L’économie chinoise redresse la barre au troisième trimestre. Selon les chiffres publiés ce lundi 19 octobre par le Bureau national des statistiques (NBS), le produit intérieur brut (PIB) de la deuxième puissance mondiale a progressé de 4,5 % en rythme annuel entre juillet et septembre. Cette accélération fait suite au plancher de 4,3 % enregistré au trimestre précédent — la performance la plus faible observée depuis plus de trois ans — et dépasse le consensus des analystes consultés par Reuters (4,4 %). En comparaison séquentielle, l’activité s’est accrue de 1,2 % d’un trimestre à l’autre.
Sur l’ensemble des neuf premiers mois de l’année, l’expansion s’établit désormais à 4,6 %. Ce rythme place le pays en bonne voie pour atteindre la fourchette cible fixée par les autorités de Pékin, située entre 4,5 % et 5 %. Selon les observateurs de Bloomberg, cette dynamique réduit à court terme la nécessité d’un assouplissement monétaire d’urgence.
Un essor tiré par la technologie et les exportations
Le moteur extérieur est resté le principal catalyseur de cette performance économique. D’après les données rapportées par CNN, les expéditions de marchandises vers l’étranger ont bondi de 36,3 % sur un an en septembre, marquant leur plus forte progression depuis début 2021. Ce boom s’explique par l’engouement mondial pour les puces électroniques, les composants de haute précision et les batteries, tiré par la montée en puissance des infrastructures d’intelligence artificielle.
Parallèlement, la production industrielle globale a progressé de 5,5 % au cours du mois de septembre, avec une hausse remarquable de 14,3 % pour la valeur ajoutée de l’industrie de haute technologie sur les neuf premiers mois de l’année. Cette santé commerciale permet à l’excédent des échanges extérieurs chinois de viser un nouveau sommet historique, dépassant potentiellement le record de 1 200 milliards de dollars établi l’an passé. Cette hégémonie risque toutefois d’exacerber les frictions commerciales, à l’image du récent accord conclu avec l’Union européenne pour encadrer les ventes de véhicules hybrides.
La demande intérieure pénalisée par le secteur immobilier
Si le volet industriel et exportateur brille, les moteurs domestiques peinent encore à prendre le relais. Les investissements en capital fixe se sont repliés de 7,2 % sur la période de janvier à septembre, plombés par une chute d’environ 20 % des engagements dans le secteur immobilier. Sur le front du commerce de détail, la hausse s’est limitée à 1,1 % sur un an en septembre — bien qu’il s’agisse de la meilleure performance observée depuis le mois de mars. Le taux de chômage en milieu urbain reste quant à lui fixé à 5,2 %.
Intervenant sur la situation, Mao Shengyong, vice-ministre du NBS, a reconnu devant la presse que le déficit de demande intérieure demeurait une contrainte majeure pour l’économie. Ce contexte d’atonie de la consommation a d’ailleurs conduit le Fonds monétaire international (FMI) à réviser la semaine dernière sa projection de croissance pour la Chine en 2026 à 4,5 %, contre 4,6 % auparavant.
Pékin privilégie une relance ciblée sans grand plan de choc
Face à ces fragilités structurelles, le gouvernement chinois maintient une approche mesurée, évitant l’injection de liquidités massives au profit d’ajustements ciblés : bonification des taux hypothécaires, réductions sélectives des taux d’intérêt et réallocation de 550 milliards de yuans de quotas d’emprunt non utilisés par les gouvernements locaux.
L’économiste Ho Woei Chen (UOB) souligne que le dynamisme du commerce extérieur dispense pour l’instant Pékin de déployer des plans de relance plus agressifs. Pour sa part, Andy Ji (ITC Markets) prévient qu’un quatrième trimestre robuste demeure indispensable pour valider l’objectif annuel, rappelant que la consommation des ménages ne s’autoentretient pas encore et que l’immobilier n’a toujours pas touché son point bas.
