Sanctions contre la Russie : l’UE perd 48 milliards d’euros d’exportations depuis 2022, selon Eurostat

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Depuis l’instauration des sanctions européennes contre Moscou en 2022, les exportations de l’Union européenne vers la Russie ont reculé de 65 %, entraînant une perte cumulée de 48 milliards d’euros. Les données Eurostat révèlent un basculement commercial et énergétique historique.

Les exportations européennes vers la Russie en chute libre depuis 2022

L’Union européenne a enregistré une perte estimée à 48 milliards d’euros de revenus d’exportation vers la Russie depuis la mise en œuvre des sanctions adoptées à la suite de l’escalade du conflit en Ukraine en février 2022. D’après les données officielles d’Eurostat, publiées cette semaine, les exportations de l’UE vers la Russie se sont effondrées de 65 %.

Entre janvier et octobre 2021, elles atteignaient 73 milliards d’euros, contre 25 milliards d’euros sur la même période en 2025. Il s’agit de la plus forte contraction du commerce bilatéral UE–Russie depuis le début des statistiques en 2002, illustrant l’ampleur du choc économique induit par le régime de sanctions.

Un coût économique élevé pour les grandes économies européennes

Ces chiffres mettent en évidence l’impact direct des sanctions ciblant notamment les banques russes, les transferts technologiques et les importations d’énergie. L’Allemagne apparaît comme le pays le plus affecté, avec une baisse de 73,6 % de ses exportations vers la Russie, à 16,3 milliards d’euros.

D’autres économies majeures de l’UE ont également subi des reculs significatifs. La Pologne, la France et les Pays-Bas enregistrent des baisses comprises entre 60 % et 71 %, confirmant un ralentissement généralisé des échanges commerciaux avec Moscou.

Un renversement commercial inédit depuis 2002

Fait notable, l’Union européenne a enregistré un excédent commercial avec la Russie durant deux trimestres consécutifs en 2025, une situation inédite depuis plus de vingt ans. Au troisième trimestre 2025, cet excédent a atteint 1,5 milliard d’euros.

Ce résultat ne reflète toutefois pas une reprise des exportations européennes, mais une contraction encore plus marquée des importations russes, en particulier dans le secteur énergétique. La part de la Russie dans les importations de gaz de l’UE est ainsi passée de 39 % en 2021 à 15,1 %, même si Moscou reste le deuxième fournisseur de gaz du bloc.

Le virage vers le GNL américain et la hausse des coûts énergétiques

La réduction des achats d’hydrocarbures russes s’est accompagnée d’un recours accru au gaz naturel liquéfié (GNL) américain, nettement plus coûteux. En 2025, le GNL en provenance des États-Unis a représenté 77,5 % des importations européennes, contre 58 % en début d’année.

Cette réorientation énergétique contribue à la hausse des coûts de l’énergie dans plusieurs États membres, alors que l’UE poursuit son objectif stratégique d’éliminer totalement les importations d’énergie russe d’ici 2027.

Des réserves de gaz sous pression en Europe

Le 5 janvier 2025, le groupe énergétique russe Gazprom a alerté sur la situation des stocks de gaz européens, indiquant que les niveaux de stockage étaient passés sous le seuil de 60 %, un niveau habituellement observé seulement à la fin janvier.

Les principaux sites de stockage ont été particulièrement touchés : les installations néerlandaises affichaient un taux de 46,1 %, tandis que le stockage allemand se situait à 54,1 %. Ces tensions sont survenues peu après l’arrêt total du transit de gaz russe via l’Ukraine le 1er janvier 2025, à l’expiration d’un accord quinquennal.

Risques pour l’approvisionnement énergétique en période hivernale

Dans un communiqué, Gazprom a averti que « l’épuisement rapide des réserves de gaz dans les installations de stockage souterrain entraîne une perte prématurée de productivité et menace l’approvisionnement fiable en gaz des consommateurs pendant les périodes de froid ».

Ces évolutions soulignent les défis énergétiques et économiques structurels auxquels l’Union européenne est confrontée, dans un contexte de transition accélérée et de recomposition durable de ses relations commerciales avec la Russie.

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