Le résultat brut d’exploitation (RBE) de l’UIB atteint 200 MDT à fin septembre 2026, soit +15 % en données publiées et +16 % à données retraitées. Il s’appuie sur un produit net bancaire (PNB) de 419,2 MDT (+7,9 %, ou +8,7 % retraité) et sur des charges qui progressent bien plus lentement que les revenus.
UIB à 9 mois : un RBE de 200 MDT grâce à un effet de ciseaux favorable
Le mécanisme est simple. Le PNB retraité croît de 8,7 % quand les charges opératoires n’augmentent que de 2,2 % et les charges de personnel de 1,4 %. Cet écart, que les analystes appellent effet de levier opérationnel, transforme une croissance modérée des revenus en une progression nettement plus rapide du résultat.
Le coefficient d’exploitation, qui rapporte les charges au PNB, passe de 55,4 % à 52,4 % en données publiées. Il atteint 49,6 % à données retraitées. Descendre sous la barre symbolique des 50 % est un signal d’efficience que les analystes financiers surveillent de près.
Des dépôts en recul, mais une collecte plus liquide
Les dépôts de la clientèle reculent de 1,2 % (-85 MDT) pour s’établir à 7 048,2 MDT. Ce chiffre global cache un net changement de composition : les dépôts à terme et certificats de dépôt chutent de 665,8 MDT, tandis que les dépôts à vue gagnent 284,8 MDT et l’épargne 207,4 MDT.
La clientèle privilégie donc la disponibilité de ses fonds au détriment des placements bloqués.
Des crédits en hausse de 3,7 %, des refinancements en baisse
L’encours net de crédits progresse de 3,7 % (+233,6 MDT). Parallèlement, les emprunts et ressources spéciales reculent de 25,8 MDT, de 115 à 89,2 MDT. La banque finance donc sa croissance de manière plus autonome et réduit son recours aux ressources externes plus coûteuses.
Un PNB de 419,2 MDT porté par la marge d’intérêt et le portefeuille-titres
Les produits d’exploitation bancaire bruts reculent légèrement (-0,8 %), mais la rentabilité sous-jacente s’améliore. Trois moteurs soutiennent le PNB.
Marge d’intérêt : les spreads résistent à un taux directeur de 7 %
La marge d’intérêt progresse de 5 %, soit +6,6 % une fois neutralisé l’impact de la loi 2024-41. L’UIB préserve ainsi ses écarts de taux dans un environnement où le taux directeur reste à 7 %. Les commissions, stables, ajoutent +2,8 %.
Portefeuille : 76,5 MDT de revenus, en hausse de 28,1 %
Les revenus de portefeuille enregistrent la plus forte progression : +28,1 %, à 76,5 MDT. Ils reflètent une gestion de trésorerie active, qui profite des rendements des titres de créance publique (BTA et BTC).
Charges maîtrisées : le coefficient d’exploitation passe sous les 50 %
La maîtrise des coûts est le point fort de ces résultats. Malgré un contexte inflationniste, la banque limite la hausse de ses charges à des niveaux très bas, ce qui explique l’essentiel de la progression du RBE.
Ce qu’il faut retenir et ce qu’il reste à vérifier
Trois constats se dégagent de ces neuf mois :
- Le levier opérationnel domine. Les revenus croissent près de quatre fois plus vite que les charges opératoires (+8,7 % contre +2,2 % en retraité).
- Le bilan se rééquilibre. Moins de dépôts à terme, plus de dépôts à vue, moins de refinancements externes.
- Le portefeuille-titres pèse lourd. Avec 76,5 MDT, il devient un contributeur majeur au PNB.
Reste une question que les prochains trimestres trancheront : la part des revenus de portefeuille est sensible aux conditions de taux, alors que le recul des dépôts à terme peut jouer sur le coût des ressources. La capacité de l’UIB à maintenir son coefficient d’exploitation autour de 50 % sera le test d’un modèle devenu plus efficient.
