Déficit commercial UE-Chine : +18 % en 2025, Bruxelles face à un déséquilibre record de 359,8 milliards d’euros

Date:

Selon les données Eurostat publiées jeudi, le déficit commercial de l'Union européenne avec la Chine a bondi à 359,8 milliards d'euros en 2025, en hausse de 18 %. Un record alimenté par la baisse des exportations européennes et la montée en puissance des importations chinoises, dans un contexte de guerre commerciale transatlantique.

Le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine a bondi à 359,8 milliards d’euros en 2025, selon Eurostat. Une hausse de 18 % qui relance le débat sur le détournement des flux commerciaux induit par les droits de douane américains.

Un déséquilibre commercial record avec Pékin

Le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine a atteint 359,8 milliards d’euros en 2025, en hausse de 18 % par rapport aux 304,5 milliards enregistrés l’année précédente. C’est ce que révèlent les données publiées jeudi par Eurostat, qui offrent le premier bilan annuel complet d’une année marquée par la montée en puissance des tensions tarifaires transatlantiques.

Les chiffres sont sans ambiguïté : l’UE a exporté 199,6 milliards d’euros de marchandises vers la Chine, contre 559,4 milliards importés. Les exportations européennes ont reculé de 6,5 % en un an, tandis que les importations chinoises ont progressé de 6,4 % — une dégradation simultanée des deux côtés de la balance commerciale qui sonne l’alarme à Bruxelles.

Les droits de douane américains, catalyseur du déséquilibre ?

L’aggravation du déficit intervient dans un contexte de réorientation profonde des flux commerciaux mondiaux. Depuis que Washington a durci ses tarifs douaniers sur les produits chinois, une question s’impose : une partie des exportations chinoises bloquées aux États-Unis se déverse-t-elle vers les marchés européens ?

Les données semblent plaider en ce sens. D’avril à décembre 2025, les exportations chinoises vers l’UE ont dépassé les niveaux de l’année précédente d’environ 10 % en dollar, selon une analyse publiée en février par le Centre for Economic Policy Research (CEPR). La Banque centrale européenne a, de son côté, confirmé que les droits de douane américains ont effectivement réduit les importations en provenance de Chine d’environ 9 %, poussant Pékin à rediriger ses exportations vers d’autres destinations.

Un effet de détournement à ne pas surestimer

Les chercheurs tempèrent toutefois les interprétations alarmistes. Selon l’étude du CEPR, les effets de détournement commercial se concentrent dans seulement 5 % des produits les plus exposés aux tarifs américains — principalement des biens intermédiaires — et leur impact macroéconomique est qualifié de « vraisemblablement limité ».

La majeure partie de la hausse des importations chinoises en Europe s’expliquerait en réalité par l’expansion des capacités industrielles de la Chine, notamment dans les secteurs des batteries et des véhicules électriques. Ces deux filières ont représenté à elles seules environ 32 % de l’augmentation des exportations chinoises vers l’Europe sur un an.

Bruxelles face à une équation commerciale de plus en plus complexe

Au-delà du seul déficit avec Pékin, l’UE traverse une période d’ajustements commerciaux difficiles. L’excédent global du bloc se réduit, comprimé par la baisse des exportations vers les États-Unis — en recul de 12,6 % sous l’effet des pressions tarifaires américaines — et par une concurrence chinoise toujours plus intense sur les marchés tiers.

La Chine reste la première source d’importations de marchandises de l’UE, avec une part de marché de 22,3 %, selon la Commission européenne. L’électronique et les machines électriques dominent les importations chinoises, représentant près de 30 % du total. En sens inverse, les exportations européennes vers la Chine sont principalement constituées de machines industrielles, de pièces automobiles et de produits pharmaceutiques.

Devant le Parlement européen, le Commissaire au Commerce Maroš Šefčovič a rappelé que le déficit avec la Chine représente « presque le double » de l’excédent européen avec les États-Unis — une formule qui résume, à elle seule, l’ampleur du défi.

Bruxelles réagit, entre surveillance et protection

Face à ces tensions, la Commission européenne a multiplié les initiatives. En avril 2025, elle a lancé un mécanisme formel de surveillance du détournement des échanges commerciaux. Un mois plus tôt, en mars, elle avait présenté l’initiative « Achetez européen » dans les marchés publics, signal clair d’une volonté de protéger l’industrie européenne face à la pression concurrentielle des importations chinoises.

