Tensions transatlantiques : l’Europe envisage un boycott du Mondial 2026 organisé aux États-Unis

Date:

La Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis se retrouve au cœur d’une crise politique majeure. En cause : les menaces de Donald Trump d’imposer des droits de douane à l’Europe et ses ambitions sur le Groenland, qui poussent responsables politiques et acteurs du football à évoquer un boycott inédit.

Un débat inédit autour de la Coupe du monde 2026

La Coupe du monde 2026 de la FIFA, organisée principalement aux États-Unis, fait face à une contestation politique croissante en Europe. En toile de fond : la campagne agressive du président américain Donald Trump visant l’acquisition du Groenland et l’annonce de nouvelles mesures tarifaires contre plusieurs pays européens. Ces tensions diplomatiques ont déclenché des appels publics à un boycott du tournoi, un scénario jusqu’ici exceptionnel dans l’histoire du football moderne.

Des voix influentes du football européen s’expriment

Le débat a été relancé par Oke Göttlich, président du FC St Pauli et membre des conseils d’administration de la Bundesliga et de la Fédération allemande de football. Dans une publication sur LinkedIn, il s’est interrogé sur la participation européenne à une compétition organisée « dans un pays qui attaque indirectement, et peut-être bientôt directement, l’Europe ».

Ce point de vue est partagé par Claude Le Roy, entraîneur français expérimenté ayant dirigé plusieurs sélections africaines. Dans une déclaration au Figaro, il s’est demandé s’il ne fallait pas « appeler au boycott de la Coupe du monde 2026, compte tenu du comportement de Donald Trump envers le continent européen ».

La pression politique gagne les parlements européens

La controverse dépasse désormais le cadre sportif. En Allemagne, Jürgen Hardt, porte-parole de la CDU pour les affaires étrangères, a déclaré au BILD qu’un retrait du tournoi pourrait être envisagé « en dernier recours afin de ramener Trump à la raison sur la question du Groenland ».

Un sondage mené par BILD avant les dernières menaces tarifaires révèle que 47 % des Allemands seraient favorables à un boycott si les États-Unis prenaient le contrôle du Groenland, contre 35 % d’opposants, soulignant une opinion publique profondément divisée.

Le Royaume-Uni durcit également le ton

Au Royaume-Uni, le débat est entré à la Chambre des communes. L’ancien ministre conservateur Simon Hoare et le député libéral-démocrate Luke Taylor ont appelé à un refus de participation de l’Angleterre et de l’Écosse. Simon Hoare a exhorté le gouvernement à « combattre le feu par le feu », estimant qu’un retrait des équipes européennes « embarrasserait le président sur son propre territoire ».

La députée travailliste Kate Osborne, présidente du groupe parlementaire multipartite sur le football féminin, est allée plus loin, affirmant que les États-Unis « ne devraient pas pouvoir participer à la Coupe du monde, et encore moins faire partie des pays hôtes ».

Les tarifs douaniers, élément déclencheur de la crise

Le 17 janvier, Donald Trump a annoncé que huit pays européens — le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande — seraient soumis à des tarifs douaniers de 10 % à partir du 1er février, portés à 25 % d’ici juin en l’absence d’accord sur la vente du Groenland.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé une « erreur » et averti que l’Union européenne répondrait de manière « ferme, unie et proportionnée ».

La FIFA sous le feu des critiques

Claude Le Roy a également critiqué le président de la FIFA, Gianni Infantino, qui a remis à Donald Trump un « Prix FIFA de la paix », nouvellement créé, lors du tirage au sort de la Coupe du monde en décembre. Selon lui, « les dirigeants au plus haut niveau du football ne parlent plus jamais de football, seulement d’argent ».

Un scénario encore hypothétique mais suivi de près

À ce stade, aucun boycott officiel soutenu par les gouvernements européens n’a été annoncé. Toutefois, des ambassadeurs européens se sont réunis dimanche à Bruxelles pour examiner d’éventuelles contre-mesures, dans un contexte rappelant le boycott américain des Jeux olympiques de Moscou en 1980. La situation reste évolutive et pourrait redéfinir les relations entre sport, diplomatie et commerce international.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

Ramadan : Un Mois Propice pour rompre avec la cigarette

Le mois sacré de Ramadan offre une opportunité unique pour ceux qui désirent se libérer de l'emprise de la cigarette.

