Croissance économique en Allemagne : la Bundesbank reste pessimiste jusqu’en 2027

Date:

La Bundesbank anticipe une stagnation économique prolongée en Allemagne, malgré les projets ambitieux de dépenses publiques. Le redressement du PIB ne se concrétisera qu’en 2027, freiné par la guerre commerciale, le recul des exportations et les difficultés du secteur industriel.

Une reprise lente malgré les dépenses publiques

La Bundesbank a averti vendredi que la croissance économique de l’Allemagne sera plus faible que prévu en 2025. Malgré les efforts du gouvernement pour accroître les dépenses publiques, notamment dans l’infrastructure et la défense, ces mesures n’auront un impact significatif sur l’économie qu’à partir de la fin 2027.

Une contraction unique au sein du G7

L’Allemagne demeure la seule économie du G7 à avoir enregistré une contraction au cours des deux dernières années. Ce recul s’explique par une série de facteurs structurels et conjoncturels, dont l’affaiblissement de l’industrie nationale, la baisse des exportations et la guerre commerciale menée par les États-Unis, qui a introduit de nouveaux droits de douane.

La guerre commerciale fragilise l’industrie exportatrice

Joachim Nagel, président de la Bundesbank, souligne que « les nouveaux droits de douane américains et l’incertitude liée à la politique commerciale des États-Unis freinent actuellement la croissance économique ». Ce climat d’instabilité a frappé l’industrie allemande au moment où celle-ci commençait à peine à se redresser après une période prolongée de faiblesse.

Des exportations en chute, une reprise lointaine

Selon les prévisions économiques semestrielles de la Bundesbank, les exportations allemandes devraient fortement chuter en 2025 et n’afficher qu’une faible hausse en 2026. Cette tendance pèsera non seulement sur la croissance du PIB, mais également sur l’emploi et l’évolution des salaires. La dynamique industrielle, déjà fragilisée, risque de se détériorer davantage.

Un secteur industriel structurellement affaibli

Le vaste secteur industriel allemand est en récession depuis plusieurs années. Parmi les causes : les coûts élevés de l’énergie, la concurrence agressive des pays asiatiques, ainsi qu’une demande en recul pour certains produits traditionnels, notamment dans le secteur automobile, jugés obsolètes face aux nouvelles normes et technologies.

Des prévisions de croissance inférieures aux estimations européennes

La Bundesbank prévoit une stagnation de l’économie en 2025, suivie d’une croissance modeste de 0,7 % en 2026. Cette estimation est nettement inférieure aux prévisions du gouvernement allemand et de la Commission européenne, qui tablent tous deux sur une croissance d’au moins 1 % pour cette même année.

En avril dernier, les principaux instituts économiques allemands avaient déjà revu leurs prévisions à la baisse, tablant sur une croissance de seulement 0,1 % pour 2025, contre 0,8 % anticipés en septembre 2024. Ces ajustements intégraient déjà les effets des nouveaux droits de douane américains sur l’acier, l’aluminium et l’automobile.

Une embellie temporaire début 2025

Malgré ces perspectives globalement moroses, le premier trimestre 2025 a affiché une performance économique plus robuste qu’attendu. La progression des exportations et de la production manufacturière, juste avant l’application des nouvelles mesures protectionnistes américaines, a temporairement soutenu l’activité.

Un soutien budgétaire à long terme

Face à ces difficultés, le gouvernement allemand mise sur une augmentation des dépenses publiques. La réforme du « frein à l’endettement », adoptée en mars dernier, permet une plus grande flexibilité budgétaire. Les investissements massifs prévus dans les infrastructures et la défense devraient porter leurs fruits à plus long terme.

« Nous nous attendons à ce que les dépenses publiques supplémentaires en matière de défense et d’infrastructure augmentent de manière significative la croissance du PIB d’ici la fin de l’année 2027 », a déclaré Joachim Nagel.

Partager l'article:

Articles Recents

S'abonner

VIDÉOS SPONSORISÉES
VIDÉOS SPONSORISÉES

00:00:30

OPPO Reno12 : L’Alliance Parfaite entre Design, Intelligence Artificielle et Performance

Les séries Reno12 d'OPPO marquent une avancée significative dans le domaine de la photographie mobile grâce à l'intégration poussée de l'intelligence artificielle.
00:02:15

Abdelaziz Makhloufi, PDG de Cho Group, met en lumière l’excellence de l’huile d’olive tunisienne sur BFM Business

Fort de son expertise reconnue dans le secteur oléicole, Abdelaziz Makhloufi, Président-directeur général du groupe Cho, a saisi l'opportunité de l'émission BFM Business pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'échelle internationale.
00:00:32

Lancement du nouveau Huawei Nova Y61

Huawei Consumer Business Group annonce le lancement du HUAWEI nova Y61, le plus récent smartphone de la série HUAWEI nova Y.

