Croissance mondiale 2026 : Fitch revoit ses prévisions à la hausse mais alerte sur un risque majeur si le pétrole atteint 100 $

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L’agence de notation Fitch anticipe une croissance mondiale de 2,6 % en 2026, légèrement inférieure à celle de 2025 mais supérieure aux prévisions précédentes. Cette perspective reste toutefois fragile : une flambée durable des prix du pétrole, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, pourrait peser sur l’économie mondiale et raviver les risques de stagflation.

L’agence de notation Fitch Ratings estime que l’économie mondiale devrait rester relativement stable en 2026, tout en demeurant exposée à une incertitude majeure : l’évolution des prix du pétrole dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Dans ses Perspectives économiques mondiales publiées en mars 2026, Fitch prévoit une croissance du PIB mondial de 2,6 % cette année. Ce rythme représente un léger ralentissement par rapport aux 2,7 % enregistrés en 2025, mais il marque également une amélioration par rapport à la projection de 2,4 % publiée en décembre dernier.

Selon l’agence, cette révision à la hausse reflète une résistance globale de l’économie mondiale, malgré un environnement marqué par des tensions géopolitiques et des conditions financières toujours restrictives.

Le rôle clé du détroit d’Ormuz dans les marchés pétroliers

Les projections de Fitch reposent sur une hypothèse centrale : une perturbation temporaire du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.

Dans ce scénario, la fermeture effective du détroit durerait environ un mois, avant une reprise progressive du transport maritime. Cette hypothèse limite l’impact sur les marchés énergétiques et permet aux prix du pétrole de se stabiliser au cours de l’année.

Fitch a ainsi relevé sa prévision de prix moyen annuel du Brent pour 2026 à 70 dollars le baril, contre 63 dollars auparavant. L’agence s’attend toutefois à une détente progressive des prix, qui pourraient retomber au milieu des 60 dollars au second semestre.

Le scénario du pétrole à 100 dollars : un choc pour l’économie mondiale

Le principal risque identifié par Fitch concerne la possibilité d’une flambée durable des prix du pétrole.

Si le baril de Brent atteignait 100 dollars et se maintenait à ce niveau, les conséquences pour l’économie mondiale seraient nettement plus importantes. L’agence estime qu’un tel choc énergétique pourrait réduire la croissance mondiale d’environ 0,4 % sur quatre trimestres.

Dans le même temps, l’impact sur l’inflation serait significatif : une hausse de 1,2 à 1,5 point de pourcentage pourrait être observée aux États-Unis et en Europe.

Brian Coulton, économiste en chef de Fitch, décrit ce scénario comme « un choc d’offre mondial significatif », susceptible de peser durablement sur l’activité économique.

Le spectre d’une nouvelle stagflation

Depuis l’escalade du conflit au Moyen-Orient fin février, les inquiétudes concernant une possible stagflation mondiale se multiplient. Cette situation combine une croissance faible avec une inflation élevée, un phénomène qui rappelle la crise énergétique des années 1970.

Les tensions sur les marchés pétroliers ont déjà été visibles : le Brent a franchi le seuil des 100 dollars le baril au début de la semaine, au moment même où l’Agence internationale de l’énergie envisageait de libérer une partie de ses réserves stratégiques.

L’économiste Mohamed El-Erian a d’ailleurs mis en garde contre « une nouvelle vague potentielle de stagflation qui frappe l’économie mondiale ». De leur côté, les analystes de Société Générale estiment qu’un pétrole maintenu au-dessus de 90 dollars pendant trois mois pourrait faire grimper l’inflation mondiale d’un point de pourcentage supplémentaire.

Prévisions régionales : États-Unis, Europe et Chine

Malgré ces incertitudes, Fitch a également ajusté ses perspectives pour les principales économies.

Aux États-Unis, la croissance devrait atteindre 2,2 % en 2026, contre 2 % anticipés en janvier. Cette performance serait notamment soutenue par les investissements dans l’intelligence artificielle et par l’augmentation des déficits budgétaires, même si un ralentissement du marché du travail pourrait freiner la consommation des ménages.

Dans ce contexte, Fitch prévoit que la Réserve fédérale pourrait abaisser ses taux d’intérêt à deux reprises cette année, à mesure que la progression des salaires ralentira.

Dans la zone euro, la croissance resterait modérée à 1,3 %, un niveau inchangé par rapport aux prévisions de décembre. Les coûts énergétiques élevés continuent de peser sur l’activité, même si une reprise progressive en Allemagne, stimulée par la politique budgétaire, pourrait soutenir la dynamique économique.

En Chine, Fitch anticipe un ralentissement de la croissance à 4,3 %, contre 5 % en 2025. L’affaiblissement de la consommation intérieure et la modération des exportations expliquent cette évolution, même si l’agence s’attend à un léger rebond des investissements, après la baisse observée en 2025 — une première depuis 1990.

Le facteur décisif : l’évolution du conflit au Moyen-Orient

Pour Fitch, l’évolution de la situation géopolitique reste le principal facteur d’incertitude pour l’économie mondiale en 2026.

L’agence souligne que la durée du conflit et l’état des infrastructures énergétiques de la région seront déterminants. Tout blocage prolongé du détroit d’Ormuz ou toute atteinte durable aux installations pétrolières et gazières pourrait provoquer une perturbation majeure des marchés énergétiques mondiaux.

Dans un monde déjà confronté à une inflation persistante et à des taux d’intérêt élevés, un tel choc énergétique pourrait rapidement se transformer en risque macroéconomique global.

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