Un rachat imposé plus qu’une conquête
Coté à la Bourse des valeurs mobilières de Tunis, SOTUVER fabrique des emballages en verre destinés notamment aux secteurs agroalimentaire et des boissons, un marché où la présence d’un actionnaire industriel de référence pèse lourd dans les choix stratégiques. C’est justement cette configuration qui explique l’opération engagée cet été : lorsqu’un actionnaire, ou un groupe agissant de concert, franchit certains seuils de détention du capital, la réglementation du Conseil du Marché Financier l’oblige à proposer aux autres actionnaires de racheter leurs titres, aux mêmes conditions financières pour tous.
Dans le cas de SOTUVER, cette obligation ne relevait donc pas d’une volonté de prendre le contrôle du groupe, déjà solidement tenu par ses deux actionnaires de référence, mais d’une mise en conformité avec les règles du marché financier tunisien. Le prix proposé, 13,390 dinars par action, a été maintenu sans changement sur toute la durée de l’offre, ouverte du 5 au 26 août 2026.
Un flottant de 17,43% qui n’a pas bougé
Avant même le lancement de l’OPA, le tableau actionnarial de SOTUVER ne laissait guère de place au doute sur les rapports de force. B.A Glass et le Groupe Bayahi contrôlaient déjà, de concert, 82,57% du capital, soit 32 410 631 actions, réparties à parts strictement égales entre les deux groupes : 41,28% chacun, soit 16 205 315 actions par entité. Le reste du capital, 17,43%, correspondait au flottant détenu par les actionnaires minoritaires — parmi lesquels figure une participation indirecte de Miranda Moreira da Silva Tiago —, soit 6 843 844 actions. C’est précisément cette tranche que visait l’offre.
À l’arrivée, aucun de ces actionnaires n’a répondu présent. Un silence qui peut se lire de plusieurs manières : confiance dans la valorisation à long terme du titre, volonté de conserver une position dans un secteur industriel jugé stable, ou simple absence d’incitation suffisante au prix proposé. Le résultat, en tout cas, est sans équivoque : zéro pli déposé sur toute la période de l’offre.
Une gouvernance qui ne change pas d’un pourcent
Mécaniquement, l’absence totale de réponse à l’offre fige la photographie du capital telle qu’elle existait avant l’opération. B.A Glass et le Groupe Bayahi conservent chacun 41,28% des parts, pour un contrôle conjoint toujours établi à 82,57%, tandis que les actionnaires minoritaires historiques restent propriétaires de leurs 17,43% du capital.
Pour SOTUVER, l’épisode se referme donc sans remous : ni recomposition de l’actionnariat, ni évolution du rapport de force entre les deux partenaires industriels et le flottant. Une issue qui confirme, au passage, la stabilité d’un pacte actionnarial déjà solidement installé au sein du verrier tunisien.
