Les Bourses européennes finissent dans le désordre, incertitude sur la politique monétaire

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Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé mardi lors d’une séance volatile où la prudence est restée de mise dans l’attente des déclarations de plusieurs banquiers centraux, dont le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell, dans un contexte d’incertitudes sur la politique monétaire.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,07% à 7.132,35 points. Le Footsie britannique a pour sa part gagné 0,36% tandis que le Dax allemand a abandonné 0,16%.

L’indice EuroStoxx 50 a fini en hausse de 0,09%, le FTSEurofirst 300 affiche un gain de 0,13% et le Stoxx 600 de 0,23%.

Les investisseurs espèrent que Jerome Powell, qui doit s’exprimer à 17h40 GMT dans le cadre d’un événement organisé par l’Economic Club of Washington, commentera les derniers indicateurs économiques américains, notamment les chiffres meilleurs que prévu des créations d’emplois aux États-Unis en janvier.

Ce rapport, qui témoigne de la robustesse du marché du travail américain, a atténué les espoirs d’une fin rapide du resserrement de la politique monétaire de la Fed.

Joachim Nagel, membre de la BCE, a déclaré mardi au quotidien financier allemand Boersen Zeitung que l’institution avait besoin d’autres hausses significatives des taux d’intérêt pour ramener l’inflation vers l’objectif à moyen terme de 2%, tout en notant qu’elle doit procéder par étapes étant donné l’incertitude qui prévaut.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, également membre de la BCE, a dit pour sa part qu’il n’y avait pas lieu de choisir entre la lutte contre l’inflation et le risque d’une récession.

Une intervention d’Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, est également prévue plus tard dans la journée.

La dernière enquête de la BCE, publiée mardi, montre par ailleurs que les anticipations d’inflation des consommateurs dans la zone euro ont été revues légèrement à la hausse en décembre, signe que les craintes en la matière peinent à refluer.

VALEURS
Dans l’actualité des entreprises, les publications trimestrielles ont animé la séance, à commencer par BNP Paribas, qui a pris 2,6% après le relèvement de ses objectifs à horizon 2025 et l’annonce d’un programme de rachats d’actions de 5 milliards d’euros cette année.

Dans son sillage, l’indice sectoriel (+1,22%) a affiché la deuxième meilleure performance du Stoxx 600.

Ailleurs en Europe, le groupe pétrolier BP a bondi de 7,9%, à la faveur d’un bénéfice record de 27,6 milliards de dollars (25,72 milliards d’euros) en 2022 et d’un relèvement de 10% du dividende versé aux actionnaires.

Le compartiment du pétrole et du gaz (+2,99%) a enregistré mardi la meilleure performance sectorielle en Europe à la faveur de l’envolée de BP et des cours pétroliers.

Le brasseur danois Carlsberg a quant à lui reculé de 2,39% après des ventes trimestrielles inférieures aux attentes et une prévision de bénéfice pour cette année en dessous de celle de l’année dernière.

Siemens Energy a abandonné 2,28% après un quasi doublement de sa perte nette au premier trimestre, tandis qu’Osram a plongé de 17% pour avoir suspendu le versement du dividende 2022 après des résultats et des prévisions jugés décevants.

A WALL STREET
La Bourse de New York évolue également sur une note prudente mardi avant le discours du président de la Réserve fédérale américaine (Fed) prévu en fin de journée.

A 18h, le Dow Jones perdait 0,21%, le Standard & Poor’s 500 grappillait 0,08% et le Nasdaq Composite gagnait 0,36%.

LES INDICATEURS DU JOUR
Côté statistiques économiques, le déficit commercial de la France s’est creusé à 164 milliards d’euros en 2022, la crise énergétique européenne ayant fait exploser ses importations de gaz, de pétrole et d’électricité, ont montré mardi les données officielles du ministère chargé du Commerce extérieur.

En Allemagne, la production industrielle a baissé de 3,1% sur un mois décembre, tandis que les analystes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur une baisse de 0,7%.

CHANGES
Le dollar reste quasi stable (+0,05%) face à un panier de devises internationales après s’être approché mardi de son plus haut niveau en un mois avant le discours du président de la Fed.

« Les données américaines plus solides ont clairement remis en question les attentes du marché concernant la poursuite de la faiblesse du dollar américain à court terme et la fin prochaine du cycle de hausse des taux de la Fed », a déclaré Lee Hardman, analyste changes chez MUFG.

L’euro, en repli de 0,26%, se négocie à 1,0702 dollar.

Le dollar australien, pour sa part, avance de 0,67% à 0,6927 dollar américain, après avoir gagné jusqu’à 1% en séance à la suite du relèvement par la banque centrale australienne de ses taux de 25 points de base.

TAUX
Le rendement des Treasuries à dix ans évolue peu dans l’attente du discours de Jerome Powell. Il gagne un point de base, à 3,64%.

Son équivalent allemand de même échéance gagne trois points de base, à 2,343%.

PÉTROLE
L’optimisme concernant la reprise de la demande chinoise et les inquiétudes sur l’approvisionnement suscitées par l’arrêt d’un important terminal d’exportation en Turquie à la suite des puissants séismes qui ont frappé le pays et la Syrie lundi soutiennent les prix du pétrole.

Le Brent prend plus de 3% à 83,46 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 3,7% à 76,84 dollars.

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