Tunisie: Le déficit budgétaire se creuse à 5.076 MDT

La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient de publier sa note sur les évolutions économiques et monétaires octobre 2020. Globalement, les chiffres ne sont pas rassurants avec une quasi-stabilité dans certains indicateurs. La pandémie sévit et la propagation de la pandémie continue de peser lourdement sur tous les fondamentaux économiques.

La 2ème vague de la pandémie vient assombrir l’état des lieux de l’économie nationale, déjà lamentable. A ce propos, l’institut d’émission précise que les résultats d’exécution du budget de l’Etat, à fin juillet 2020, indiquent un creusement important du solde budgétaire à -5.076 MDT, contre -2.748 MDT un an auparavant traduisant l’effet conjugué de la hausse des dépenses (hors service de la dette) de 0,9%, et la baisse notable des ressources propres de -11,3% par rapport aux réalisations d’un an auparavant.

L’impôt sur les sociétés en baisse de -555 MDT

Au niveau des ressources de l’Etat, la BCT a fait savoir que les recettes fiscales se sont établies, à fin Juillet 2020, à 14,8 milliards de dinars, en baisse de -11,1% (ou -1.849 MDT) par rapport à la même période une année auparavant. Cette forte régression, explique la banque des banques, porte la marque de la baisse des recettes provenant des impôts aussi bien directs (-9,4% en G.A), qu’indirects (-12,6% en G.A).

« Au niveau des impôts directs, la régression des recettes a été fortement perceptible au niveau de l’impôt sur les sociétés (-24,1% ou -555 MDT) et les autres impôts sur le revenu (-13,9% ou -280 MDT), quoique partiellement compensée par la hausse de l’impôt sur les salaires (+4,1% ou +132 MDT). Quant aux impôts indirects, des baisses substantielles ont marqué les recettes de la TVA (-15% ou -662 MDT), les autres impôts indirects (-12,1% ou -289 MDT) et à un moindre degré, les ressources en provenance des droits de consommation (-6,4% ou -101 MDT) et des droits de douane (-12,6% ou -94 MDT) », souligne la BCT.

Une progression marquante de la masse salariale (+13,3%)

Du côté des dépenses de l’Etat (hors service de la dette), elles se sont élevées, au terme du mois de juillet 2020, à 19 milliards de dinars, en hausse de 0,9% sur un an, poussées par la progression marquante de la masse salariale (+13,3% ou +1.309 MDT). En revanche, le rapport fait ressortir que les autres postes de dépenses publiques ont enregistré des baisses quasi-généralisées durant ladite période. Il est à signaler que la hausse de la masse salariale confère un pouvoir d’achat additionnel non adossé à une amélioration de la productivité, ce qui est générateur d’inflation.

La dette intérieure avoisine les 28,4 milliards de dinars

Sur un autre volet, au terme des sept premiers mois 2020, l’encours de la dette publique s’est établi à 88.481 MDT, en hausse de 7,2%, par rapport à son niveau de fin 2019. Cette évolution a concerné l’encours de la dette extérieure qui a totalisé 60,1 milliards de dinars, en progression de 2,6% par rapport à décembre 2019, ainsi que celui de la dette intérieure, qui a augmenté de 18,5%, durant ladite période, pour avoisiner 28,4 milliards de dinars.

 A fin août 2020, les recettes touristiques n’ont totalisé que 465 M€

En ce qui concerne la balance des services, les flux de recettes touristiques se sont élevés, en août 2020, à 77 millions d’euros contre 357 millions un an auparavant, soit une baisse de -78,5%. Sur l’ensemble des huit premiers mois 2020, les recettes touristiques n’ont totalisé que 465 M€ contre 1.191 M€ à fin août 2019.

Retour de près de 551 MD au système bancaire

Les besoins de liquidité bancaire ont affiché, en août 2020, une quasi-stabilisation, comparativement aux derniers mois, en continuant à évoluer au voisinage des 10 milliards de dinars, en moyenne, relève la BCT.

Cette stabilité a été favorisée par l’effet expansif exercé par les billets et monnaies en circulation (retour de près de 551 Millions de dinars (MD) au système bancaire), après les importants retraits enregistrés en juillet dernier (effet de la saison estivale et de Aïd Al-Idha).

Au niveau du refinancement, les interventions moyennes de la BCT sur le marché monétaire se sont élevées, en août 2020, à 10,089 MD contre 9,864 MD le mois écoulé.

SourceK.A

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