ONU: systèmes statistiques des pays de l’Afrique du Nord à revoir

Date:

Les Objectifs de développement durable (ODD) ont mis les systèmes statistiques nationaux des pays de l’Afrique du Nord à « rude épreuve », ont affirmé mercredi à Tunis des experts de l’ONU qui ont relevé les grandes lacunes des systèmes statistiques des pays de cette région du continent africain.

Intervenant lors du deuxième jour des travaux de la 33ème réunion du Comité intergouvernemental d’experts (CIE), les experts du Bureau de la Commission économique pour l’Afrique de l’ONU (CEA) ont relevé, tout d’abord, que les pays de l’Afrique du Nord doivent renforcer leurs capacités à définir, planifier et évaluer les politiques du développement durable pour réussir le Programme de développement durable de l’ONU à l`horizon 2030 (Programme 2030) et de l’Agenda 2063.

Pour rappel, l’Agenda 2063, initié par l’Union africaine, se veut un plan d`action pour catalyser le développement du continent et renforcer l`intégration et l`unité africaines et ambitionne de faire de l`Afrique un continent prospère fondé sur une croissance inclusive et un développement durable.

Dans leurs interventions, ces mêmes experts ont considéré que la définition des politiques de développement appropriées, leur suivi et évaluation nécessitent avant tout un large éventail de « données statistiques de qualité ».

Il est ainsi essentiel, selon eux, de disposer de données de qualité et à jour pour doter les pays de l’Afrique du Nord de moyens pour définir les priorités, procéder à des choix éclairés et mettre en oeuvre des politiques meilleures au service du développement durable.

« La pénurie chronique de données, dont souffrent ces pays, associée à l’insuffisance des incitations à remédier à cette déficience et au manque de capacités techniques et financières, constitue, toutefois, un obstacle majeur à la réalisation de ces objectifs fixés dans le cadre des Nations Unies », ont-ils relevé.

Selon eux, les Objectifs de développement durable (ODD) ont mis les systèmes statistiques nationaux (SSN) des pays de l’Afrique du Nord à une « rude épreuve ».

A ce propos, ils ont observé que la plupart des pays de cette région ne collectent pas de données pour bon nombre de statistiques fondamentales (naissances, décès, croissance économique, fiscalité, commerce, agriculture, environnement…) et encore moins pour les indicateurs du développement durable (programme 2030 et de l’agenda 2063).

Tous les pays de l’Afrique du Nord « rencontrent des difficultés qui sont exacerbées par la faiblesse de leurs capacités statistiques », ont-ils précisé.

Ainsi, la plupart des pays de cette région du continent disposent de « données insuffisantes » sur la pauvreté et éprouvent des difficultés à produire des données pour des intervalles inférieurs à cinq ans ou à le faire en temps voulu.

Dans tous ces pays, pour près de deux tiers sur les 242 indicateurs relatifs aux ODD, les données font défaut, sans compter que la plupart les données ne sont pas à jour.

Même lorsque des données sont disponibles, « elles ne sont pas souvent suffisamment ventilées. D’où l’impossibilité, pour les décideurs politiques, d’élaborer des programmes ou des mesures pour suivre ou comparer les situations de différentes catégories de la population », ont-ils détaillé.

Aucun pays ne dispose de lois ou de textes législatifs et réglementaires en matière de statistiques qui soient intégralement conformes aux Principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies, ont-ils constaté.

Des défis de taille d’ordre institutionnel restent à surmonter: les ressources humaines et financières consacrées aux statistiques officielles « ne sont pas à la hauteur des besoins ».

Pour évaluer clairement la situation, la CEA a élaboré un rapport intitulé « la révolution des données et la transformation structurelle dans les pays de l’Afrique du Nord », qui fait le point sur l’état actuel des systèmes statistiques nationaux (SSN) dans les sept pays de l’Afrique du Nord: Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Mauritanie, Egypte, et Soudan.

Le rapport définit les principaux acteurs des écosystèmes de statistiques, analyse les capacités des SSN et identifie les lacunes et les obstacles auxquels se heurtent ces pays pour produire et utiliser des données de qualité.

Ce rapport présente non seulement une analyse globale et approfondie des contraintes législatives, institutionnelles et techniques auxquelles les pays de l’Afrique du Nord se heurtent, mais aussi des actions prioritaires, des solutions concrètes à l’intention des décideurs politiques et des fournisseurs de coopération, régionaux et internationaux, désireux de mettre les données au service du développement.

Aujourd’hui, les nouvelles méthodes de collectes de données, notamment les données géo-spatiales, les données de télécommunication et les données obtenues par capteurs, suscitent un intérêt majeur aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement.

Ces méthodes offrent aux SSN la possibilité de produire des données de manière plus facile, plus rapide et moins coûteuse.

Elles permettent, en outre, de combiner les sources de données non conventionnelles avec les sources de données traditionnelles (celles qui proviennent de recensements ou d’enquêtes) pour produire des données ventilées en fonction des caractéristiques spatiales ou démographique.

Organisée du 30 octobre au 2 novembre dans la capitale tunisienne, la 33ème session du CIE a pour thème « Révolution des données en Afrique du Nord: mettre les données au service de la transformation structurelle ».

