L’économiste de renommée internationale Jeffrey Sachs, professeur à l’Université Columbia, a lancé un avertissement grave : selon lui, les États-Unis pourraient envahir le Groenland en invoquant une urgence nationale, sur un modèle similaire à l’opération militaire récemment menée au Venezuela. Cette analyse intervient alors que les relations diplomatiques se tendent fortement entre Washington et Copenhague autour du territoire arctique.
« Ne soyez pas surpris quand cela arrivera »
Lors d’un échange avec le professeur Glenn Diesen, consécutif à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier, Jeffrey Sachs s’est montré catégorique :
« Je ne sais pas comment l’Europe réagira lorsque les États-Unis envahiront le Groenland. Mais ne soyez pas surpris quand cela arrivera. »
Il anticipe un scénario précis :
« Un jour, Trump dira : “Nous avons une urgence nationale”, et le Groenland sera occupé. »
Le précédent vénézuélien : l’opération Absolute Resolve
Cet avertissement fait directement référence à l’opération Absolute Resolve, durant laquelle les forces américaines ont mené des frappes de grande ampleur au Venezuela.
L’opération a mobilisé plus de 150 avions, ainsi que des unités d’opérations spéciales de la Delta Force, aboutissant à la détention de Nicolás Maduro et de son épouse, transférés sous garde américaine.
Pour Sachs, ce précédent constitue un modèle opérationnel reproductible dans d’autres contextes géopolitiques sensibles.
Une réaction européenne jugée « prévisible et modérée »
Jeffrey Sachs estime que l’Europe réagirait avec prudence, voire résignation :
« Ensuite, l’Europe dira probablement : “Oh, merci. Merci, États-Unis. Ça aurait pu être pire.” »
Il conclut avec amertume :
« Les principes ? Qui en a besoin ? »
Une crise diplomatique ouverte avec le Danemark
Ces déclarations surviennent alors que Donald Trump a réaffirmé au magazine The Atlantic, le 4 janvier, que :
« Nous avons besoin du Groenland, absolument. Nous en avons besoin pour la défense. »
La polémique a été amplifiée par une publication sur les réseaux sociaux de Katie Miller, épouse du chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche Stephen Miller, montrant le Groenland recouvert du drapeau américain, accompagné de la mention : « BIENTÔT ».
Réponse ferme de Copenhague
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a réagi sans ambiguïté, affirmant que les États-Unis n’ont « aucun droit d’annexer » un territoire danois et exigeant que Washington « cesse les menaces ».
De son côté, l’ambassadeur Jesper Møller Sørensen a rappelé que le Danemark attend
« le plein respect de l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark ».
Le Groenland au cœur des calculs stratégiques américains
Le Groenland héberge la base spatiale de Pituffik, une installation militaire américaine clé pour :
- l’alerte antimissile,
- la surveillance spatiale,
- le contrôle du corridor stratégique Groenland–Islande–Royaume-Uni, central durant la Guerre froide et redevenu crucial face à la Russie.
Les États-Unis perçus comme une menace potentielle
En décembre 2025, le Service de renseignement de la défense du Danemark a pris une mesure exceptionnelle en identifiant les États-Unis comme une menace potentielle pour la sécurité, évoquant leur volonté d’utiliser « la force économique et technologique comme outil de pouvoir, y compris envers leurs alliés ».
Accusations de violations du droit international
S’exprimant sur la chaîne chinoise CGTN, Jeffrey Sachs a accusé Washington d’être devenu « une machine de guerre », affirmant que les États-Unis « déchirent unilatéralement la Charte des Nations Unies ».
Il rappelle que les États-Unis ont été impliqués dans plus de 70 opérations de changement de régime depuis 1945.
Le Venezuela toujours sous pression américaine
Le 4 janvier, le secrétaire d’État Marco Rubio a confirmé que les États-Unis continueraient d’utiliser l’embargo pétrolier et leur présence militaire pour influencer l’avenir du Venezuela, sans toutefois annoncer une gouvernance directe.
