ZONE EURO La croissance restera soutenue en 2018 mais commencera à se tasser en 2019


La zone euro devrait afficher une croissance supérieure à sa tendance en 2018. Après plusieurs années de sous-investissement, les dépenses en capital continueront à se redresser. Les indices de confiance des consommateurs suggèrent toujours une forte demande intérieure à venir. Le trou d’air du début 2018 semble expliqué par l’impact négatif des prix du pétrole plus élevés, des effets de l’appréciation de l’euro en 2017 et des incertitudes croissantes par rapport à la politique commerciale des États-Unis. La croissance devrait néanmoins rester dynamique, soutenue par l’amélioration de l’emploi, une forte consommation privée et un policy-mix toujours accommodant. Le commerce international reste soutenu aussi bien pour les exportations intra- que extra-zone euro en 2018/19.

2019 devrait être moins dynamique. Le cycle d’investissement commencera à se retourner après trois ans de forte croissance. Les taux d’intérêt et les primes de risques sont attendus en hausse sous l’effet de la normalisation de la politique monétaire. En juin, la BCE a déclaré qu’elle maintiendrait les taux à leur niveau actuel au moins jusqu’à la fin de l’été 2019. Elle a fixé un calendrier pour mettre fin au QE, réduisant les achats d’actifs de moitié après septembre et finissant complétement le programme après décembre 2018.
L’inflation devrait légèrement accélérer dans les trimestres à venir sous l’effet de la dépréciation de l’euro et de l’apparition des contraintes d’offre. Elle resterait inférieure à 2 % en 2018-2019. L’inflation pourrait accélérer plus fortement si toutefois les goulots d’étranglement sur le marché du travail venaient à se renforcer, auquel cas le resserrement monétaire interviendrait plus tôt, alors même que la croissance commencerait à s’essouffler.

La montée du protectionnisme et les incertitudes politiques minant le soutien à la coopération européenne sont les principaux risques. Comme observé en avriljuin, lorsque les marchés ont réévalué le risque politique en Italie, les fragilités perçues en matière de coordination des politiques économiques peuvent finalement nuire à la confiance et nuire à la croissance économique.

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