Fintech : Des bienfaits à exploiter, des risques à éviter

Date:

Finie l’époque des enveloppes «air mail» et des timbres colorés nécessaires à l’envoi de courrier à l’étranger. Il suffit d’un clic pour envoyer un e-mail, que le destinataire se trouve à deux pâtés de maison ou à l’autre bout du monde.

Cela ne vaut pas pour les paiements à l’international, pour lesquels la destination demeure un paramètre important. C’est ainsi que l’on peut utiliser du liquide pour payer sa tasse de thé au coin de la rue, mais pas pour commander des feuilles de thé en provenance de Sri Lanka. D’ailleurs, en fonction du transporteur, le thé sera peut-être arrivé chez le client avant que le vendeur ne soit payé.

Tout cela pourrait bientôt changer. Dans quelques années, il pourrait être aussi simple d’effectuer des paiements ou des transactions à l’international que d’envoyer un e-mail.
La technologie financière, ou «Fintech», touche déjà les consommateurs et les entreprises un peu partout. Depuis la petite entreprise qui sollicite un emprunt jusqu’au ménage qui programme sa retraite, en passant par le travailleur migrant qui envoie des fonds dans son pays d’origine.

Mais peut-on exploiter le potentiel de cette évolution tout en se préparant aux changements qu’elle implique? C’est précisément l’objet du document publié aujourd’hui par les services du FMI, intitulé Fintech and Financial Services: Initial Considerations (Fintech et services financiers : réflexion initiale).

Les possibilités de la Fintech
Mais qu’est-ce que la Fintech au juste? Pour faire simple, il s’agit d’un ensemble de nouvelles technologies dont les applications sont susceptibles d’affecter les services financiers, parmi lesquelles l’intelligence artificielle, le big data, la biométrie et les technologies des registres distribués telles que les chaînes de blocs.
Si nous encourageons l’innovation, nous devons également veiller à ce que les nouvelles technologies ne deviennent pas des vecteurs de fraude, de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, et qu’elles ne mettent pas la stabilité financière en péril.
Même si les révolutions technologiques sont imprévisibles, nous pouvons d’ores et déjà adopter des mesures pour nous y préparer.
La nouvelle étude du FMI se penche sur l’impact potentiel des technologies innovantes sur les types de services offerts par les établissements financiers, sur la structure et l’interaction au sein de ces firmes, et sur la façon dont les régulateurs peuvent répondre.
Comme le montre notre document, la Fintech renferme la promesse de services financiers plus rapides, moins chers, plus transparents et plus simples à utiliser pour des millions de personnes à travers le monde.

Les perspectives sont encourageantes.

  • Combinée au big data, l’intelligence artificielle pourrait automatiser les évaluations de solvabilité des emprunteurs afin que les particuliers et les entreprises obtiennent des taux d’intérêt plus compétitifs sur leurs prêts.
  • Des «contrats intelligents» permettraient aux investisseurs de vendre des actifs donnés lorsque certaines conditions de marché prédéfinies sont remplies, pour une optimisation des transactions.
  • Grâce à la technologie des registres distribués, les utilisateurs de téléphones mobiles du monde entier auraient la possibilité de s’acheter et se vendre des biens et des services sans passer par la case banque. Commander des feuilles de thé à l’autre bout du monde pourrait devenir aussi simple que payer sa tasse de thé au coin de la rue.

Ces possibilités sont susceptibles de redessiner le paysage financier dans une certaine mesure, mais elles supposent également des risques.
Omniprésents dans les services financiers, les intermédiaires, tels que les banques, les établissements spécialisés dans les services de messagerie et les correspondants bancaires assurant la compensation et le règlement des transactions transfrontalières, seront soumis à une rude concurrence.

Les nouvelles technologies, telles que la vérification d’identité et de comptes, pourraient réduire les coûts des transactions et fournir plus d’informations sur les contreparties, réduisant ainsi l’importance de ces acteurs. Les intermédiaires existants pourraient être contraints de se spécialiser et de délocaliser certaines tâches bien définies à des entreprises technologiques. Cela pourrait s’étendre aux procédures de vigilance à l’égard de la clientèle.

Mais au vu de l’automatisation croissante des services, comment ignorer les progrès technologiques susceptibles de menacer l’identité des consommateurs ou d’engendrer de nouvelles sources d’instabilité sur les marchés financiers?
Les règles qui fonctionneront bien dans ce nouvel environnement ne ressembleront pas nécessairement à celles qui sont aujourd’hui en vigueur. Notre défi tient donc en une question : comment élaborer de nouvelles règlementations efficaces adaptées au nouveau système?

Réglementer sans museler l’innovation
En premier lieu, la supervision doit être repensée. Aujourd’hui, les régulateurs se centrent essentiellement sur des entités bien définies, comme les banques, les compagnies d’assurance et les courtiers. Ils vont probablement être amenés à compléter cette surveillance en accordant davantage d’attention à des services spécifiques, indépendamment du profil des acteurs du marché qui les proposent. Il faudra établir des règles pour préserver les intérêts des consommateurs, notamment en matière de protection de la confidentialité, et pour faire barrage au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme.

