Le bureau exécutif élargi de l’UGTT, présidé par le secrétaire général adjoint Noureddine Taboubi, a annoncé le calendrier des grèves sectorielles et régionales dans le secteur privé, aujourd’hui lors d’une conférence de presse. Le calendrier des grèves couvre pratiquement toute la Tunisie et sera appliqué en cas de non-aboutissement à un accord sur les augmentations salariales.

Ci-après le calendrier :
• Sfax, le 19 novembre,
• Grand Tunis 25 novembre,
• Zaghouan, Nabeul, Sousse, Monastir et Mahdia 26 novembre
• Bizerte, Béjà, Jendouba, Le Kef 27 novembre
• Siliana, Kairouan, Kasserine, Sidi Bouzid 29 novembre
• Et les gouvernorats du sud tunisien 1er décembre.

Contacté par leconomistemaghrebin.com, Belgacem Ayari, secrétaire général adjoint de l’UGTT, chargé du secteur privé a indiqué en marge de la conférence que malgré l’annonce du calendrier des grèves, l’UGTT demeure prête pour la poursuite des négociations malgré le dernier problème avec la centrale syndicale : « Nous gardons toujours l’espoir et l’optimisme d’aboutir à un accord avec l’UTICA car l’objectif principal de l’UGTT est d’aboutir à la paix sociale » , indique-t-il

« Les organisation qui se respectent vivent souvent de tractations entres elles et c’est partout dans le monde et nous avons vécu cette situation avec l’UTICA. D’ailleurs l’histoire a montré qu’on se rencontre dans un certain nombre de points et on se trouve dans des situation divergentes dans d’autres situations selon les intérêts de chaque organisation », ajoute-t-il.

Revenant sur les revendications des ouvriers dans le secteur privé, Belgacem Ayari a indiqué qu’il s’agit de revendications légitimes d’autant que les ouvriers font face à la cherté de la vie et à la flambée des prix, « raison pour laquelle les ouvriers tiennent à l’amélioration de leurs conditions matérielles », explique-t-il.

Le syndicaliste estime aussi que les augmentations salariales peuvent donner un nouvel élan au marché : « Tous les intervenants seront gagnants avec cette argumentation, les ouvriers et les chefs d’entreprise car toute augmentation salariale aura une retombée positive sur le pouvoir d’achat et améliorera par la suite le marché », argumente-t-t-il.

Commentant les propos selon lesquels le taux d’argumentation salariale proposé par l’UGTT est illogique, Belgacem Ayari a déclaré que ce taux n’est pas stable et n’est pas définitif et dépendra des négociations et concertations entre les deux organisations afin d’aboutir à un accord. « Le taux d’inflation proposé par l’UTICA ne reflète pas toute la réalité. Car il prend uniquement en considération les besoins vitaux de première nécessité et ne prend pas en considération le transport, l’enseignement, la santé et autres paramètres, raison pour laquelle il faut fixer le taux d’inflation selon tous ces indices mais étant donné que nous avons pris en considération le contexte difficile du pays on s’est contenté de ce taux sinon on aurait pu demander 20% de taux ».

Répondant à une question qui porte sur les moyens de réconciliation entre le pouvoir d’achat des ouvriers et la pérennité des entreprises, notamment dans ce contexte économique, Belgacem Ayari a indiqué que toutes les entreprises cotées en Bourse ont eu des bénéfices très considérables malgré la chute du Tunindex. S’ajoute à cela le fait que plusieurs secteurs passent par une période satisfaisante. Cependant, il a rappelé que plusieurs secteurs passent par une période difficile à l’instar du tourisme et l’agriculture qui ne font pas parti de l’UGTT. « Les argumentations salariales ne dérangent pas les secteurs du bâtiment, textile, pétrole, chimie bien au contraire c’est une motivation pour plus de production et productivité mais il n’est pas question de résoudre les problèmes des entreprises au détriment des ouvriers », dit-il. Revenant sur le calendrier des grèves, il a indiqué que c’est une forme de protestation citoyenne et civique et qui n’entre pas en contradiction avec les négociations.

 

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