2022 : Vers la grande normalisation

Date:

Après la récession soudaine, profonde et atypique de 2020, provoquée par la pandémie de Covid-19, l’année 2021 a également inédite à plusieurs égards. Les goulets d’étranglement du côté de l’offre et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, thèmes dominants en 2021, ont freiné la croissance, directement mais aussi indirectement, en entraînant une remontée de l’inflation à des niveaux inédits depuis des décennies. Dans l’hypothèse d’une maîtrise progressive de la pandémie grâce à une meilleure couverture vaccinale, nous devrions assister en 2022 à une normalisation en termes de croissance, d’inflation et de politique monétaire.

Dans les économies avancées, nous tablons sur une croissance du PIB réel supérieure au potentiel avec des dépenses des ménages portées par des conditions de financement bon marché, la poursuite de l’amélioration du marché du travail et une croissance plus rapide des salaires. Les investissements des entreprises devraient, pour leur part, bénéficier d’une meilleure rentabilité, de conditions de financement très attractives, d’un accroissement de l’utilisation des capacités et de perspectives de demande favorables.

Dans la zone euro, la politique budgétaire devrait également soutenir la croissance, la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) jouant un rôle-clé. La croissance pourrait néanmoins marquer progressivement le pas. La reprise mécanique, observée dans certains secteurs après la levée des restrictions liées à la Covid-19, touche à sa fin. Les inquiétudes
entourant le variant Omicron pourraient induire un comportement de précaution et peser sur certaines catégories de dépenses des ménages.

Les goulets d’étranglement du côté de l’offre devraient continuer à brider la croissance à court terme. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, la politique budgétaire pourrait également freiner l’activité. Enfin, dans plusieurs pays, les enquêtes auprès des ménages font ressortir des inquiétudes grandissantes face à une inflation élevée, qui ampute le revenu disponible réel. Ce problème se pose, en particulier, pour les ménages à bas revenus.

Cependant, après son envolée surprise de cette année, l’inflation devrait refluer en 2022. Les effets de base n’y seront pas étrangers – la stabilisation attendue des cours du pétrole devrait entraîner une baisse de l’inflation annuelle en 2022 – tandis que les goulets d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement devraient se réduire en raison de
l’accroissement de l’offre et d’un léger tassement de la croissance de la demande. Quoi qu’il en soit, la dynamique sous-jacente de l’inflation est orientée à la hausse avec des marchés du travail sous tension.

Cela entraîne une accélération de la croissance salariale, susceptible de pousser les entreprises à augmenter leurs prix de vente. Aux États-Unis, les entreprises ont nettement relevé les salaires pour pourvoir les postes vacants et, à en juger par les pénuries de main-d’œuvre, la croissance salariale devrait également s’accélérer en zone euro. Il faut donc s’attendre aussi à une normalisation de la politique monétaire, quoiqu’avec d’importantes différences de calendrier entre pays. Aux États-Unis, la Réserve fédérale a commencé à baisser le rythme des achats mensuels d’actifs. Ce tapering devrait être suivi par plusieurs relèvements des taux à compter du milieu de l’année prochaine afin de ralentir l’économie et de ramener l’inflation en ligne avec l’objectif de la banque centrale. Cela pourrait aboutir à un environnement de marché plus volatil. La recherche montre, en effet, que le taux des fonds fédéraux est un facteur-clé du cycle financier mondial et de l’appétit des investisseurs pour le risque. Dans la zone euro, la politique monétaire devrait rester très accommodante. Les achats nets dans le cadre du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (Pandemic Emergency Purchase Programme, PEPP) devraient prendre fin en mars 2022, mais il faudra plus de temps pour que les conditions d’un relèvement des taux directeurs soient réunies.

Nous tablons donc sur une première hausse du taux de dépôt en juin 2023. La divergence monétaire entre la Réserve fédérale et la BCE devrait se traduire par une appréciation du dollar face à l’euro. Plus que jamais, les résultats économiques sont susceptibles de s’écarter des prévisions actuelles sous l’effet de risques potentiels à la hausse comme à la baisse. Parmi les risques à la hausse figurent la maîtrise complète de la pandémie et une baisse plus rapide que prévu de l’inflation. Les risques à la baisse sont plus nombreux : l’incertitude liée à la pandémie pourrait devenir endémique, les perturbations des chaînes d’approvisionnement pourraient se poursuivre, l’inflation pourrait rester durablement élevée en raison des effets de second tour et les préoccupations entourant les relèvements de taux aux États-Unis pourraient peser sur les marchés des actions et des obligations d’entreprises, et pénaliser la confiance ainsi que l’économie réelle.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

BRICS 2026 : à New Delhi, Xi Jinping et Poutine affichent la force d’un bloc qui pèse 40 % du PIB mondial

À New Delhi, les BRICS ont adopté une déclaration commune critiquant les tarifs douaniers unilatéraux et appelant à la retenue au Moyen-Orient. Xi Jinping y a effectué sa première visite en Inde depuis 2019, un signal de dégel entre Pékin et New Delhi.

