BIAT indicateurs T3 : les titres prennent le relais

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À fin septembre 2026, la BIAT porte son produit net bancaire à 1 236,1 MDT (+3,4 %). La marge d'intérêt recule de 5,3 %, mais le portefeuille-titres, en hausse de 9,2 %, comble l'écart. Les dépôts, eux, grimpent de 9,0 %.

À fin septembre 2026, la Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT) affiche un produit net bancaire (PNB) de 1 236,1 MDT, en hausse de 3,4 % sur un an. Cette croissance ne vient plus de la marge d’intérêt, en recul de 5,3 %, mais des revenus du portefeuille-titres (+9,2 %) et des commissions (+6,2 %). Au seul troisième trimestre, le PNB progresse de 6,5 %.

Les chiffres sont tirés des indicateurs d’activité publiés par la banque au 30 septembre 2026. Ce sont des données provisoires, ni auditées ni revues par les commissaires aux comptes. Union Capital les a décryptées.

Un PNB de 1 236,1 MDT porté par les titres, pas par les crédits

Le PNB de la BIAT atteint 1 236,1 MDT sur neuf mois. Le chiffre masque un changement dans la composition des revenus : trois blocs évoluent dans des sens très différents.

Marge d’intérêt : 22,9 MDT en moins

La marge d’intérêt, activité historique de toute banque de dépôt, passe de 428,9 MDT à 405,9 MDT. Les intérêts perçus reculent de 0,6 %, tandis que les intérêts encourus augmentent de 2,3 %. Les revenus du crédit stagnent donc pendant que le coût des ressources s’alourdit.

Commissions : une progression solide mais plus modeste

La marge sur commissions gagne 6,2 %, de 212,6 MDT à 225,8 MDT, soit 13,1 MDT supplémentaires. C’est une contribution utile, mais insuffisante pour absorber à elle seule le recul de la marge d’intérêt.

Portefeuille-titres : 48,9 % du PNB

C’est le portefeuille-titres et opérations financières qui fait la différence. Ses revenus passent de 553,6 MDT à 604,4 MDT (+9,2 %), soit 50,7 MDT de plus. Il représente désormais 48,9 % du PNB, contre 46,3 % un an plus tôt. Près d’un dinar de revenu sur deux provient ainsi des titres.

Cette dépendance est classique dans un secteur bancaire tunisien où les titres, notamment publics, occupent une place importante dans les bilans. Elle rend toutefois la dynamique des revenus plus sensible à l’évolution des rendements des titres.

Charges maîtrisées, coefficient d’exploitation stable

Les charges opératoires s’établissent à 558,1 MDT (+3,7 %). Leur croissance est à peine supérieure à celle du PNB, et elle masque des trajectoires contrastées :

  • les frais de personnel atteignent 324,5 MDT (+5,6 %) ;
  • les charges générales d’exploitation reculent légèrement à 193,5 MDT (−0,3 %) ;
  • les autres charges, calculées par différence, s’élèvent à 40,0 MDT (+9,5 %).

Le résultat brut d’exploitation (RBE, soit le PNB moins les charges opératoires) ressort à 678,0 MDT, contre 657,1 MDT un an plus tôt (+3,2 %). Le coefficient d’exploitation reste quasi inchangé, à 45,2 % contre 45,0 %.

Le troisième trimestre se détache nettement. Le RBE y bondit de 10,7 % et le coefficient d’exploitation tombe à 42,9 %, contre 45,0 % un an plus tôt. Ce meilleur rendement opérationnel de l’été n’est pas encore visible dans le cumul sur neuf mois.

Dépôts : une collecte 4,5 fois supérieure à la hausse des crédits

Le bilan confirme le décalage entre l’activité de collecte et celle de financement.

Les dépôts de la clientèle passent de 21 570,2 MDT à 23 517,6 MDT (+9,0 %), soit une collecte additionnelle de 1 947,5 MDT. Tous les compartiments avancent : dépôts à vue (+9,2 %), dépôts d’épargne (+10,3 %), dépôts à terme et autres (+7,5 %).

Les crédits nets à la clientèle progressent bien plus lentement, de 12 888,2 MDT à 13 324,4 MDT (+3,4 %), soit 436,2 MDT de plus. La collecte représente environ 4,5 fois la hausse des crédits. Le ratio crédits/dépôts s’établit à 56,7 %.

Cette liquidité abondante explique en partie l’essor du portefeuille-titres d’investissement, qui progresse de 12,9 % pour atteindre 7 991,9 MDT.

Ce qu’il faut retenir pour la suite

La BIAT a compensé un recul de sa marge d’intérêt par ses activités de marché et ses commissions, sans dégrader son efficience : le coefficient d’exploitation reste stable à 45,2 %, et le troisième trimestre est nettement meilleur que le cumul. Reste à savoir si cette configuration est durable. Elle dépend du rendement des titres et d’un redémarrage du crédit, dont la croissance (+3,4 %) reste très inférieure à celle des dépôts (+9,0 %).

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