Tensions Chine-UE : Pékin réclame une « approche ouverte » face au protectionnisme technologique de Bruxelles

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À la suite du Forum de Davos, Pékin appelle l'Union européenne à maintenir un marché équitable pour les investissements chinois. Alors qu'Emmanuel Macron encourage une production locale plutôt que des exportations subventionnées, de nouvelles directives de cybersécurité menacent les géants comme Huawei.

Un appel au dialogue sur fond de divergences stratégiques

Mercredi, la diplomatie chinoise a officiellement appelé l’Union européenne à adopter une « approche ouverte » concernant les investissements directs étrangers (IDE). Cette déclaration, portée par Guo Jiakun, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, intervient dans un climat de méfiance croissante. Pékin répond ainsi directement aux récentes prises de position du président français Emmanuel Macron au Forum économique mondial de Davos, tout en s’opposant fermement aux nouvelles régulations européennes sur la cybersécurité qui visent à restreindre l’influence technologique chinoise sur le Vieux Continent.

Davos : L’invitation nuancée d’Emmanuel Macron

Lors de son intervention devant l’élite mondiale à Davos, Emmanuel Macron a adopté une posture de « main tendue sous conditions ». Si le président français a affirmé que « la Chine est la bienvenue », il a assorti cette ouverture d’une exigence de réciprocité et de transfert de valeur. Selon lui, l’Europe a besoin d’investissements productifs contribuant à la croissance locale et aux transferts de technologies, plutôt que d’un simple flux d’exportations massives.

Le président français a également pointé du doigt les disparités de normes et les subventions étatiques dont bénéficieraient certains produits chinois, créant une distorsion de concurrence. En réponse, Guo Jiakun a balayé ces accusations, attribuant le succès des produits chinois à des investissements massifs en recherche et développement ainsi qu’à une chaîne industrielle intégrée et ultra-compétitive.

Cybersécurité : Le nouveau bras de fer technologique

Le point de friction le plus brûlant concerne le nouveau dispositif de cybersécurité dévoilé par la Commission européenne. Ce projet de loi, qui couvre 18 secteurs critiques (télécoms, cloud, véhicules connectés, énergie solaire), impose aux États membres d’éliminer les composants de « fournisseurs à haut risque » sous 36 mois. Bien que non nommés, les géants Huawei et ZTE sont directement visés.

Pékin dénonce une « manipulation politique » et une dérive protectionniste. « Les entreprises chinoises sont des partenaires respectueux des lois de l’UE depuis des décennies », a rappelé Guo Jiakun, prévenant que la Chine « fera le nécessaire pour défendre les droits légitimes » de ses entreprises. Cette escalade souligne la volonté de l’UE de sécuriser ses infrastructures vitales face aux risques d’ingérence étrangère.

Des enjeux économiques colossaux malgré les frictions

Malgré ces tensions diplomatiques, l’interdépendance économique entre les deux puissances reste une réalité chiffrée. Selon l’Administration générale des douanes de Chine, les échanges bilatéraux ont atteint 749,3 milliards de dollars entre janvier et novembre 2025, marquant une progression de 5,4 % sur un an.

Toutefois, le déséquilibre structurel persiste. Rien qu’en novembre 2025, l’UE a enregistré un déficit commercial de 32,2 milliards d’euros avec la Chine. C’est ce déséquilibre que le vice-Premier ministre chinois He Lifeng tente de tempérer en promettant que Pékin aspire à être à la fois « l’usine du monde » et le « marché du monde », tout en exigeant des Européens un environnement d’investissement « prévisible et non discriminatoire ».

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