Une extension stratégique du mécanisme d’ajustement carbone
L’Union européenne (UE) prévoit d’étendre sa future taxe carbone aux frontières à une série de nouveaux produits industriels, dont les pièces détachées automobiles, les réfrigérateurs et les machines à laver, selon des documents provisoires de la Commission européenne consultés par Reuters.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), un instrument réglementaire destiné à aligner la fiscalité carbone des produits importés sur celle supportée par les industriels européens soumis à des normes climatiques strictes.
Un dispositif clé pour la politique climatique européenne
Le MACF vise à taxer les émissions de CO₂ liées aux importations, notamment pour des produits tels que l’acier, le ciment et d’autres marchandises à forte intensité carbone. La mise en œuvre du mécanisme est prévue à partir de janvier, conformément au calendrier européen.
La Commission européenne doit présenter officiellement ce plan mercredi, selon les documents consultés.
Lutte contre la fuite de carbone
Selon le projet de proposition, « la proposition étendra le champ d’application du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières afin de répondre au risque de fuite de carbone pour les produits situés en aval de la chaîne de valeur des produits en acier et en aluminium actuellement couverts par le MACF ».
La fuite de carbone désigne le risque que certaines industries déplacent leur production hors de l’Union européenne pour éviter les politiques climatiques strictes, tout en continuant à exporter vers le marché européen.
Une faille réglementaire que Bruxelles veut combler
La Commission européenne cherche à corriger une lacune réglementaire permettant actuellement à certains producteurs étrangers d’acier et d’aluminium de réduire leurs exportations de métaux bruts vers l’UE — afin d’échapper à la taxe — tout en exportant des produits assemblés à forte teneur en acier ou en aluminium, qui ne sont pas encore soumis au MACF.
L’extension envisagée permettrait ainsi de restaurer l’équité concurrentielle entre producteurs européens et étrangers.
Vers un élargissement sectoriel progressif
Selon les documents, la Commission pourrait également envisager d’étendre la taxe carbone aux frontières à d’autres produits en aval dans les secteurs du ciment, des engrais et de l’hydrogène.
Un porte-parole de la Commission a toutefois refusé de commenter ce projet à ce stade, précisant que le texte pourrait encore être modifié avant sa publication officielle.
