À fin septembre 2026, BH Bank a gonflé ses dépôts de 9,9 % et réduit son recours aux refinancements coûteux. Résultat : un PNB en hausse de 3,9 %, à 511 millions de dinars (MD). Mais les frais de personnel (+12,9 %) et les charges générales (+8,2 %) avancent plus vite que les revenus et menacent ce gain.
Les indicateurs d’activité des neuf premiers mois dessinent une stratégie défensive. La banque privilégie la reconquête de liquidité et la maîtrise du coût de ses ressources plutôt que l’expansion de son portefeuille de crédits.
Des dépôts en hausse de 9,9 %, des crédits en retrait : le bilan se resserre
Une collecte qui renforce la liquidité
Les dépôts de la clientèle atteignent 10 457 MD, contre 9 518 MD un an plus tôt, soit une progression de 9,9 %. La banque capte davantage d’épargne domestique, et c’est la base de toute la séquence : une ressource plus abondante et moins chère que le marché.
Des crédits à -0,7 % et des emprunts en recul de 9,8 %
Les encours de crédits s’établissent à 10 297 MD, en léger repli de 0,7 %. Ce recul traduit une sélectivité accrue dans l’octroi plutôt qu’une course au volume. Dans le même temps, les emprunts et ressources spéciales chutent de 9,8 %, à 1 359 MD, ce qui réduit la dépendance de BH Bank aux refinancements externes, généralement plus onéreux.
PNB : quand les intérêts versés baissent plus vite que les produits
C’est sur la formation du résultat que cette stratégie paie. Les produits d’exploitation bancaire se contractent de 2,0 %, ce qui est cohérent avec le tassement des crédits. Les charges d’exploitation bancaire, c’est-à-dire les intérêts versés, reculent bien davantage, de 7,1 %.
Cet écart, un véritable effet de ciseaux, traduit un élargissement de la marge nette d’intérêt : des dépôts de clientèle ont pris la place de ressources plus coûteuses. Le produit net bancaire progresse ainsi de 3,9 % pour atteindre 511 MD.
Frais de personnel +12,9 % : le point de vigilance du trimestre
La performance financière est toutefois entamée par la hausse des charges de structure. Les frais de personnel bondissent de 12,9 %, à 166 MD, et les charges générales d’exploitation augmentent de 8,2 %, à 67 MD.
Ces deux postes croissent nettement plus vite que le PNB (+3,9 %). L’effet de levier opérationnel s’inverse donc : une part substantielle de la marge dégagée par l’optimisation du bilan est absorbée par des coûts fixes.
Ce que révèlent ces indicateurs pour la suite
Le trimestre résume l’équation de BH Bank. Sur le front du bilan, la discipline est visible : liquidité reconstituée, dette externe allégée, marge d’intérêt élargie. Sur le front des coûts, la trajectoire reste à corriger. Tant que les frais de personnel et les charges générales progressent plus vite que les revenus, le gain de marge ne se convertira que partiellement en rentabilité.
Le prochain test portera sur la capacité de la banque à relancer l’activité de crédit sans dégrader son coût du financement, tout en ramenant ses charges de structure à un rythme compatible avec celui de son PNB.
