Lancement des travaux de la stratégie nationale de l’emploi

La Tunisie fait face aujourd’hui à des défis d’emplois multidimensionnels, variés et de nature complexe. Non seulement ces défis recouvrent des questions quantitatives (telles que le niveau élevé de chômage des jeunes notamment des diplômés de l’enseignent supérieur, le faible taux d’activité, la disparité régionale…), mais aussi qualitatives, (telles que l’inadéquation entre les qualifications offertes par le système éducatif et les exigences des opérateurs économiques ainsi que l’accentuation des formes de travail précaire et vulnérable…). Pour relever tous ces défis la Tunisie a lancé aujourd’hui, 22 aout 2017, le démarrage des travaux pour l’élaboration de sa stratégie nationale de l’emploi.

Il est à signaler que dans ce cadre, le Ministère de la Formation Professionnelle et de l’Emploi (MFPE), l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA) et l’Union Général Tunisienne du Travail (UGTT) ont défini le dispositif institutionnel à mettre en place pour assurer un processus de formulation reposant sur un dialogue large, participatif et inclusif et qui s’articulera autour d’un Comité politique (COPOL), d’un Comité de Pilotage (COPIL), et d’un Comité technique (COTEC).

Ces Comités tripartites et interministériels, visent à rassembler l’ensemble des acteurs concernés par l’emploi, favoriser la cohérence de leurs actions tout en orientant de façon concertée la formulation de la future stratégie de l’emploi.

La cérémonie de lancement des travaux de cette Stratégie Nationale de l’Emploi qui s’est déroulée en présence des représentant du ministère de l’emploi et de la formation professionnelle, de l’OIT, de l’UTICA, de l’UGTT a été présidée par M. Youssef Chahed , le chef du Gouvernement et en présence des membres du Comité politique. Cette cérémonie a été le coup d’envoi officiel du processus de formulation de la Stratégie Nationale pour l’Emploi qui vise à assurer l’engagement des acteurs nationaux autour du processus de formulation de la SNE afin d’assurer le plus grand consensus possible ainsi que la mise en place d’une plateforme commune qui facilitera plus tard sa mise en œuvre.

Dans son allocution, M. Imed Hammami, ministre de l’emploi et de la formation a déclaré que la réalisation de cette stratégie nationale de l’emploi sera une concrétisation des recommandations du dialogue social de 2013 ajoutant qu’un programme exécutif sera élaboré pour la mise en œuvre de cette stratégie.

Lui succédant M. Nouredine Taboubi, Secrétaire Général de l’UGTT a affirmé que cette stratégie nationale de l’emploi doit être réaliste et réalisable et tenir compte des aspirations formulées par les tunisiens lors de la révolution de 2011.

Prenant la parole à cette occasion, la présidente de l’UTICA, Mme Ouided Bouchamaoui a déclaré qu’il ne fait aucun doute que la préparation de cette stratégie sur une base participative et inclusive sera un facteur contribuant à son succès. Nous avons toujours souligné que la base de la promotion de l’emploi repose sur le développement de l’économie et de la croissance, sur le soutien de l’esprit d’initiative et sur la réhabilitation de l’environnement de l’investissement a affirmé Mme Bouchamaoui. L’économie est en effet la seule base solide sur laquelle on peu crée des emplois pérennes, car les programmes conjoncturels et les mécanismes spécifiques de promotion de l’emploi, malgré leur importance dans la revitalisation du marché du travail, et malgré le recours à la solidarité nationale resteront limités dans leur portée et ne représenteront pas une réponse sérieuse et durable aux problèmes du chômage.

De même, l’organisation de campagnes nationales pour le recrutement des diplômés et l’invitation des entreprises du secteur privé, dans le cadre de la solidarité, à recruter un certain nombre de demandeurs d’emploi sans respecter les critères de faisabilité et d’efficacité ni les besoins réels de l’entreprise et sa situation économique ne représentent pas une solution réelle au problème du chômage. Pour cette raison a affirmé Mme Bouchamaoui, l’UTICA considère que l’emploi est un droit fondé sur les besoins réels de l’économie et sur le désir de travailler et de produire.

Bien que les efforts se sont concentrés ces dernières années sur la stabilité et la sécurité, nous avons œuvré en tant que partenaires sociaux et en coopération avec le gouvernement à apporter un cadre pour le processus de réforme du modèle de développent économique a ajouté Mme Bouchamaoui. Aujourd’hui, avec l’existence de tous les éléments de la réforme économique et sociale dans le contrat social et dans l’accord de Carthage, nous avons le cadre approprié pour aller de l’avant dans la formulation d’une stratégie nationale de l’emploi et pour identifier ses éléments clés.

La situation de l’équilibre des finances publiques et des caisses sociales et l’accumulation de pertes de nombreuses entreprises publiques ainsi que le développement de l’économie parallèle a ajouté la présidente de l’UTICA nous amènent à lancer une alerte sur les grands risques qui pèsent sur tous les marchés: le marché de la production et le marché du travail, le financier et le marché des changes et sur les risques de perdre plus d’emplois alors que nous sommes tenus de créer plus d’emplois supplémentaires. Cette situation empêche également l’entreprise d’améliorer sa situation financière et de renforcer son investissement et ses capacités de création d’emplois.

Aujourd’hui, il est temps donc de lancer un train de réformes et de parvenir à un consensus tripartite concernant le budget de l’année prochaine avant sa transmission à l’Assemblée des représentants du peuple et concevoir des solutions collectives qui rompent avec le recours automatique à la dette et la tendance à augmenter la pression fiscale sur les entreprises.

Abordant la question de l’emploi, Mme Bouchamaoui a affirmé que le contrat social a adopté dans son deuxième axe le principe de réaliser des reformes des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle et d’une réforme globale du système éducatif afin de l’adapter aux exigences et aux besoins de l’économie nationale. Toutefois, ce processus de réforme n’a pas été correctement réalisé dans son véritable cadre tripartite suite à l’exclusion de parties concernées, ce qui a conduit à l’échec de la réforme et à sa limitation à la reforme de quelques procédures.

Nous espérons donc que cette question sera au cœur de la stratégie nationale de l’emploi et l’un de ses éléments les plus importants afin d’élaborer les principes directeurs fondamentaux d’une réforme globale du système des ressources humaines, de l’école primaire à l’université en passant par la formation professionnelle.

Le chef du gouvernement, M. Youssef Chahed a ensuite pris la parole pour prononcer le discours de lancement des travaux de la stratégie nationale de l’emploi. Il a affirmé que l’emploi, le chômage, sont autant de sujets cruciaux et qu’ils sont les plus grands défis que devra relever la Tunisie, six ans après la révolution ».

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