Les responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont quitté les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, à Bangkok, en désignant décembre comme le mois le plus probable pour un troisième relèvement des taux cette année. Ils laissent la possibilité d’une hausse en octobre, mais disent préférer poursuivre le resserrement à un rythme trimestriel, selon Bloomberg.
Décembre, rendez-vous probable pour un nouveau relèvement
Attendre reviendrait à fixer la décision à la réunion du 17 décembre, lors de laquelle de nouvelles prévisions économiques doivent être publiées, d’après l’article de Bloomberg repris par Business Standard.
La BCE a relevé ses taux de 25 points de base en juin, puis de nouveau en septembre. Une nouvelle hausse en décembre porterait son taux directeur à 2,75 %, un niveau que la banque juge restrictif, selon Reuters.
Pour les lecteurs du Maghreb, l’enjeu dépasse Francfort : la zone euro est un partenaire commercial majeur de la région, et l’orientation de la BCE pèse sur le coût du financement en euros comme sur la dynamique des échanges.
Lagarde met en garde contre la déroute obligataire
Samedi, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que la déroute obligataire mondiale faisait grimper les coûts d’emprunt et allait freiner à la fois la croissance et l’inflation. Dans sa déclaration devant le Comité monétaire et financier international, elle a affirmé : « Si la croissance a fait preuve de résilience, les conditions de financement se sont durcies, les taux d’intérêt à long terme ayant sensiblement augmenté depuis notre dernière réunion ».
Selon elle, le choc énergétique est « trop important pour être simplement ignoré, mais une réponse mesurée reste appropriée pour maintenir l’inflation sous contrôle ».
Dans cette même déclaration, elle situe l’inflation globale de la zone euro à 3,8 % en septembre, principalement sous l’effet de l’énergie, et l’inflation sous-jacente à 2,5 %. Christine Lagarde a précisé que les salaires n’avaient, jusqu’à présent, montré aucune réaction significative au choc énergétique.
Les « faucons » estiment qu’il pourrait falloir aller plus loin
Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a adopté une ligne plus ferme. « Nous luttons contre l’inflation, et je considère que le travail n’est pas terminé à ce stade », a-t-il déclaré lors d’un événement organisé par DZ Bank, selon Reuters. Le Finlandais Olli Rehn a, lui, estimé que les effets de second tour pourraient « s’installer discrètement, comme un chat en chaussettes ».
Vendredi, le FMI a indiqué qu’« au moins une nouvelle hausse de 25 points de base des taux directeurs sera nécessaire en 2026 » pour maîtriser l’inflation sous-jacente, et que de nouveaux resserrements pourraient être nécessaires au-delà, selon Reuters.
Le Lituanien Gediminas Šimkus a plaidé pour qu’on attende : « on veut prendre des décisions lorsqu’on dispose du plus grand nombre de données possible, et la prochaine réunion de ce type aura lieu en décembre. » Il a ajouté que la banque centrale « ne peut pas ignorer le fait qu’une réunion se tient en octobre », d’après Business Standard.
Des perspectives plus floues pour 2027
Les discussions ont aussi révélé une inquiétude croissante quant à la suite. La hausse des rendements obligataires, les difficultés budgétaires de la France, le coût élevé de l’énergie et les dépenses massives dans l’intelligence artificielle assombrissent les perspectives. Vendredi, le Brent a grimpé à 110 dollars le baril, un niveau inédit depuis mai. Les opérateurs de marché parient sur trois nouvelles hausses de taux d’ici septembre 2027, selon Bloomberg.
« Les arbitrages de politique monétaire vont devenir plus délicats », a déclaré Martins Kazaks, membre du Conseil des gouverneurs. « Jusqu’ici, les décisions ont été relativement faciles. Mais l’incertitude est grande et la visibilité très faible. »
