Une collecte de dépôts en nette accélération
Les dépôts et avoirs de la clientèle constituent le principal moteur de cette dynamique. Ils passent de 7 792,7 millions de dinars tunisiens (MTND) en juin 2025 à 9 332,1 MTND en juin 2026, soit une progression de 634 MTND, ou +7,29% sur un an. Cette collecte confirme la capacité de la banque à mobiliser l’épargne des ménages et des entreprises dans un contexte où la bancarisation demeure un enjeu structurant pour le secteur financier tunisien.
Du côté des emplois, les crédits nets à la clientèle suivent une trajectoire tout aussi positive, quoique plus mesurée. Ils s’établissent à 7 573,8 MTND contre 7 170,7 MTND un an plus tôt, soit une hausse de 403,1 MTND (+5,62%). Ce rythme de croissance du crédit, inférieur à celui de la collecte, traduit une politique de financement prudente, alignée sur les orientations de gestion des risques généralement recommandées dans le secteur bancaire tunisien.
Les ressources longues de la banque atteignent par ailleurs 709,4 MTND à fin juin 2026, en progression de 3,53% par rapport à la période précédente, renforçant la structure de financement à moyen et long terme de l’établissement.
Un produit net bancaire en forte hausse
C’est sur le plan de la rentabilité que la performance semestrielle d’Amen Bank se distingue le plus nettement. Le produit net bancaire (PNB) — indicateur clé de la capacité d’une banque à générer des revenus à partir de ses activités d’intermédiation et de services — s’élève à 362,4 MTND au 30 juin 2026, contre 308,0 MTND un an auparavant. Il s’agit d’une progression de 17,66%, un rythme nettement supérieur à celui de la croissance des crédits et des dépôts.
Cette performance s’explique en partie par la hausse des produits d’exploitation bancaire, qui progressent de 41,8 MTND pour atteindre 341,8 MTND, soit une augmentation de 6,65%. Dans le même temps, les charges d’exploitation bancaire reculent de 12,6 MTND, une baisse de 3,92% qualifiée d’indicateur positif par la direction de l’analyse stratégique du groupe.
Le coefficient d’exploitation s’améliore de 299 points de base
L’amélioration de l’efficience opérationnelle constitue l’autre fait marquant de ce premier semestre. Le coefficient d’exploitation, qui mesure la part des charges d’exploitation rapportée au produit net bancaire, recule à 35,32% contre 38,31% un an plus tôt. Cette baisse de 299 points de base traduit un effort de rationalisation des coûts, alors même que l’activité commerciale continue de progresser.
Un coefficient d’exploitation en repli est généralement interprété par les analystes financiers comme un signal de meilleure maîtrise des charges fixes et variables, à volume d’activité croissant. Pour Amen Bank, cette évolution intervient dans un contexte de consolidation du secteur bancaire tunisien, où la maîtrise des coûts et la diversification des revenus figurent parmi les priorités affichées par plusieurs établissements de la place.
Une performance semestrielle solide sur plusieurs indicateurs
Au global, les indicateurs publiés dessinent le portrait d’une banque qui parvient à conjuguer croissance de l’activité commerciale et amélioration de sa rentabilité opérationnelle. La progression du PNB, supérieure à celle des crédits et des dépôts, suggère une contribution croissante des activités génératrices de commissions et de marges, au-delà du seul effet volume.
Cette publication semestrielle s’inscrit dans la série des résultats intermédiaires 2026 des banques cotées à la Bourse de Tunis, dont les investisseurs et analystes scrutent traditionnellement l’évolution du PNB et du coefficient d’exploitation pour évaluer la solidité des établissements de la place.
