Un résultat net en progression, porté par une source de revenus inhabituelle
La Banque Nationale Agricole (BNA) a clôturé le premier semestre 2026 sur un résultat net de 156,3 millions de dinars (MD), en progression de 13,8 % par rapport à la même période de l’année précédente. Une performance en apparence solide, mais dont la composition mérite d’être détaillée : elle repose moins sur la dynamique de l’activité bancaire traditionnelle que sur les revenus tirés du portefeuille de la banque.
Le Produit Net Bancaire (PNB) s’établit à 560,1 MD, en hausse plus modeste de 4,3 % sur la période. Cette croissance est intégralement portée par les revenus du portefeuille, qui atteignent 403,4 MD, soit une progression de 12,3 %.
Les marges traditionnelles sous pression
Le détail des composantes du PNB révèle une érosion marquée des deux moteurs habituels de la rentabilité bancaire. La marge nette d’intérêt recule de 22,5 % sur le semestre, tandis que la marge sur commissions cède 5,8 %. Ce repli conjoint traduit une pression sur l’activité d’intermédiation classique de la banque, que les revenus de portefeuille sont venus compenser, voire surcompenser, au niveau du résultat net.
Dynamique commerciale : la collecte de dépôts accélère, le crédit stagne
Sur le plan commercial, la BNA enregistre une collecte de dépôts dynamique, en hausse de 10,6 % sur le semestre. À l’inverse, la distribution de crédits peine à repartir : les encours nets de crédits ne progressent que de 0,1 % sur la même période, une quasi-stagnation qui contraste avec le rythme de la collecte.
Qualité des actifs : une amélioration marginale
Du côté du risque, le taux de créances classées affiche un léger repli à 21,59 %, tandis que le taux de couverture des créances se renforce à 59,35 %. Ces évolutions traduisent une maîtrise relative du coût du risque, sans changement structurel majeur de la qualité du portefeuille de crédits sur la période.
Trésorerie : un retournement spectaculaire des flux d’exploitation
Le fait marquant du semestre concerne les flux de trésorerie d’exploitation, qui affichent un retournement spectaculaire : +1 109 MD au premier semestre 2026, contre une sortie de trésorerie enregistrée sur la même période en 2025. Ce redressement permet à la banque de réduire significativement son déficit de trésorerie structurel, ramené à -5 291 MD.
Au global, le semestre de la BNA illustre une mutation de la structure de ses revenus : la banque compense par ses activités de portefeuille et par un net redressement de sa trésorerie d’exploitation une pression persistante sur ses marges d’intermédiation classiques et une reprise encore timide de la distribution de crédits.
