Le mois du ramadan jouit d’une haute considération. Il y a, depuis de nombreuses générations, des traditions permanentes pour l’accueillir, le célébrer et le glorifier. Ramadan s’étend cette année durant tout le mois d’août. Il fait chaud et la soif n`est pas facile à gérer. Ramadan c’est aussi le mois du travail. Si certains s’adaptent bien aux exigences de ce mois sacré, d’autres n’arrivent pas à suivre ce rythme si éprouvant car ils sont partagés entre l’administration , le foyer,le marché sans oublier les veillées tardives. Mais comment nos fonctionnaires passent-ils leur journée ?
Tout le monde accueille avec faste ce mois sacré. « C’est passionnant ce mois de Ramadan. La journée est certes un peu longue que d’habitude. Le matin, le rythme se ralenti. On change d’horaire. Il fait chaud mais personnellement, je n’éprouve aucun obstacle pour jeûner. Pas de problèmes pour le boulot. Je m’organise et tout se passe à merveilles. 6à 7 heures de boulot, ça ne me fatigue pas. En plus on tue le temps en parlant de tous des hausses des prix, des feuilletons, des élections. A 14h00 je quitte le travail et j’aurai le temps de souffler et de virer vers le marché pour m’approvisionner en produits alimentaires. Ça se passe vite et on n’est pas emmerdé » nous dit Hédi, un jeune fonctionnaire. Cet avis est partagé par Rafik, banquier qui estime que « Ramadan est un mois de convivialité et de partage. Le fait qu’on a programmé la rentrée à l’administration à 8h30 m’a beaucoup arrangé. C’est moins fatiguant et cela nous permet de finir la journée à 14h00. Ce qui me permet de penser au foyer.

J’en profite pour aller faire les commissions dans les grandes surfaces. Parfois, je saisis cette occasion pour aller au port pour acquérir du poisson frais. Ramadan est aussi une occasion pour s’approvisionner en pain diari alors la visite des boulangers s’impose. A 14 heures,je rentre chez moi. Parfois, des commissions de dernière minute me poussent à sortir et c’est une opportunité pour aller s’approvisionner en tabouna, zlabia et mkharek. ». Il est vrai que plusieurs tunisiens sont habitués à ce rythme estival « Quand on bouge, les journées passent plus vite et permettent d’oublier la faim » confie Nadia qui travaille 7h par jour, et c’est pareil pendant le ramadan » affirme-t-elle. La chaleur n’est pas un handicap pour plusieurs surtout que les bureaux sont climatisés. Nesrine cadre dans une banque travaille à l’aise durant ce mois sacré « j’essaie d’être encore plus productif pendant le ramadan, histoire de faire taire la vieille idée, ventre vide travaille moins bien. Je m’organise pour solder dès le matin, tant que les connections cérébrales circulent, le plus gros des tâches, les appels importants avec les gros clients ou encore les réunions. A partir de midi, je fais des trucs qui nécessitent moins de concentration » Yassine partage la journée entre le boulot et le marché « J’avoue que je ne m’investis pas assez durant ce mois sacré. Je réserve quelques moments pour voir ce qui manque chez moi. Je préfère aller au marché du coin me ravitailler en légumes ou en fruits souvent abordables »

Penser aux vacances
Si plusieurs tunisiens travaillent durant le ramadan, d’autres essaient de se reposer. « j’avoue que c’est assez dur pour moi de travailler durant ce mois sacré. C’est pour cette raison que je prends mes congés annuels durant cette période » nous explique Mohamed Ali qui a d’autres occupations à faire durant ramadan « Je profite pour mettre la main dans la pâte car mon père est un fabricant de zlabia. Je l’aide durant toute la journée car vu son âge, il ne pourra gérer facilement son commerce » Selma ne peut pas travailler le ramadan. « Personnellement, je préfère ne pas bosser pendant le ramadan car je le réserve à faire le shopping et à préparer le dîner pour ma famille » Ramadan c’est aussi les veillées tardives. Pour ceux qui travaillent, le Ramadan peut être difficile. Il faut savoir gérer son sommeil. L’idéal est de se coucher le plus tôt possible le soir, pour avoir une bonne nuit de sommeil. Quant à Sami « Impossible dit-il de résister aux sorties nocturnes de Ramadan. Je prends mon congé, histoire de me régaler et veiller jusqu’à l’aube. L’énervement pousse certains au repos surtout durant ramadan. Nasseur, un jeune ouvrier est obligé à se reposer « je suis nerveux et comme vous le savez dès la mi-journée, le manque se fait sentir. Dans la rue, des bagarres éclatent, à coups de poing ou de tête, pour un mot de travers, un geste, pour rien. Bagarres jusqu’au sang alors je préfère rester calme chez moi »
Kamel Bouaouina

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