Une population active en recul
Selon les données de l’enquête emploi de l’INS, la population active tunisienne s’est établie à 4 190 500 personnes au deuxième trimestre 2026, contre 4 268 000 au premier trimestre — soit un recul de 77 500 personnes en trois mois. Cette population active reste très majoritairement masculine : les hommes représentent 2 887 700 personnes (68,9 %), contre 1 302 800 femmes (31,1 %).
Le taux d’activité, qui mesure la part de la population en âge de travailler effectivement présente sur le marché du travail, a lui aussi reculé, passant de 45,9 % à 44,7 % de la population âgée de 15 ans et plus — soit une baisse de 1,2 point en un trimestre.
L’emploi recule presque autant que le chômage
Le nombre de personnes occupées a atteint 3 568 100 au deuxième trimestre 2026, contre 3 626 300 au trimestre précédent, soit 58 200 emplois de moins. Les hommes occupent toujours l’essentiel des postes : 2 546 000 emplois (71,4 %) contre 1 022 100 pour les femmes (28,6 %).
La répartition sectorielle de l’emploi reste stable : les services concentrent près de la moitié des postes (49,9 %), suivis par les industries manufacturières (20,4 %), l’agriculture et la pêche (16,3 %), puis les industries non manufacturières (13,5 %).
Le recul conjoint de la population active et de l’emploi explique en grande partie pourquoi la baisse du chômage reste modeste : moins de personnes cherchent activement un emploi, ce qui mécaniquement allège les statistiques du chômage sans traduire une réelle création d’emplois.
Le taux de chômage à 14,9 %, un écart persistant entre hommes et femmes
Le nombre de chômeurs s’est établi à 622 400 personnes au deuxième trimestre 2026, contre 641 700 au trimestre précédent, soit 19 300 chômeurs de moins. Le taux de chômage global recule ainsi de 15 % à 14,9 %.
Mais cette moyenne masque une divergence nette selon le sexe. Chez les hommes, le taux de chômage a reculé de 0,5 point, à 11,8 %. Chez les femmes, il a au contraire progressé de 0,9 point, pour atteindre 21,6 % — soit près du double du taux masculin. Cet écart, structurel dans le marché du travail tunisien, s’accentue légèrement ce trimestre.
Ville contre campagne : un écart qui se resserre
Le taux de chômage varie aussi selon le milieu de résidence. En zone urbaine, il s’établit à 14,8 % au deuxième trimestre 2026, contre 14,4 % au trimestre précédent — une légère hausse. En zone rurale, à l’inverse, il recule nettement, de 16,5 % à 15,0 %. L’écart entre ville et campagne, traditionnellement marqué, s’est donc considérablement resserré en un trimestre.
Les jeunes toujours en première ligne
Le chômage des 15-24 ans, souvent considéré comme un indicateur clé de l’insertion professionnelle des jeunes actifs, reste très élevé malgré une amélioration. Il s’établit à 35,4 % au deuxième trimestre 2026, contre 37,5 % au trimestre précédent. Les jeunes femmes restent plus touchées (37,1 %) que les jeunes hommes (34,6 %).
Diplômés du supérieur : une dégradation qui interroge
Signal le plus préoccupant de cette livraison statistique : le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur progresse, passant de 24,2 % à 26,6 % en un trimestre. Cette hausse touche particulièrement les femmes diplômées, dont le taux de chômage atteint 35,6 %, contre 14,2 % chez les hommes diplômés — un écart de plus de 21 points qui illustre les difficultés persistantes d’insertion des diplômées tunisiennes sur un marché du travail qui peine à absorber les sorties de l’enseignement supérieur, notamment dans les filières les plus féminisées.
