La Banque centrale des Émirats arabes unis (CBUAE) a annoncé, le 13 avril 2026, la sélection de Vermeg comme partenaire technologique principal pour la mise en place d’un Dépositaire Central de Titres (CSD). Ce projet, centré sur la dette souveraine et les sukuk, s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation de l’infrastructure financière du pays.
Un choix stratégique pour moderniser les marchés de capitaux
L’annonce marque une étape importante dans la politique des Émirats visant à hisser leurs marchés financiers au niveau des standards internationaux. Le projet répond à un besoin concret : doter le pays d’une infrastructure post-marché robuste, capable de centraliser l’émission, le règlement, la livraison et la conservation des titres financiers.
Car sans CSD performant, les opérations de règlement restent fragmentées, coûteuses et peu transparentes — autant de freins à l’attraction des capitaux étrangers. Ce type d’infrastructure est aujourd’hui considéré comme un prérequis par les grands investisseurs institutionnels lorsqu’ils évaluent l’accès à un marché émergent.
Post-marché, sukuk et dette souveraine : les enjeux du projet
Le périmètre du projet est précis : la CBUAE entend déployer un CSD dédié à la dette publique et aux instruments islamiques de financement (sukuk), deux segments au cœur du développement des marchés de capitaux dans la région du Golfe.
Concrètement, la solution devra intégrer aussi bien les activités traditionnelles de conservation que les infrastructures numériques, en cohérence avec les normes internationales les plus exigeantes. L’objectif est de mieux structurer la gestion de la liquidité et d’accélérer le règlement des transactions.
Saif Humaid Al Dhaheri, sous-gouverneur adjoint chargé des opérations bancaires à la CBUAE, a souligné l’importance de cette initiative : pour lui, la mise en place d’un CSD représente « une pierre angulaire essentielle à la construction d’une infrastructure financière plus efficace et plus résiliente », susceptible de renforcer directement la confiance des investisseurs internationaux dans la place financière émiratie.
Vermeg, un partenaire rodé aux infrastructures de marché
Fondé en Tunisie et aujourd’hui présent en Europe, au Royaume-Uni, en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique, Vermeg s’est imposé comme un acteur de référence dans les solutions technologiques pour les banques centrales et les infrastructures de marché. Ses domaines d’expertise couvrent notamment le post-trade, la gestion des garanties et les services de conservation — soit précisément les compétences requises pour ce type de projet.
Badreddine Ouali, président du conseil de surveillance de Vermeg, a salué cette désignation comme la reconnaissance d’un savoir-faire construit sur le long terme : « Cette nomination reflète la longue expérience de Vermeg dans l’accompagnement des banques centrales et des infrastructures de marché. »
Pour le groupe, ce contrat avec la CBUAE constitue également un signal fort sur sa capacité à s’imposer dans la région du Golfe, l’un des marchés les plus dynamiques du monde en matière de développement financier.
Vers un écosystème financier ouvert à l’innovation numérique
Au-delà de la modernisation opérationnelle, ce projet vise à préparer les Émirats aux évolutions à venir. La CBUAE entend en effet positionner ce CSD comme un socle technologique compatible avec les actifs numériques et les nouvelles formes d’innovation financière.
Cette orientation s’inscrit dans une tendance de fond observée dans plusieurs places financières mondiales : l’intégration progressive des infrastructures traditionnelles avec les technologies de registres distribués (DLT) et les instruments tokenisés. En faisant ce choix dès la conception du projet, les Émirats se donnent les moyens d’anticiper cette transition plutôt que de la subir.
Pour Vermeg, ce partenariat confirme son ambition de devenir un acteur incontournable des infrastructures financières de nouvelle génération dans les marchés émergents à forte croissance.