CONTENUS SPONSORISÉS
CONTENUS SPONSORISÉS

Entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud : Tunis fédère les acteurs régionaux autour d’un Manifeste pour la transition verte

À l’issue d’une conférence internationale à Tunis, les acteurs de l’entrepreneuriat durable en Méditerranée du Sud ont adopté un Manifeste structurant autour de dix axes clés pour accélérer la transition vers l’économie verte et circulaire.

Ramadan : Un Mois Propice pour rompre avec la cigarette

Le mois sacré de Ramadan offre une opportunité unique pour ceux qui désirent se libérer de l'emprise de la cigarette.

OPPO A78, le nouveau smartphone bientôt en Tunisie

OPPO, la marque leader sur le marché mondial des appareils connectés, vient d’annoncer l’arrivée sur le marché tunisien de son dernier smartphone A78, à partir du 1er septembre 2023.
00:03:27

OPPO Tunisie lance les nouveaux smartphones Reno8 T 4G, Reno8 T 5G, un design élégant et une fluidité totale

OPPO vient d’annoncer le lancement, en Tunisie, de ses derniers modèles de smartphones de la série Reno, les nouveaux Reno8 T et Reno8 T 5G, avec une offre spéciale durant tout le mois de mars 2023.

A lire également
A lire également

La BCE devrait maintenir ses taux inchangés lors de la réunion de février

Réunie début février, la BCE devrait prolonger sa pause monétaire avec un taux de dépôt maintenu à 2 %. L’appréciation de l’euro, une inflation autour de 2 % et une croissance plus résistante que prévu incitent les décideurs à la prudence.

Royaume-Uni – Chine : 15 milliards $ d’investissement et baisse des droits de douane lors de la visite de Keir Starmer à Pékin

Première visite d’un dirigeant britannique en Chine depuis huit ans : Keir Starmer obtient 15 milliards $ d’investissement d’AstraZeneca, une baisse des taxes sur le whisky et de nouveaux axes de coopération économique et sécuritaire avec Pékin.

Davos 2026 : le Forum économique mondial s’achève sur l’alerte d’une fragmentation accélérée de l’ordre mondial

Le Forum économique mondial 2026 s’est conclu sur un avertissement clair : la guerre économique devient un risque central. Entre menaces tarifaires, rivalités entre grandes puissances et inquiétudes des entreprises, Davos a révélé un monde plus divisé que jamais.

Accord Inde-UE : l’Inde réduit les droits de douane sur les voitures européennes de 110 % à 40 %

L’Inde va abaisser les droits de douane sur des voitures européennes de 110 % à 40 %, avec un objectif final de 10 %. Cette ouverture progressive du troisième marché automobile mondial pourrait rebattre les cartes pour Volkswagen, BMW, Mercedes et d’autres constructeurs.

Le dollar signe sa pire semaine en 8 mois : l’euro dépasse 1,18 $ et la livre sterling s’envole

La devise américaine recule nettement tandis que l’euro dépasse 1,18 $ et que la livre grimpe à 1,36. Données économiques solides au Royaume-Uni et doutes sur la stabilité politique et monétaire américaine pèsent sur le dollar.

Tensions transatlantiques : l’Europe envisage un boycott du Mondial 2026 organisé aux États-Unis

Des responsables politiques et du football européen appellent à un éventuel boycott du Mondial 2026 aux États-Unis, alors que Donald Trump menace l’Europe de lourds tarifs douaniers liés au Groenland, ravivant les tensions transatlantiques.

Tensions Chine-UE : Pékin réclame une « approche ouverte » face au protectionnisme technologique de Bruxelles

Entre tensions sur les subventions et restrictions technologiques, Pékin et Bruxelles jouent l'équilibre. Découvrez les enjeux du bras de fer économique après les déclarations d'Emmanuel Macron à Davos et les nouvelles mesures de l'UE.

Droits de douane, Groenland et Coupe du monde : la nouvelle crise transatlantique déclenchée par Donald Trump

Face aux menaces tarifaires de Donald Trump liées au Groenland, l’Allemagne envisage un boycott historique de la Coupe du monde 2026. L’Union européenne prépare des représailles économiques pouvant atteindre 93 milliards d’euros, tandis que l’unité européenne se renforce face à la pression américaine.