Etats-Unis, qu’attendre des baisses d’impôts ?
En 2018, les Etats-Unis s’apprêtent à baisser massivement les impôts et… à creuser leur déficit.

Cela a pris du temps, mais le président des Etats-Unis Donald Trump est en passe de tenir l’une de ses promesses, celle de baisser massivement les impôts.

La loi qui vient d’être votée prévoit 1.500 milliards de dollars d’allègements fiscaux sur dix ans. Il faut remonter aux années 1980 et à la politique menée par Ronald Reagan pour retrouver l’équivalent.

Quels en seraient les principaux bénéficiaires ?

D’abord les entreprises, qui voient l’impôt sur les sociétés passer d’un coup de 35% à 21%. Viennent ensuite les ménages aisés. Selon certains calculs, 80% des baisses d’impôts prévues en 2018 iraient au dernier quartile des revenus (soit au quart des Américains les mieux rémunérés).

Qu’attendre de telles mesures ?

Pour les Républicains, promoteurs de la loi, tout le monde devrait bénéficier de cette loi qui va encourager les créations d’emploi et stimuler l’activité.

En fait, l’effet économique à court terme des réformes est sujet à débat. On sait que lorsqu’elles bénéficient aux plus aisés elles sont moins consommées, la propension à consommer de cette catégorie étant assez faible ; en outre les baisses d’impôts qui profitent aux ménages sont annoncées comme temporaires, ce qui les inciterait plutôt à épargner.

Les entreprises bénéficient en revanche de mesures pérennes et un dispositif d’amortissement accéléré les encouragerait à investir. Nous estimons la hausse de l’activité à un demi-point de PIB en 2018, ce qui est modéré.

Pourquoi ?

D’abord, parce que beaucoup d’entreprises indiquent qu’elles emploieront les liquidités supplémentaires à racheter leur propres actions, ce qui n’a pas d’impact direct sur l’activité.

Ensuite, parce que le cycle de l’investissement est déjà bien avancé aux Etats-Unis, notamment dans les secteurs qui dépensent beaucoup localement (comme l’énergie où les services aux collectivités) ; d’une manière générale, les baisses d’impôts sont moins à même de stimuler l’activité lorsque celle-ci est à son potentiel, comme c’est le cas actuellement.

Enfin parce que les mesures ne sont pas financées (par des économies équivalentes de dépenses) et qu’elles creusent les déficits.

L’Etat fédéral va donc devoir emprunter davantage, à un moment où la banque centrale vend sa dette. Cela pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt qui, à terme, freinerait l’activité.

En matière fiscale et budgétaire, un peu comme en médecine, les stimulants doivent donc être administrés à bon escient. Ils ne font jamais de miracle, et leurs effets secondaires sont à prendre en compte.

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