L’Union européenne donne son feu vert pour la signature de l’Open Sky avec la Tunisie

Depuis une dizaine d’années, l’Union européenne et la Tunisie ont ouvert des négociations concernant un accord euro-méditerranéen relatif aux services aériens. Mutuellement bénéfique pour les 2 parties, la procédure avait cependant connu des retards en raison du Brexit.

L’accord aérien d’Open Sky en suspens entre l’Union européenne (UE) et la Tunisie sera signé à l’automne 2021. C’est ce qu’a affirmé le Conseil de l’UE le lundi 28 juin, après avoir donné son feu vert pour la signature de trois accords de voisinage dans le domaine de l’aviation, avec l’Ukraine, l’Arménie et la Tunisie, ainsi que d’un accord sur le transport aérien avec le Qatar.

S’agissant spécifiquement de l’accord avec la Tunisie, il mettra fin aux différents accords bilatéraux qui limitent l’accès de plusieurs compagnies européennes au ciel tunisien. Ces accords, dont celui avec la Tunisie, « supprimeront les restrictions d’accès aux marchés pour les pays voisins de l’UE et associeront ces pays au marché intérieur de l’aviation de l’UE, étant donné qu’ils adopteront les normes de l’UE en matière d’aviation et appliqueront les règles de l’aviation de l’UE ». Il s’agira de promouvoir la libre concurrence tout en assurant un niveau maximal de sécurité et de sûreté.

Le Conseil de l’UE rappelle que cet accord dit « Open Sky » contient des clauses environnementales, sociales et de concurrence loyale solides, assorties de mécanismes robustes permettant d’en contrôler l’application afin d’éviter toute distorsion de concurrence ou d’autres abus.

L’Open Sky concernera tous les aéroports de Tunisie, à l’exception temporaire de Tunis-Carthage. Pendant cinq ans, les compagnies à bas coût n’auront pas le droit de desservir la base de Tunisair. Selon les chiffres fournis par l’Union européenne, cet accord devrait se traduire par 800 000 passagers supplémentaires sur une période de cinq ans. Il pourrait également générer une croissance de 2,7% du PIB liée aux voyages et au tourisme, et accroître le trafic annuel de près de 13% par an.

Une fois ratifié par les différentes parties, l’accord entre la Tunisie et l’UE sera l’aboutissement d’un processus qui dure depuis plus de dix ans. En effet, les négociations entre les deux parties ont débuté en 2010, et ont débouché sur un mémorandum d’entente le 11 décembre 2017. Depuis lors, la signature de l’accord final a été retardée par le Brexit. Malgré la sortie officielle de la Grande-Bretagne de l’UE, le 30 janvier 2020, cette signature avait été reportée à plusieurs reprises.

Tunisair, en difficulté financière, ne semble cependant pas voir d’un bon œil cette ouverture du ciel tunisien qui viendra briser le monopole sur certaines lignes. « Parmi nos exigences, il était question de redresser Tunisair, et juste après de parler de l’Open Sky. A cette époque, on a eu des promesses de la part de la partie européenne, d’aider Tunisair et les autres compagnies tunisiennes à faire leur redressement, et juste après de procéder à l’ouverture. Chose qui n’a malheureusement pas été faite. Encore une fois, pour le moment, l’Open Sky aura des conséquences difficiles pour Tunisair », révélait Khaled Chelly, le nouveau PDG, le 15 avril dernier.

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