Ces mesures restent pour l’heure d’ordre préventif. Mais avec un déficit commercial qui s’est creusé de près de 55 milliards d’euros en un an, la question de l’équilibre commercial entre l’Europe et la Chine s’impose désormais comme un enjeu stratégique de premier plan pour les institutions communautaires.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

BIAT indicateurs T3 : les titres prennent le relais

Marge d'intérêt en repli, titres en renfort : la BIAT change de moteur. Les titres pèsent désormais 48,9 % de son PNB, contre 46,3 % un an plus tôt. Décryptage des indicateurs du troisième trimestre 2026.

UBCI : le PNB grimpe de 11,1 % à 289,1 MDT au T3 2026

Le portefeuille-titres génère près des trois quarts de la hausse du PNB de l'UBCI. Côté coûts, la discipline est de mise : le coefficient d'exploitation tombe à 65,9 %, soit 3,9 points de gagnés en un an.

Dette française : Moody’s face au risque d’une dégradation

Dégradation ou statu quo ? Moody's rend son verdict sur la note de la France le 23 octobre. Avec une dette à 119 % du PIB et des taux à 10 ans au-dessus de 5 %, les marchés scrutent surtout le budget 2027 et la crédibilité de la trajectoire budgétaire.

IA et cybersécurité : les 5 transformations qui redéfinissent la menace

Phishing généré par IA, agents autonomes, shadow AI : ESET résume en cinq points les transformations que l’IA impose à la cybersécurité et rappelle que les stratégies de sécurité doivent évoluer au même rythme que la technologie.

A lire également
A lire également

Dette française : Moody’s face au risque d’une dégradation

Dégradation ou statu quo ? Moody's rend son verdict sur la note de la France le 23 octobre. Avec une dette à 119 % du PIB et des taux à 10 ans au-dessus de 5 %, les marchés scrutent surtout le budget 2027 et la crédibilité de la trajectoire budgétaire.

Dette française : la Suisse alerte sur un risque de crise de l’euro, la Grèce temporise

La dette française, à plus de 119 % du PIB, inquiète Berne, qui évoque un risque pour la monnaie unique. Athènes y voit plutôt l’effet d’un resserrement mondial des capitaux. Le FMI, lui, rappelle que la dette publique mondiale est à son plus haut niveau depuis la Seconde Guerre mondiale.

BCE : hausse des taux en décembre à 2,75 %, Lagarde alerte sur les marchés obligataires

La BCE privilégie un resserrement à rythme trimestriel et pointe la réunion du 17 décembre pour une hausse de 25 points de base, qui porterait son taux directeur à 2,75 %. Entre faucons et partisans de l’attente, le débat s’intensifie.

Diesel russe : Moscou veut retrouver ses niveaux d’exportation d’avant-guerre grâce à l’accord Trump

Donald Trump lève les sanctions sur le diesel russe pour faire baisser les prix avant les mi-mandat. Moscou promet 3 à 3,5 millions de tonnes par mois d'ici fin d'année ; Kiev, l'Europe et des sénateurs américains dénoncent un accord qui finance la guerre.

Mastercard impose les paiements par carte hors ligne en Europe dès 2027

Les nouvelles cartes Mastercard émises en Europe dès février 2027, puis les nouveaux terminaux dès mai, devront autoriser des achats jusqu'à 200 € sans connexion. Le dispositif, testé dans les pays nordiques et baltes, a ses limites.

Commerce UE-Chine : l’Europe creuse un déficit de plus d’un milliard d’euros par jour

Le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine dépasse désormais 1 milliard € par jour. Les importations de voitures hybrides rechargeables chinoises ont bondi de 86 % en un an. Bruxelles cherche à rééquilibrer la relation, un dossier au menu du sommet européen d’octobre.

UniCredit en Russie : Poutine autorise la scission et la vente de la filiale

Moscou a validé la scission de la filiale russe d'UniCredit. Un investisseur émirati est pressenti pour reprendre l'essentiel de l'activité, hors paiements. Finalisation visée au premier semestre 2027.

Dette : la France s’apprête à emprunter un record de 340 milliards d’euros en 2027

Record de 340 milliards d’euros d’émissions en 2027 : l’Agence France Trésor doit refinancer des emprunts contractés à taux très bas, avec un taux à 10 ans à 4,90 %. La charge de la dette atteindra 72,9 milliards d’euros.