Ensuite, cette démarche passera nécessairement par une coopération à l’échelle internationale tant il est vrai que le progrès ne connaît pas de frontières. De même, il sera important d’empêcher les réseaux de se tourner vers des juridictions à la réglementation plus permissive. Il conviendra également d’établir de nouvelles règles visant à clarifier le statut juridique, et les droits de propriété des actifs et jetons numériques.
Enfin, la réglementation doit continuer de faire office de bouclier incontournable pour asseoir la confiance en la stabilité et la sécurité des réseaux et des algorithmes.
La publication de notre document aujourd’hui constitue l’une des étapes du processus de préparation à cette nouvelle révolution numérique. Organisation d’envergure mondiale, le FMI est exceptionnellement bien placé pour servir de trait d’union entre les secteurs privé et public sur la question de la Fintech, domaine qui progresse à grands pas.
Comme le montre notre étude, l’adaptation est non seulement une possibilité, mais aussi la seule façon de garantir que la promesse de la Fintech profite à toutes et à tous.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

Entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud : Tunis fédère les acteurs régionaux autour d’un Manifeste pour la transition verte

À l’issue d’une conférence internationale à Tunis, les acteurs de l’entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud ont adopté un Manifeste structurant autour de dix axes clés pour accélérer la transition vers l’économie verte et circulaire.

Ramadan : Un Mois Propice pour rompre avec la cigarette

Le mois sacré de Ramadan offre une opportunité unique pour ceux qui désirent se libérer de l'emprise de la cigarette.

OPPO A78, le nouveau smartphone bientôt en Tunisie

OPPO, la marque leader sur le marché mondial des appareils connectés, vient d’annoncer l’arrivée sur le marché tunisien de son dernier smartphone A78, à partir du 1er septembre 2023.
00:03:27

OPPO Tunisie lance les nouveaux smartphones Reno8 T 4G, Reno8 T 5G, un design élégant et une fluidité totale

OPPO vient d’annoncer le lancement, en Tunisie, de ses derniers modèles de smartphones de la série Reno, les nouveaux Reno8 T et Reno8 T 5G, avec une offre spéciale durant tout le mois de mars 2023.

A lire également
A lire également

Blanchiment d’argent numérique : une menace globale, la Tunisie renforce sa riposte

Cryptomonnaies, plateformes sociales, banques en ligne et jeux vidéo sont devenus des canaux de blanchiment d’argent difficiles à tracer. Une étude universitaire analyse ces nouveaux risques et souligne les réformes engagées par la Tunisie pour protéger son système financier.

The Aviator Institute s’allie à Airbus : la Tunisie forme la nouvelle génération de pilotes

L’intégration de The Aviator Institute au réseau Airbus Flight Academy marque une reconnaissance internationale. Depuis la Tunisie, l’académie développe une formation de pilotes et techniciens alignée sur les standards mondiaux.

Entreprises en Tunisie : domination des microstructures, poids fiscal du privé et fragilité du secteur public en 2025

Avec 824 593 entreprises recensées, l’économie tunisienne repose sur une base de microstructures peu productives. Le secteur privé finance plus de la moitié des recettes fiscales, tandis que les entreprises publiques creusent le déficit budgétaire.

Tunisie : le CMF publie un nouveau règlement anti-blanchiment et étend la surveillance au crowdfunding

Le CMF renforce son cadre réglementaire LBC/FT avec un texte publié le 23 janvier 2026. Nouvelles obligations de cartographie des risques, contrôle interne renforcé, exigences de compétences et intégration du financement participatif : le marché financier tunisien se met aux standards internationaux.

Philip Morris Tunisie : 8ᵉ certification Top Employer et confirmation d’un leadership RH durable

Pour la 8ᵉ année consécutive, Philip Morris Tunisie décroche le label Top Employer. Une reconnaissance qui confirme la solidité de sa culture d’entreprise, son engagement envers les collaborateurs et son positionnement parmi les employeurs de référence en Tunisie.

Davos 2026 : le Forum économique mondial s’achève sur l’alerte d’une fragmentation accélérée de l’ordre mondial

Le Forum économique mondial 2026 s’est conclu sur un avertissement clair : la guerre économique devient un risque central. Entre menaces tarifaires, rivalités entre grandes puissances et inquiétudes des entreprises, Davos a révélé un monde plus divisé que jamais.

Tunisie : la facturation électronique devient obligatoire pour les services en 2026

La Tunisie élargit la facturation électronique aux services dès 2026. Une réforme structurante qui passe par Tunisie TradeNet, renforce le contrôle fiscal et simplifie la déduction de la TVA pour les entreprises conformes.

Entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud : Tunis fédère les acteurs régionaux autour d’un Manifeste pour la transition verte

À l’issue d’une conférence internationale à Tunis, les acteurs de l’entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud ont adopté un Manifeste structurant autour de dix axes clés pour accélérer la transition vers l’économie verte et circulaire.