Elle se tient avec la participation de représentants de haut niveau des gouvernements et des institutions nationales des statistiques des pays de la région (Algérie, Tunisie, Maroc, Mauritanie, Libye, Egypte, Soudan), du secrétariat général de l’UMA et d’autres organisations onusiennes et inter-gouvernementales, de la société civile, et du milieu académique y sont également représentés.

Les recommandations issues de cette réunion seront soumises à la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement Economique de la CEA dans la perspective de leur mise en oeuvre.

La Commission Economique pour l’Afrique est l’une des cinq commissions régionales du Conseil Economique et Social de l’ONU (ECOSOC).

Son Bureau en Afrique du Nord a pour mission de soutenir le développement des sept pays de la sous-région en les aidant à formuler et à mettre en oeuvre les politiques et les programmes susceptibles de contribuer à leur transformation économique et sociale, en se basant en particulier sur deux thématiques principales: l’intégration régionale en Afrique du Nord et les problématiques liées aux compétences, à l’emploi et au développement équitable dans la région.

Le CIE est un organe statutaire du Bureau de la CEA en Afrique du Nord, composé de représentants des pays membres. Il se réunit annuellement pour évaluer le contexte économique et social de la région et statuer sur les orientations stratégiques de la CEA en Afrique du Nord.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

00:00:22

Samsung étend le déploiement de son interface One UI 9 aux Galaxy S26

Le déploiement de One UI 9 démarre sur les Galaxy S26, S26+ et S26 Ultra. Après les pliables Z Fold8 et Flip8, Samsung étend sa Galaxy AI enrichie et ses nouvelles fonctions de sécurité à davantage d'utilisateurs.

STAR Assurances : le bénéfice net bondit de 32% au premier semestre 2026, porté par le rebond de la branche Non-Vie

STAR Assurances enregistre au premier semestre 2026 un bénéfice net de 28,1 MD (+31,9%), porté par le rebond du résultat technique Non-Vie et une collecte de primes en hausse de 11%, malgré un recul de la rentabilité en Vie.

Attijari Leasing : le résultat net recule de 15,50 % au premier semestre 2026

Malgré une progression du produit net de leasing, Attijari Leasing voit son résultat net semestriel chuter de 15,50 % à 3,14 MD, pénalisé par le repli de l'affacturage et la hausse des charges d'exploitation.

SAH : le résultat d’exploitation bondit de 26,8 % au S1 2026, porté par l’export

SAH : chiffre d'affaires en hausse de 4,5 % à 230,5 MDT, résultat d'exploitation en bond de 26,8 % à 39,9 MDT, porté par les exportations vers la Libye, mais résultat net freiné par les charges financières et fiscales.

A lire également
A lire également

Fethi Nouri (BCT) plaide pour la coopération monétaire OCI

Fethi Nouri (BCT) appelle à Istanbul à une coopération monétaire renforcée entre pays de l'OCI face aux chocs géopolitiques en cascade.

Crédit sur l’honneur en Tunisie : le prêt à taux zéro entre en vigueur le 1er octobre 2026

Sans intérêt, sans garantie et sans frais de dossier : le crédit sur l'honneur doit faciliter l'accès au financement pour les Tunisiens exclus du système bancaire. Décryptage d'un mécanisme dont l'ampleur reste débattue.

Déficit commercial : la Tunisie encaisse un creusement à 17,8 milliards de dinars sur huit mois

Le déficit commercial de la Tunisie grimpe à 17,8 milliards de dinars sur les huit premiers mois de 2026. Le taux de couverture tombe à 71,4 %, son plus bas niveau depuis trois ans, malgré la résilience de l'agroalimentaire et des industries mécaniques à l'export.

Brent au-dessus de 100 dollars : les marchés mondiaux plongent face à l’escalade Iran–États-Unis

Le Brent au-dessus de 100 dollars a déclenché une correction boursière mondiale, de Wall Street à Sydney, ravivant les craintes inflationnistes et les anticipations de hausse des taux, avec un risque accru pour la facture énergétique du Maghreb.

Tunisie : Fitch Ratings confirme la note souveraine « B- », perspective stable

Fitch Ratings maintient la note souveraine de la Tunisie à « B- », perspective stable. Dette publique à 85 % du PIB, déficit budgétaire de 6,4 % et compte courant sous pression restent les principaux points de vigilance de l'agence.

Tunisie : les investissements industriels bondissent de 18 % au premier trimestre 2026

Le secteur industriel tunisien enregistre une hausse de 18 % de ses investissements au T1 2026 et la création de 13 000 emplois, signe d'une accélération du cycle de capitalisation industrielle dans le pays.

Inflation en Tunisie : le taux grimpe à 5,4% en août 2026, porté par l’alimentation

L'INS a publié le 9 septembre 2026 les chiffres de l'indice des prix à la consommation d'août : l'inflation grimpe à 5,4% sur un an, tirée par les prix alimentaires, en hausse de 7,5%, notamment la volaille (+16,5%) et la viande ovine (+14,7%).

Tourisme en Tunisie : 5,52 milliards de dinars de recettes sur les 8 premiers mois de 2026, la croissance ralentit

Avec 5,52 milliards de dinars de recettes sur les huit premiers mois de 2026, le tourisme tunisien entre dans une phase de croissance modérée. Le secteur voit son poids dans le PIB rester stable à 3,1 %.