Un allègement historique du fardeau de la dette
L’économie tunisienne respire. Selon les données monétaires les plus récentes de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), les services de la dette extérieure ont connu une baisse vertigineuse de 78,7% au 20 février 2026. Concrètement, le pays n’a eu à décaisser qu’un milliard de dinars, contre près de 5 milliards de dinars à la même période l’an dernier.
Cette différence massive de 4 milliards de dinars suggère une gestion stratégique des échéances ou une sortie de cycle de remboursement intensif. Pour les investisseurs et les partenaires internationaux, ce chiffre témoigne d’une pression moins étouffante sur les finances publiques en ce début d’année.
Tourisme et revenus du travail : les moteurs de la résilience
Au-delà de la dette, les piliers de l’apport en devises confirment leur bonne santé. Les revenus du travail (transferts des Tunisiens résidant à l’étranger) ont progressé de 6,8%, atteignant 1,2 milliard de dinars. Parallèlement, le secteur touristique continue sa remontée avec une croissance de 4,6%, générant 0,865 milliard de dinars.
Ces performances croisées renforcent la stabilité macroéconomique du pays, offrant une base solide pour la couverture des besoins essentiels à l’importation.
Des réserves de change en nette progression
Le résultat direct de cette baisse des sorties (dette) et de la hausse des entrées (tourisme/transferts) se lit dans le coffre-fort de la nation. Les avoirs nets en devises ont bondi pour atteindre 25,3 milliards de dinars (environ 107 jours d’importation).
À titre de comparaison, l’année dernière à la même date (24 février 2025), les réserves stagnaient à 23 milliards de dinars, couvrant à peine 101 jours. Ce gain de 6 jours de couverture est un signal fort envoyé aux marchés : la capacité de paiement de la Tunisie s’améliore.
Une masse monétaire en forte expansion
Toutefois, un indicateur attire l’attention des analystes : la circulation fiduciaire. Les statistiques de la BCT montrent une hausse significative de 19,6% des billets et monnaies en circulation. Au 23 février 2026, ce montant s’élève à 27,5 milliards de dinars, contre 23 milliards un an plus tôt.
Si cette hausse peut traduire un dynamisme de la consommation, elle reste un point de vigilance pour l’inflation et la politique monétaire de la Banque Centrale dans les mois à venir.
