La Grande-Bretagne ciblée et menacée économiquement par la Chine, selon une commission parlementaire

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La menace que représente la Chine pour la sécurité nationale britannique est abordée de manière « totalement inadéquate », l’accent étant trop mis sur des considérations économiques à court terme plutôt que sur les risques à long terme, a déclaré jeudi une commission parlementaire.

La Chine utilise ses vastes services de renseignement pour cibler la Grande-Bretagne et ses intérêts « de manière prolifique et agressive », cherchant à influencer et à pénétrer tous les aspects de l’économie britannique, selon l’Intelligence and Security Committee (ISC).

Depuis les universités, un « terreau fertile » pour développer les stratégies d’influence politique, à la dépendance excessive à l’égard de la technologie chinoise, le gouvernement a trop favorisé les investissements au détriment des risques potentiels pour la sécurité, a déclaré la commission dans un rapport.

« Le gouvernement a accepté l’argent chinois sans poser de questions », a déclaré à la presse Julian Lewis, président de l’ISC.

« Mais sans une action rapide et décisive, nous nous dirigeons vers un scénario cauchemardesque où la Chine vole des plans, établit des normes et construit des produits, en exerçant une influence politique et économique à chaque étape », a-t-il déclaré, ajoutant que cela représentait potentiellement « une menace existentielle pour les systèmes démocratiques libéraux ».

L’ambassade de Chine à Londres n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a subi des pressions de la part de certains membres de son parti conservateur pour qu’il adopte une position plus dure à l’égard de la Chine, mais il s’est efforcé de suivre une ligne de crête en affirmant que l’Occident ne devait pas se dissocier de Pékin.

En réponse au rapport, il a déclaré que la Chine représentait « un défi majeur pour l’ordre international », faisant écho aux dernières recommandations pour la sécurité britannique qui s’abstiennent de décrire la Chine comme une menace.

Rishi Sunak a déclaré que le gouvernement avait pris des mesures pour réduire la dépendance du Royaume-Uni à l’égard de la technologie chinoise et pour éviter les ingérences, mais qu’il souhaitait entretenir des relations « ouvertes » et « constructives » avec la Chine.

« Nous ne sommes pas satisfaits et nous sommes tout à fait conscients qu’il reste encore beaucoup à faire », a-t-il déclaré dans un communiqué.

La commission, qui supervise les travaux de la communauté britannique du renseignement, a déclaré que l’impact de la Chine sur la sécurité nationale britannique était manifeste, à travers des rachats, des fusions et de son interaction avec le monde universitaire et l’industrie, mais que ces éléments dépassaient le cadre de l’enquête de la commission.

Celle-ci a critiqué le gouvernement britannique, estimant que son attention était accaparée par des menaces à court terme, et a déclaré que les ministres devaient veiller à ce que les préoccupations en matière de sécurité ne soient pas « constamment éclipsées par l’intérêt économique ».

« Nous avons constaté que le niveau des ressources consacrées à la lutte contre la menace posée par l’approche globale de l’Etat de la Chine était totalement inadéquat, et que la lenteur avec laquelle les stratégies et les politiques sont élaborées et mises en œuvre laissait beaucoup à désirer », a déclaré l’ISC.

Les dirigeants des agences d’espionnage britanniques ont formulé des avertissements similaires lors de leurs rares commentaires publics, présentant la Chine comme la principale priorité du pays en matière de renseignement.

« Le défi que représente la montée en puissance de la Chine soulève d’énormes questions pour l’avenir de l’alliance occidentale », a déclaré à l’ISC Ken McCallum, chef du MI5, le service de renseignement extérieur britannique.

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