Un PNB en hausse de 4,7%, soutenu par le portefeuille d’investissement
Le produit net bancaire (PNB) global des banques résidentes en Tunisie a enregistré une croissance de 4,7% durant l’année 2025. Il s’est établi à 8 399 millions de dinars (MD), contre une progression de 5,5% à fin 2024. Ces chiffres figurent dans l’édition 2025 du rapport annuel sur la Supervision Bancaire, publiée mercredi par la Banque Centrale de Tunisie (BCT).
Cette croissance s’explique d’abord par la forte progression des revenus du portefeuille d’investissement, en hausse de 37,3%. Elle est portée notamment par l’augmentation notable des revenus des bons du Trésor, qui bondissent de 41,4%.
La marge d’intérêts recule de 14,9%
Le tableau est toutefois contrasté. La marge d’intérêts globale a fortement régressé de 14,9%, soit 554 MD. Ce repli est lié à la faible croissance de l’activité de crédit et à la décote de 50% des taux d’intérêt sur les crédits à long terme à taux fixe.
Les commissions nettes, de leur côté, n’ont progressé que de 1,5%. Autrement dit, la hausse du PNB repose avant tout sur les revenus des placements, notamment en bons du Trésor, plus que sur l’activité de crédit proprement dite.
Un résultat net de 1 655 MD, en progression de 5%
Selon le document de la BCT, l’année 2025 s’est soldée par un résultat net de 1 655 MD, en progression de 5% par rapport à l’année précédente. Cette performance a permis de maintenir les indicateurs de rentabilité du secteur à un niveau satisfaisant.
17 banques bénéficiaires, 5 en déficit
Au titre de l’exercice 2025, 17 banques résidentes ont affiché un résultat bénéficiaire, pour un bénéfice cumulé de 1 778,7 MD. À l’inverse, 5 banques ont enregistré un résultat déficitaire, s’élevant à 123,5 MD, d’après la même source.
Le bénéfice cumulé des banques bénéficiaires a été affecté à hauteur de 49,4% en réserves. Les dividendes distribués ont augmenté pour s’établir à 899 MD, soit 50,6% du bénéfice.
Un secteur de 47 établissements
Pour rappel, le secteur bancaire et financier tunisien regroupe 47 établissements, dont 29 agréés en tant que banques et 18 ayant la qualité d’établissements financiers. Les 29 banques se répartissent entre 22 banques résidentes et 7 banques non résidentes.
Banques islamiques : un PNB en hausse de 12,8%
Les banques s’adonnant à des opérations islamiques ont enregistré une amélioration de leur PNB de 12,8%, à 713 MD, contre 632 MD en 2024. Leur coefficient d’exploitation s’est lui aussi amélioré, de 0,7 point de pourcentage par rapport à 2024, pour se situer à 52,6% à fin 2025.
Le résultat net, en revanche, est en recul. Comme le souligne le rapport de la BCT :
« Compte tenu d’un effort net de provisionnement de 146 MD, le résultat net global des banques islamiques a diminué de 16,1% à 105 MD, affecté à concurrence de 85,9% en réserves »
Leasing : le produit net progresse de 9,2%
Les sociétés de leasing ont réussi à faire progresser leur produit net de leasing (PNL) de 9,2%, pour atteindre 340 MD. Ce PNL provient essentiellement de la marge d’intérêts, qui en représente 87,6%, des gains sur portefeuille titres à hauteur de 10,6% et des commissions nettes pour 1,8%. La structure est donc identique à celle de 2024.
Le résultat net global du secteur du leasing s’est amélioré de 12,5%, en dépit d’un effort de provisionnement plus important qu’en 2024 (33 MD contre 22 MD). Le coefficient d’exploitation a légèrement augmenté, passant de 39,1% en 2024 à 39,4% en 2025.
Banques non résidentes : un PNB en repli de 11,9%
Le rapport de la BCT fait état d’une régression du produit net bancaire des banques non résidentes de 11,9%, à 91,2 millions de dollars (MUSD), soit 273,2 MD. Cette baisse tient, selon le document, à « la baisse significative de la marge d’intérêts de 34,3% », expliquée principalement par « l’effet cumulé de la diminution du niveau d’activité en 2025 et de la baisse du rendement des opérations de placement ».
Dans ce contexte, le résultat net global de ces banques a fortement baissé de 24,2%, à 24,2 MUSD (72,5 MD).
Factoring : une forte contraction des résultats
Les établissements de factoring, qui proposent des financements immédiats à des sociétés en échange de leurs factures clients en cours, affichent des résultats nettement dégradés. Ils ont enregistré :
« une baisse significative de 30,9% au niveau de leur produit net de factoring »
Celui-ci n’a pas dépassé 18,5 MD, en raison de :
« la diminution de la marge d’intérêt de 29,7%, sous l’effet combiné de la baisse du niveau moyen d’activité en 2025 et du repli du rendement du factoring de 1,4 point de pourcentage, à 9,8% »
Conséquence directe : le résultat net global des établissements de factoring a enregistré une forte contraction de 69%, à 3,4 MD.
Sociétés de paiement : des pertes toujours élevées
Les sociétés de paiement sont parvenues à accroître leur produit net de paiement consolidé, qui atteint 20 MD. Ce résultat demeure toutefois, selon le document de la BCT, « insuffisant et ne permet pas de couvrir les importantes charges d’exploitation ».
Elles ont par conséquent affiché des pertes estimées à 17,3 MD, soit presque le même niveau que celui enregistré au titre de l’exercice 2024.
