Une aggravation généralisée du déficit
Selon les données publiées vendredi 12 juin 2026 par l’INS, le déficit commercial de la Tunisie s’établit à -10 415,6 millions de dinars (MDT) à fin mai 2026. C’est une détérioration notable par rapport à la même période en 2025, où le déficit était de -8 365,7 MDT.
Cette évolution s’explique par une hausse des importations (+9,6%) , nettement supérieure à celle des exportations (+5%) . Le taux de couverture (exportations/importations) a logiquement reculé, passant de 76,2% à 73%.
L’énergie, premier foyer de déséquilibre
L’une des principales causes de ce creusement est le déficit de la balance énergétique. Il atteint -5 826,2 MDT contre -4 332,5 MDT un an plus tôt, soit une hausse de près de 35%. Ce poste à lui seul représente plus de la moitié du déficit total.
À l’inverse, hors énergie, le déficit commercial se réduit à -4 589,4 MDT, signe que le reste de l’économie résiste mieux. Le groupe alimentation affiche même un excédent de +943,4 MDT, porté par les bonnes performances agricoles.
Exportations : l’huile d’olive et le raffiné tirent leur épingle du jeu
Les exportations tunisiennes totalisent 28 169,8 MDT entre janvier et mai 2026, contre 26 831,5 MDT un an plus tôt. Deux secteurs se distinguent :
- Industries agro-alimentaires : +20%, grâce à la hausse des ventes d’huile d’olive (3 047,8 MDT contre 2 117,3 MDT en 2025).
- Énergie : +37,7%, porté par les produits raffinés (636,9 MDT contre 150,1 MDT).
Les industries mécaniques et électriques progressent aussi modestement (+6,1%).
En revanche, deux secteurs historiques sont en repli :
- Mines, phosphates et dérivés : -31,8%.
- Textile, habillement et cuir : -6,2%.
Importations : tous les postes augmentent
Les importations atteignent 38 585,4 MDT, en hausse de 9,6% par rapport à 2025. Tous les groupes de produits sont concernés :
- Produits énergétiques : +35,1%
- Produits alimentaires : +20,1%
- Biens de consommation : +5,9%
- Biens d’équipement : +4,1%
- Matières premières et demi-produits : +1,5%
Cette hausse généralisée reflète à la fois les besoins industriels et la dépendance énergétique et alimentaire du pays.
L’Europe reste le premier partenaire, mais les marchés arabes se réveillent
L’Union européenne absorbe 71,5% des exportations tunisiennes, soit 20 131,8 MDT. Les ventes progressent vers la France (+6,7%) et l’Italie (+3,5%) , mais reculent vers l’Allemagne (-1,3%) et les Pays-Bas (-11,3%) .
Côté pays arabes, les hausses sont spectaculaires :
- Égypte : +110%
- Arabie saoudite : +59,9%
À l’inverse, les exportations chutent vers le Maroc (-37,7%) , l’Algérie (-26%) et la Libye (-20,5%) , ce qui peut interroger sur les tensions ou ralentissements régionaux.
Du côté des importations, l’UE fournit 44,2% du total (17 045,7 MDT). La France (+17,3%) et l’Italie (+10,7%) restent les premiers fournisseurs. Hors UE, les achats augmentent avec la Turquie (+6,2%) et l’Inde (+23,6%) , mais reculent fortement avec la Russie (-40,1%) et légèrement avec la Chine (-1,9%) .
Seule l’alimentation résiste
Le déficit commercial total de -10 415,6 MDT se décompose ainsi par groupe de produits :
- Produits énergétiques : -5 826,2 MDT
- Matières premières et demi-produits : -2 604 MDT
- Biens d’équipement : -1 827,1 MDT
- Biens de consommation : -1 101,7 MDT
Seule l’alimentation affiche un solde positif (+943,4 MDT), tiré par l’huile d’olive et, dans une moindre mesure, les dattes ou produits de la mer.
