BCE : les barrières commerciales internes à l’UE coûtent plus cher que les droits de douane de Donald Trump

Date:

Selon une étude de la Banque centrale européenne, les obstacles internes au marché unique de l’UE génèrent des coûts supérieurs aux droits de douane américains. La fragmentation réglementaire équivaut à un tarif de 67 % sur les biens et 95 % sur les services, freinant la croissance européenne.

Des barrières internes plus coûteuses que les tarifs américains

Une nouvelle étude de la Banque centrale européenne (BCE), publiée mercredi dans son Bulletin économique, met en lumière un constat préoccupant : les barrières commerciales internes à l’Union européenne génèrent des coûts économiques supérieurs à ceux des droits de douane imposés par les États-Unis.

Selon les économistes de la BCE, la fragmentation réglementaire, les lourdeurs administratives et certaines pratiques anticoncurrentielles créent des frictions équivalentes à un droit de douane implicite de 67 % sur les biens et de 95 % sur les services échangés au sein du marché unique.

Trump à 15 %, l’UE à 67 % : un déséquilibre interne

Ces conclusions interviennent alors que l’UE s’interroge sur la réponse à apporter au régime tarifaire du président américain Donald Trump, qui a instauré des droits de douane effectifs d’environ 15 % sur de nombreuses exportations européennes.

Pour la BCE, la menace la plus sérieuse pour les perspectives économiques européennes ne vient pas de Washington, mais bien des dysfonctionnements internes du marché unique.

Une réforme limitée suffirait à compenser les pertes

Les projections du personnel de la BCE indiquent que les droits de douane américains et l’incertitude associée pourraient réduire le PIB de la zone euro de 0,7 point de pourcentage d’ici 2027.

Toutefois, l’étude montre qu’une réduction de seulement deux points de pourcentage des barrières internes permettrait de générer une croissance suffisante pour compenser intégralement ces pertes à long terme, à condition de stimuler le commerce intra-européen d’environ 3 %.

Les Pays-Bas comme référence d’intégration

La BCE s’appuie sur les Pays-Bas comme modèle d’ouverture commerciale. Si l’ensemble des États membres atteignait un niveau comparable, les barrières pourraient diminuer de 8 points de pourcentage pour les biens et de 9 points pour les services — des gains équivalents à ceux observés sur les vingt dernières années.

Des constats confirmés par le FMI et BNP Paribas

Les résultats de la BCE rejoignent ceux d’autres institutions. Le Fonds monétaire international (FMI) évalue les coûts du commerce intra-européen à 44 % pour les produits manufacturés et à 110 % pour les services.

Une étude de BNP Paribas Fortis publiée simultanément révèle que la Belgique perd à elle seule plus de 10 milliards d’euros d’exportations potentielles vers l’UE, en raison du dysfonctionnement du marché intérieur.

« La Belgique détient de faibles parts de marché dans des économies majeures comme l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, notamment dans la chimie organique, les produits pharmaceutiques et les métaux spécialisés », souligne Arne Maes, économiste principal chez BNP Paribas Fortis.

Un message politique clair de la BCE

Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a réaffirmé cette position dans un discours distinct :

« La seule voie viable est de préserver nos valeurs européennes et de promouvoir une coopération renforcée et une intégration plus profonde au sein de l’Europe. »

Une intégration nécessaire mais progressive

Les chercheurs préviennent toutefois que la suppression des barrières internes ne produira pas d’effets immédiats. Les ajustements structurels du marché unique nécessiteront du temps ainsi que des efforts réglementaires, administratifs et de mise en œuvre soutenus.

La Commission européenne a déjà identifié les dix obstacles majeurs, surnommés les « Terrible 10 », parmi lesquels figurent des procédures d’autorisation discriminatoires, des restrictions territoriales d’approvisionnement et des limites aux services transfrontaliers.

