Commerce électronique: Les paiements en ligne multipliés par 4 entre 2019 et 2020

Commerce électronique, Le développement du commerce électronique n’est pas uniquement l’affaire du Gouvernement. D’autres acteurs sont concernés tels que les banques qui doivent être plus réactives.

La crise sanitaire a eu un impact sur le nombre de paiements en ligne mais avec un effet limité sur le volume. En effet, durant la phase postérieure au confinement, l’augmentation mensuelle moyenne du nombre de paiements en ligne a été de 7,8%. En volume, cette moyenne n’a été que de 7,8% contre -13,1% avant le COVID. Cette situation s’explique par le changement de comportement des consommateurs qui n’hésitent pas à effectuer des paiements en ligne surtout pour effectuer une recharge téléphonique, payer une facture ou commander un service auprès de l’administration. Le Covid vient changer la donne. Les indicateurs font montre qu’en 2020, le nombre de paiements en ligne s’est élevé à 4,8 millions contre 2,9 millions en 2019 enregistrant une augmentation de 1,9 millions de transactions.

Le Bulletin e-commerce publié en février 2021, fait ressortir que le volume des paiements en ligne a atteint 276 MD contre 224 MD à fin 2019 enregistrant une hausse de 52 MD. Cette situation s’explique par une diminution des achats de certains services, particulièrement ceux liés au tourisme et aux voyages et dont le panier moyen est relativement élevé (513 D), conjuguée à une augmentation du nombre d’achats d’autres services tels que le paiement de services en faveur de l’administration (E-Gov) dont le panier moyen est très bas (42 D). « Le secteur du tourisme et des voyages, qui représentait 5,4% en nombre et 35,6% en volume du total des paiements en ligne durant 2019, a connu une baisse substantielle pour ne représenter en 2020 que 2,6% en nombre et 20,7% en volume », souligne le document.

Le tourisme a vu sa part diminuer de 51,9% en nombre et 41,9% en volume

Selon les derniers indicateurs approximatifs, la part des paiements en ligne en faveur de l’administration en 2019 est passée de 6,4% en nombre et 2,9% en volume à, respectivement, 22,0% et 16,1% en 2020. L’E-Gov a vu sa part augmenter, respectivement, de 243,8% et 455,2%.

En ce qui concerne la part des recharges téléphoniques, elle a, par contre, connu une baisse de 19,3% en nombre avec une augmentation en montant de 35%. Le tourisme a vu sa part diminuer de 51,9% en nombre et 41,9% en volume.

La majorité des transactions sont réglées en espèces à la livraison. Cette situation pourrait probablement s’expliquer par trois facteurs Absence d’équipement systématique de tous les acheteurs en cartes bancaires, manque de confiance dans le produit et/ou dans le vendeur, ainsi que le choix du paiement à la livraison permet à l’acheteur de s’assurer de la livraison de la marchandise et de vérifier sa qualité.

Tout le monde s’est mis au commerce électronique, mais …

En termes de paiements en ligne, les volumes enregistrés n’ont pas été à la hauteur des attentes malgré l’entrée en lice de nouveaux acteurs. En effet, plusieurs commerçants qui ont ouvert des sites marchands n’ont pas adopté de système de paiement en ligne et se sont limités au paiement en espèces à la livraison. De même, tous ceux qui ont utilisé les réseaux sociaux pour écouler leurs marchandises n’ont pas d’autres alternatives que de se faire payer à la livraison en espèces.

Certes, l’offre sur le web a augmenté et, suite à la crise du COVID, tout le monde s’est mis au commerce électronique, mais le nombre de paiements en ligne n’a, toutefois, pas suivi car on continue à privilégier le paiement en espèces.

Le Gouvernement doit veiller à l’application des lois

Toujours selon la même source, « le Gouvernement ne cesse de s’impliquer par sa participation dans l’écosystème à travers la digitalisation de ses services (paiement des infractions routières, rechargement des tags de télépéage, inscription des élèves et des étudiants à distance, règlement des redevances de la visite technique, règlement des cotisations sociales …etc.) dont les paiements en ligne ont été multipliés par 4 entre 2019 et 2020, mais il pourrait contribuer davantage à travers des mesures spécifiques telles que l’instauration d’avantages fiscaux qui peuvent être accordés aux acheteurs et aux vendeurs en ligne ».

Le document indique que d’autres mesures pourraient être adoptées en vue d’encourager le commerce électronique particulièrement à l’exportation : Ces mesures concerneraient la facilitation des procédures douanières et l’assouplissement de la réglementation de change. Il est important de rappeler que l’assouplissement de la réglementation de change répondrait aux exigences de PayPal pour autoriser les transferts vers la Tunisie. L’acceptation de PayPal par les sites tunisiens pourrait contribuer au développement considérable des exportations en ligne, étant donné que, pour beaucoup de personnes, PayPal confère plus de sécurité que l’utilisation d’une carte bancaire. De même, le Gouvernement ne doit pas se limiter à la promulgation de lois mais veiller à leur application. A titre d’exemple, l’application de l’article 30 de la loi sur les échanges et le commerce électroniques relatif au droit de rétractation, ne manquera surement pas de renforcer la confiance dans les achats en ligne ».

Une stratégie nationale qui identifie tous les obstacles

En réalité, le développement du commerce électronique n’est pas uniquement l’affaire du Gouvernement. D’autres acteurs sont concernés, tels que les banques qui doivent être plus réactives et se rapprocher des vendeurs en leur facilitant l’accès au kit de paiement en ligne. De même, les plateformes de commerce électronique et les places de marché favoriseraient à coup sûr le développement du commerce électronique.

De toutes les manières, il y a lieu de mettre en place une véritable stratégie nationale qui identifie tous les obstacles en vue d’apporter les solutions qui permettent de créer un véritable écosystème pérenne et profitable à tous. Le commerce électronique n’est pas uniquement le paiement. Il s’agit en fait d’un maillon dans une chaine constituée par l’offre, le paiement et la logistique. Il reste encore beaucoup à faire …

K.A

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