OPPO A78, le nouveau smartphone bientôt en Tunisie

OPPO, la marque leader sur le marché mondial des appareils connectés, vient d’annoncer l’arrivée sur le marché tunisien de son dernier smartphone A78, à partir du 1er septembre 2023.
00:03:27

OPPO Tunisie lance les nouveaux smartphones Reno8 T 4G, Reno8 T 5G, un design élégant et une fluidité totale

OPPO vient d’annoncer le lancement, en Tunisie, de ses derniers modèles de smartphones de la série Reno, les nouveaux Reno8 T et Reno8 T 5G, avec une offre spéciale durant tout le mois de mars 2023.

Oppo consolide sa position et met en avant la nouvelle technologie de son Reno7

OPPO, la marque internationale leader dans l’industrie des smartphones et des objets connectés, a développé ces dernières années sa position et ses activités en Tunisie, dans le cadre d’une extension sur les marchés de la région Moyen Orient et Afrique.

A lire également
A lire également

Tensions Chine-UE : Pékin réclame une « approche ouverte » face au protectionnisme technologique de Bruxelles

Entre tensions sur les subventions et restrictions technologiques, Pékin et Bruxelles jouent l'équilibre. Découvrez les enjeux du bras de fer économique après les déclarations d'Emmanuel Macron à Davos et les nouvelles mesures de l'UE.

Droits de douane, Groenland et Coupe du monde : la nouvelle crise transatlantique déclenchée par Donald Trump

Face aux menaces tarifaires de Donald Trump liées au Groenland, l’Allemagne envisage un boycott historique de la Coupe du monde 2026. L’Union européenne prépare des représailles économiques pouvant atteindre 93 milliards d’euros, tandis que l’unité européenne se renforce face à la pression américaine.

BCE : les barrières commerciales internes à l’UE coûtent plus cher que les droits de douane de Donald Trump

La BCE alerte sur un paradoxe européen : les barrières commerciales entre États membres coûtent davantage que les droits de douane de Donald Trump. Une réduction limitée de ces obstacles suffirait pourtant à compenser les pertes économiques prévues d’ici 2027.

Sanctions contre la Russie : l’UE perd 48 milliards d’euros d’exportations depuis 2022, selon Eurostat

Selon Eurostat, l’UE a perdu 48 milliards d’euros d’exportations vers la Russie depuis 2022. La chute du commerce bilatéral, la dépendance accrue au GNL américain et la baisse des réserves de gaz soulèvent des enjeux économiques et énergétiques majeurs.

Allemagne : pourquoi l’économie ne s’effondre pas malgré la crise industrielle

Après deux ans de récession, l’Allemagne affiche une économie stabilisée mais fragile. La croissance du PIB devrait rester quasi nulle en 2025 avant une reprise modeste en 2026, dans un contexte de faibles exportations, de restructurations industrielles et de soutien public accru.

Russie : la Baltique devient l’axe clé des exportations de carburants en décembre

En décembre, les exportations russes de produits pétroliers ont grimpé à 2,15 millions de barils par jour, un sommet de quatre mois. Les ports baltiques, notamment Primorsk, ont joué un rôle clé, tandis que la Turquie et le Brésil se sont imposés comme principaux acheteurs.

Budget 2026 : le gouvernement italien obtient la confiance du Sénat et vise la sortie de la procédure européenne de déficit excessif

Adopté par le Sénat, le budget 2026 italien prévoit un déficit ramené à 2,8 % du PIB, mais inclut plus de 12 milliards d’euros de hausses fiscales. La BCE alerte sur les risques pour le crédit et la confiance des investisseurs.

L’Allemagne prévoit d’émettre 512 milliards d’euros de dette en 2026, un record historique

Le gouvernement allemand prévoit d’émettre près de 512 milliards d’euros de dette en 2026. Un niveau inédit, porté par un recours accru aux marchés financiers et monétaires, incluant des obligations vertes et des émissions syndiquées.