La résilience économique, un impératif stratégique national
L’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) estime que la résilience économique doit désormais constituer un pilier central des stratégies nationales, sectorielles et territoriales. Cette approche intégrée vise à renforcer simultanément les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement.
Dans un contexte marqué par la multiplication des crises — climatiques, sociales, géopolitiques et technologiques — l’ITCEQ souligne que la capacité d’un pays à absorber les chocs, à s’en relever rapidement et à s’adapter durablement conditionne sa stabilité et sa croissance à long terme.
Trois capacités clés pour faire face aux chocs
L’analyse de l’ITCEQ identifie trois capacités fondamentales pour renforcer la résilience de l’économie tunisienne :
- La capacité d’absorption, afin de limiter l’impact immédiat des chocs sans provoquer de rupture systémique.
- La capacité de récupération, pour rétablir rapidement l’activité économique et sociale.
- La capacité d’adaptation, permettant de transformer durablement les structures productives face aux mutations globales.
Ces trois dimensions sont indissociables et doivent être intégrées de manière cohérente dans les politiques publiques.
Capacité d’absorption : sécuriser l’économie face aux crises
La capacité d’absorption repose d’abord sur le renforcement de l’autonomie financière et commerciale. L’ITCEQ recommande de diversifier les sources de financement, de faciliter l’accès au crédit et d’activer les accords commerciaux afin d’élargir les marchés d’exportation et réduire la dépendance à un nombre limité de partenaires.
Par ailleurs, l’investissement dans les infrastructures et les services collectifs est jugé essentiel. Santé, éducation, transport, logistique, filets sociaux et services publics doivent être consolidés à travers le budget de l’État et les partenariats public-privé (PPP), afin de renforcer la cohésion sociale et préserver les marges de manœuvre économiques en période de crise.
Capacité de récupération : relancer rapidement l’activité
Pour améliorer la capacité de récupération, l’ITCEQ met l’accent sur la stabilisation de la production agricole. Cela passe par la modernisation des pratiques, une meilleure gestion de l’eau et un soutien financier ciblé, afin de réduire la dépendance alimentaire et sécuriser l’approvisionnement des marchés.
L’Institut recommande également la simplification des procédures administratives, la stabilité du cadre réglementaire et fiscal, ainsi que la mise en place de dispositifs institutionnels de coordination et de gestion de crise. Des cellules de réponse rapide au niveau des collectivités territoriales sont jugées indispensables pour une action efficace et coordonnée en situation d’urgence.
Capacité d’adaptation : transformer l’économie tunisienne
La capacité d’adaptation constitue le levier le plus structurant à long terme. L’ITCEQ appelle à une transformation des systèmes productifs, en facilitant la reconversion des travailleurs, la mobilité vers les secteurs porteurs et le développement de compétences d’avenir : numériques, vertes et managériales.
L’article souligne également l’importance de créer un environnement attractif pour retenir les talents, qu’ils soient locaux ou issus de la diaspora. La transition digitale et écologique doit être accélérée par la mobilisation de financements verts, la promotion de l’économie circulaire et la relance d’une politique industrielle et technologique orientée vers les secteurs à forte valeur ajoutée et la diversification des produits, notamment dans le tourisme et l’agriculture.
Une résilience au cœur du développement durable
En conclusion, l’ITCEQ estime que la résilience économique ne peut être considérée comme une réponse ponctuelle aux crises. Elle doit devenir un principe structurant de l’action publique, condition essentielle pour assurer une croissance durable, inclusive et capable d’anticiper les chocs futurs.
