le ministère, a-t-il promis, continuera de soutenir les entreprises, de renforcer la coopération et de diversifier les produits à l’export.
Un premier résultat concret est déjà tombé : FIBGN et la Banque de Tunisie et des Emirats (BTE) ont signé un mémorandum d’entente sur le « financement à impact ». Il vise à donner aux PME et TPME les moyens de financer l’évolution de leurs process et l’obtention de certifications halal.
Organisé par le ministère du Commerce et du Développement des exportations et par FIBGN, le forum ambitionne de s’imposer comme la plateforme de référence du développement, de la certification, du financement et du commerce des industries halal entre l’Afrique, le Golfe, l’Asie et l’Europe.