Le commerce intra-UE en recul

Un rapport annuel de la Commission européenne publié cette semaine révèle que le commerce intra-UE est passé de 23,5 % du PIB de l’UE en 2023 à 22 % l’an dernier, marquant la première baisse en dix ans, un signal d’alerte supplémentaire pour l’économie européenne.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

Ramadan : Un Mois Propice pour rompre avec la cigarette

Le mois sacré de Ramadan offre une opportunité unique pour ceux qui désirent se libérer de l'emprise de la cigarette.

OPPO A78, le nouveau smartphone bientôt en Tunisie

OPPO, la marque leader sur le marché mondial des appareils connectés, vient d’annoncer l’arrivée sur le marché tunisien de son dernier smartphone A78, à partir du 1er septembre 2023.
00:03:27

OPPO Tunisie lance les nouveaux smartphones Reno8 T 4G, Reno8 T 5G, un design élégant et une fluidité totale

OPPO vient d’annoncer le lancement, en Tunisie, de ses derniers modèles de smartphones de la série Reno, les nouveaux Reno8 T et Reno8 T 5G, avec une offre spéciale durant tout le mois de mars 2023.

Oppo consolide sa position et met en avant la nouvelle technologie de son Reno7

OPPO, la marque internationale leader dans l’industrie des smartphones et des objets connectés, a développé ces dernières années sa position et ses activités en Tunisie, dans le cadre d’une extension sur les marchés de la région Moyen Orient et Afrique.

A lire également
A lire également

Sanctions contre la Russie : l’UE perd 48 milliards d’euros d’exportations depuis 2022, selon Eurostat

Selon Eurostat, l’UE a perdu 48 milliards d’euros d’exportations vers la Russie depuis 2022. La chute du commerce bilatéral, la dépendance accrue au GNL américain et la baisse des réserves de gaz soulèvent des enjeux économiques et énergétiques majeurs.

Allemagne : pourquoi l’économie ne s’effondre pas malgré la crise industrielle

Après deux ans de récession, l’Allemagne affiche une économie stabilisée mais fragile. La croissance du PIB devrait rester quasi nulle en 2025 avant une reprise modeste en 2026, dans un contexte de faibles exportations, de restructurations industrielles et de soutien public accru.

Russie : la Baltique devient l’axe clé des exportations de carburants en décembre

En décembre, les exportations russes de produits pétroliers ont grimpé à 2,15 millions de barils par jour, un sommet de quatre mois. Les ports baltiques, notamment Primorsk, ont joué un rôle clé, tandis que la Turquie et le Brésil se sont imposés comme principaux acheteurs.

Budget 2026 : le gouvernement italien obtient la confiance du Sénat et vise la sortie de la procédure européenne de déficit excessif

Adopté par le Sénat, le budget 2026 italien prévoit un déficit ramené à 2,8 % du PIB, mais inclut plus de 12 milliards d’euros de hausses fiscales. La BCE alerte sur les risques pour le crédit et la confiance des investisseurs.

L’Allemagne prévoit d’émettre 512 milliards d’euros de dette en 2026, un record historique

Le gouvernement allemand prévoit d’émettre près de 512 milliards d’euros de dette en 2026. Un niveau inédit, porté par un recours accru aux marchés financiers et monétaires, incluant des obligations vertes et des émissions syndiquées.

La Banque d’Angleterre abaisse son taux directeur à 3,75% après le net ralentissement de l’inflation

La Banque d’Angleterre a abaissé son taux directeur de 25 points de base à 3,75%, sa quatrième baisse en 2025, après un ralentissement de l’inflation britannique à 3,2% en novembre, son plus bas niveau depuis mars.

La BCE maintient ses taux à 2% et affiche un optimisme prudent sur l’économie de la zone euro

Réunie à Francfort, la BCE a laissé son taux de dépôt à 2% et son taux de refinancement à 2,15%. L’institution revoit à la hausse ses prévisions de croissance et d’inflation, soulignant la résilience de l’économie de la zone euro face aux chocs commerciaux.

France : l’Insee anticipe une croissance modérée au premier semestre 2026 malgré les incertitudes

L’Insee prévoit une croissance de 0,3 % au premier et au deuxième trimestre 2026. La consommation des ménages resterait le principal moteur, malgré une inflation attendue à 1,6 % sur la période janvier-juin.