Les touristes se font rares, c’est le moins que l’on puisse dire. Même les tunisiens boudent la destination. Dans les hôtels, on croise surtout quelques français, des Russes, des Tchèques… et des Libyens venus à la fois en vacances et à l’abri. Djerba a les défauts de ses qualités. Ses atouts sont nombreux. Rien ne manque à cette station pour remplir ses unités : une infrastructure hôtelière de taille, un produit diversifié, un parcours de golf, un casino et une grande marina. C’est une station à C’est une station à part entière. Mais plusieurs problèmes entravent la bonne marche de cette station. L’activité touristique tarde à décoller. Pourtant le ciel bleu et la chaleur sont au rendez-vous en ce mois d’octobre. L’activité touristique tarde à décoller. Pourtant le ciel bleu et la chaleur sont au rendez-vous en ce mois d’octobre. Ahmed Kalboussi,le commissaire régional du tourisme est très conscient de la baisse des flux touristiques en cette période « les arrivées (562000) sont en baisse de 38% de janvier jusqu’au septembre 2015. Les nuitées (3.0079.000) ont chuté de 48%.La moyenne d’occupation des établissements se situe aux alentours de 32% contre 56% en 2014..Ce qui signifie que cela engendre un tas de problèmes en terme d’équilibres financiers, d’investissement, d’emploi ».Cinq nationalités occupent le terrain. Il s’agit des français, allemands, belges, tchèques et tunisiens. Kalboussi a fait remarquer que l’attaque de Sousse a eu un impact considérable sur le secteur du tourisme, des milliers de visiteurs sont partis, et beaucoup ne sont pas prêt de revenir. « Nous avons eu beaucoup d’annulations et moins de réservations en septembre et en octobre » déplore le commissaire de Djerba qui a affirmé que 15 unités (8198 lits) ont fermé sur les 104 . 17 autres seront touchées par le chômage d’ici décembre 2015

Une visibilité nulle pour l’automne
Au déficit d’image, s’ajoutent la concurrence omniprésente des turcs, égyptiens et marocains qui déploient une artillerie lourde en matière de promotion. Selon les professionnels, l’arrière saison s’annonce maussade « je tourne avec une vingtaine de touristes. Peu de réservations et aucune visibilité pour les mois à venir « Même son de cloche chez un directeur commercial d’un hôtel « l’attentat de Sousse a été fatal pour notre activité . Seuls les maisons d’hôtes et les gîtes ruraux semblent tirer leur épingle du jeu. La faute aussi au pouvoir d’achat, plus que jamais en berne pour la clientèle européenne et tunisienne. Les vacanciers baissent leur consommation. Mais aux terrasses des restaurants, dans les parcs de loisirs, dans les commerces d’artisanat,on a bien senti que les touristes se font rares . Deux pizzas pour trois, grignotage dans les chambres d’hôtel, achat de boissons dans les épiceries plutôt que dans les bars sont des comportements de plus en plus fréquents.a affirmé que 15 unités (8198 lits) ont fermé sur les 104 . 17 autres (11.000 lits) seront touchées par le chômage d’ici décembre 2015. Les hôteliers n’ont pas de choix : libérer leur personnel ou les garder. Le commissaire intervient pour nous expliquer que les professionnels étudient cas par cas et la casse est souvent partagée par l’Etat, l’hôtelier et l’employé. La seule chose qui peut relancer la machine, c’est une énorme opération marketing à laquelle on allouerait des moyens financiers bien plus importants, juge M Kalboussi qui a mis l’accent sur la nécessité de déployer davantage d’efforts pour promouvoir le tourisme sur les marchés traditionnels tout en signalant l’organisation d’un grand événement « Djerba Fest » les 15,16 et 17 octobre 2015. En attendant, à Djerba on pense à demain. Au cœur des entreprises touristiques on réfléchit aux possibilités de créer de nouveaux mobiles d’attraction permanents susceptibles d’enrichir le produit touristique tunisien tout au long de l’année et de le voir s’imposer sur les marchés étrangers. Libération du tourisme résidentiel, ouverture du ciel, créations de centres de bien être et de centres de congrès, développement de la plaisance et des marinas, les projets ne manquent pas. Tous les Djerbiens se mobilisent pour attirer de nouveau les vacanciers. Ce ne sera pas chose aisée. Autre moyen de séduire les touristes: alléger le coût d’un séjour dans le pays. Une baisse de la TVA de 12% à 8% a été annoncée, ainsi que l’annulation du timbre fiscal imposé aux étrangers lors de leur départ du territoire tunisien. Les professionnels du secteur affirment être confiants: sans nouvelle attaque terroriste, Djerba parviendra à retrouver son niveau d’antan, estiment-ils.
Kamel Bouaouina

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