Restructuration Volkswagen : 16 milliards d’euros pour le plus vaste chantier de son histoire

Le constructeur allemand chiffre à 16 milliards d'euros le coût de sa restructuration : jusqu'à 60 000 suppressions de postes d'ici 2030 et l'arrêt possible de la production dans quatre sites allemands, selon une source proche du dossier citée par Reuters.

Tarifs douaniers USA-Chine : Washington et Pékin négocient avant le sommet Trump-Xi du 24 septembre

Washington et Pékin discutent de réductions tarifaires ciblées sur l'énergie, l'agriculture et certains intrants manufacturiers avant le sommet Trump-Xi du 24 septembre, dans le cadre d'un plan de réciprocité portant sur 30 milliards de dollars d'échanges.

Dette souveraine : pourquoi la Grèce emprunte désormais moins cher que la France

Athènes emprunte à 4,28 % sur dix ans, Paris à 4,50 %. Un renversement qui reflète l'assainissement budgétaire grec face au dérapage des finances publiques françaises, entre déficit persistant et charge d'intérêts croissante.

A lire également
A lire également

BRICS 2026 : à New Delhi, Xi Jinping et Poutine affichent la force d’un bloc qui pèse 40 % du PIB mondial

À New Delhi, les BRICS ont adopté une déclaration commune critiquant les tarifs douaniers unilatéraux et appelant à la retenue au Moyen-Orient. Xi Jinping y a effectué sa première visite en Inde depuis 2019, un signal de dégel entre Pékin et New Delhi.

Tarifs douaniers USA-Chine : Washington et Pékin négocient avant le sommet Trump-Xi du 24 septembre

Washington et Pékin discutent de réductions tarifaires ciblées sur l'énergie, l'agriculture et certains intrants manufacturiers avant le sommet Trump-Xi du 24 septembre, dans le cadre d'un plan de réciprocité portant sur 30 milliards de dollars d'échanges.

Fethi Nouri (BCT) plaide pour la coopération monétaire OCI

Fethi Nouri (BCT) appelle à Istanbul à une coopération monétaire renforcée entre pays de l'OCI face aux chocs géopolitiques en cascade.

Crédit sur l’honneur en Tunisie : le prêt à taux zéro entre en vigueur le 1er octobre 2026

Sans intérêt, sans garantie et sans frais de dossier : le crédit sur l'honneur doit faciliter l'accès au financement pour les Tunisiens exclus du système bancaire. Décryptage d'un mécanisme dont l'ampleur reste débattue.

Déficit commercial : la Tunisie encaisse un creusement à 17,8 milliards de dinars sur huit mois

Le déficit commercial de la Tunisie grimpe à 17,8 milliards de dinars sur les huit premiers mois de 2026. Le taux de couverture tombe à 71,4 %, son plus bas niveau depuis trois ans, malgré la résilience de l'agroalimentaire et des industries mécaniques à l'export.

L’écart de rendement obligataire USA-Chine atteint un record de 317 points de base

L'écart de rendement entre dette souveraine américaine et chinoise culmine à un niveau jamais atteint depuis 2002, révélateur d'une divergence économique majeure et porteur de risques de sorties de capitaux chinois vers le dollar.

Brent au-dessus de 100 dollars : les marchés mondiaux plongent face à l’escalade Iran–États-Unis

Le Brent au-dessus de 100 dollars a déclenché une correction boursière mondiale, de Wall Street à Sydney, ravivant les craintes inflationnistes et les anticipations de hausse des taux, avec un risque accru pour la facture énergétique du Maghreb.

Deloitte visé par une plainte d’investisseurs après la disparition de 600 millions de dollars

Deloitte, auditeur du hedge fund Mars FX pendant quatre ans, est poursuivi par des investisseurs américains après la disparition d'environ 600 millions de dollars et l'effondrement du fonds en procédure de faillite.