Vladimir Poutine a signé un décret en faveur d’UniCredit. La banque italienne peut désormais scinder sa filiale russe en deux, puis vendre l’entité nouvellement créée. Le gouvernement russe a publié le texte lundi 5 octobre sur son site. Ce feu vert lève un obstacle majeur à l’un des derniers grands départs de banques occidentales de Russie. UniCredit prévoit de finaliser l’opération au premier semestre 2027.
Pourquoi l’aval du Kremlin était indispensable
Cet aval était nécessaire. En effet, la Russie restreint les transactions sur les actifs détenus par des investisseurs de pays qu’elle juge « inamicaux ». L’Italie en fait partie. Selon Meduza, le décret précise qu’aucune autre autorisation n’est requise pour vendre les actifs russes.
Pour autant, l’opération reste encadrée. D’une part, la banque centrale russe doit approuver tout départ. D’autre part, les autorités occidentales surveillent ces opérations de près, à cause des sanctions. Un représentant d’UniCredit n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat, a rapporté Reuters.
La structure de l’accord
UniCredit a annoncé en mai un accord non contraignant. Il prévoit la cession d’une partie de sa banque russe à un « investisseur privé bien établi » des Émirats arabes unis. Ainsi, UniCredit conservera l’entière propriété de son activité de paiements en Russie. L’acquéreur, que la banque n’a pas nommé, reprendra le reste. Le montant de la transaction n’a pas été révélé.
Concrètement, le décret autorise UniCredit Bank à scinder une nouvelle société. Les actions de celle-ci reviendront à son actionnaire unique, la maison mère italienne. Le texte autorise aussi l’achat de 100 % des actions de la banque, selon Meduza.
Par ailleurs, Meduza rappelle une information de Kommersant. D’après le quotidien, un consortium émirati intéressé par la banque agissait pour le compte d’Alfa Group.
Des banques occidentales sous pression pour quitter la Russie
UniCredit, l’autrichien Raiffeisen Bank International et le hongrois OTP figurent depuis longtemps parmi les plus grandes banques occidentales présentes en Russie. Pourtant, les régulateurs européens les poussaient à se retirer. Toutes trois ont poursuivi leurs activités dans le pays après l’invasion de l’Ukraine en 2022.
UniCredit et Raiffeisen sont les seules banques occidentales inscrites sur la liste russe des établissements de crédit d’importance systémique. Depuis 2022, la cession d’actifs des banques de cette liste exige l’autorisation du président.
Intesa Sanpaolo, une autre banque italienne, a reçu un décret présidentiel similaire en septembre 2023. Néanmoins, elle n’a toujours pas rompu ses liens avec la Russie.
Moscou durcit la main sur les actifs occidentaux
Ce feu vert arrive alors que Moscou s’empare d’autres entreprises détenues par des Occidentaux. En septembre, Vladimir Poutine a placé les actifs russes de Nestlé et d’Auchan sous contrôle temporaire de l’État. De son côté, le Kremlin a pris le contrôle de la filiale russe de Metro AG.
Du côté européen, la situation a aussi évolué. En juillet, l’UE a approuvé une dérogation limitée aux sanctions. Grâce à elle, UniCredit a finalisé une opération longtemps retardée. Celle-ci concernait son ancienne filiale ukrainienne et les hommes d’affaires russes Mikhaïl Fridman et Petr Aven. Depuis, l’UE a retiré Mikhaïl Fridman de sa liste de sanctions.
