Présentés dans le cadre de « Les Victoires de l’Automobile », rendez-vous annuel de référence du secteur, les résultats de « L’Observatoire de l’Automobile 2026 » livrent une analyse détaillée et nuancée du rapport qu’entretiennent les Tunisiens avec l’automobile. Cette vaste enquête nationale met en lumière les comportements, les arbitrages économiques et les attentes d’un marché en pleine recomposition.
Réalisée par Emrhod Consulting, cabinet spécialisé en études de marché et analyse socio-économique, cette étude se positionne comme un outil stratégique à destination des professionnels de l’automobile, des décideurs publics et des acteurs économiques de la filière.
« Nous avons souhaité disposer d’une enquête capable d’explorer en profondeur le marché automobile tunisien, d’en décrypter les évolutions et d’en tirer des enseignements concrets pour mieux comprendre les attentes des consommateurs », expliquent Hédi Hamdi et Sadri Skander, organisateurs des Victoires de l’Automobile.

Une enquête nationale à forte valeur statistique
L’édition 2026 repose sur une méthodologie quantitative renforcée, fondée sur un échantillon représentatif de 3 000 personnes, couvrant l’ensemble des 24 gouvernorats, aussi bien en zones urbaines que rurales.
« Cette année, nous avons élargi l’échantillon à 3 000 répondants, sélectionnés par tirage aléatoire. Cette approche garantit une représentativité fiable de la population tunisienne, avec une marge d’erreur estimée à environ 2 % », précise Nébil Belaam, président d’Emrhod Consulting.
Le terrain s’est déroulé durant la première quinzaine de janvier 2026, à travers des entretiens téléphoniques assistés par ordinateur (CATI) et des dispositifs de collecte structurés.
L’étude analyse notamment :
- l’intention d’achat de véhicules neufs et d’occasion,
- les critères déterminants du choix automobile,
- les préférences de motorisation (thermique, hybride, électrique),
- les freins et leviers de l’électromobilité,
- la perception de la fiscalité et des incitations publiques,
- la fidélité aux marques et l’impact du pays d’origine.
Un marché prudent, mais loin d’être figé
Premier enseignement majeur : 55 % des personnes interrogées déclarent une faible intention d’achat de véhicule dans les douze prochains mois. À l’inverse, 32 % affichent une intention modérée et 13 % une intention forte.
Cette prudence reflète un contexte économique contraint, mais la présence d’un socle de 45 % de consommateurs potentiellement acheteurs confirme l’existence d’une demande latente.
L’arbitrage entre véhicules neufs (52 %) et véhicules d’occasion (48 %) traduit un marché relativement équilibré, fortement conditionné par le pouvoir d’achat et la capacité de financement.
Le prix et le coût d’usage, piliers de la décision
Sans surprise, le prix d’achat s’impose comme le critère numéro un pour 44,7 % des répondants. Il est suivi par la consommation de carburant (29,5 %) et le design (19,9 %).
Le coût d’entretien joue également un rôle central : 82 % des automobilistes l’intègrent dans leur décision, un taux qui grimpe à près de 88 % dans certaines catégories budgétaires.
« Le critère financier demeure le facteur déterminant et prioritaire dans le processus d’achat des Tunisiens », souligne Nébil Belaam.
Ces données confirment une logique de coût global de possession, bien plus structurante que la seule innovation technologique.
Motorisation : le thermique toujours ultra-dominant
En 2026, la préférence pour le véhicule thermique reste massive, avec 86,6 % des intentions. Les véhicules hybrides représentent environ 7 %, tandis que l’électrique demeure marginal à 2,6 %.
Malgré une sensibilité croissante aux enjeux environnementaux, la transition énergétique du parc automobile tunisien apparaît encore à un stade précoce, freinée par des contraintes économiques et structurelles.
Véhicule électrique : entre intérêt affiché et réalité du terrain
L’enquête identifie clairement les principaux freins à l’adoption de l’électrique :
- coût d’achat jugé trop élevé (26,2 %),
- manque de confiance dans la technologie (23,5 %),
- autonomie des batteries (20 %),
- insuffisance des infrastructures de recharge (19,6 %).
Pourtant, 83 % des répondants estiment que le marché des véhicules électriques devrait être davantage développé.
« Les perspectives sont étonnantes : 39 % des Tunisiens pensent que la voiture électrique remplacera totalement le thermique d’ici cinq ans, tandis que 25 % anticipent un équilibre durable entre les deux technologies », observe Nébil Belaam.
Fiscalité : un levier encore mal connu
La fiscalité constitue un point de friction majeur. Seuls 46 % des automobilistes déclarent être informés de la baisse de la fiscalité sur les véhicules hybrides rechargeables. Parmi eux, 65 % considèrent cette mesure comme incitative.
« Ces chiffres montrent un déficit évident de communication autour des dispositifs fiscaux, pourtant essentiels pour accélérer la transition énergétique », insiste le président d’Emrhod Consulting.
Marques et pays d’origine : des repères toujours décisifs
La fidélité à la marque demeure élevée : 59 % des répondants se disent fidèles, principalement pour des raisons de fiabilité (59 %) et de qualité du service après-vente (37 %).
Par ailleurs, près de deux tiers des consommateurs estiment que le pays d’origine de la marque influence leur choix, soulignant l’importance de la réputation et de la confiance dans un achat perçu comme fortement engageant.
Une expertise reconnue au service du marché
L’analyse et le traitement des données ont été intégralement réalisés par Emrhod Consulting, dont la rigueur méthodologique et la lecture prospective confèrent à « L’Observatoire de l’Automobile 2026 » une réelle valeur de référence pour le secteur.
À travers cette enquête, Les Victoires de l’Automobile confirment leur volonté de nourrir le débat, d’anticiper les mutations du marché et de soutenir la transformation de l’écosystème automobile tunisien.
