La Tunisie fait désormais partie des partenaires importants d’Ecomondo en Méditerranée. C’est ce qu’a affirmé la directrice du salon, Alessandra Astolfi, dans une déclaration à l’agence TAP. Son argument tient à l’intérêt du pays pour l’économie circulaire, en particulier le recyclage du plastique et sa réintégration dans le cycle industriel. Ecomondo, rendez-vous de référence des technologies vertes et de l’économie circulaire, se tient à Rimini, en Italie. Il se poursuit jusqu’à vendredi.
Une présence tunisienne en hausse constante
Selon Alessandra Astolfi, le nombre de participants tunisiens progresse chaque année. Elle y voit le signe d’un intérêt grandissant pour la transition écologique et énergétique.
Elle a rappelé qu’un événement promotionnel s’était tenu à Tunis l’an dernier, réunissant investisseurs et organisations. Son objectif était de faire connaître les opportunités d’investissement du secteur.
Déchets métalliques, résidus agricoles, DEEE : les filières visées
La coopération ne se limite pas au plastique. Elle porte aussi sur la valorisation des déchets métalliques, des résidus agricoles et des déchets d’équipements électriques et électroniques.
Ces derniers retiennent particulièrement l’attention. Ils contiennent des matières premières vitales et stratégiques, dont l’importance grandit avec la transition écologique et énergétique. Pour la directrice d’Ecomondo, la Tunisie est un partenaire important pour développer ces filières aux côtés des pays européens.
Horizon Europe : un accès élargi aux financements de recherche
Le président du comité scientifique et technique d’Ecomondo, Fabio Fava, a apporté un second éclairage à la TAP. Le statut de la Tunisie, pays partenaire du programme européen de recherche et d’innovation Horizon Europe, lui offre des chances supplémentaires de participer aux projets de recherche et technologiques du continent.
Il voit une opportunité dans la présence au salon de la Commission européenne, de son Centre commun de recherche et de sa direction générale de la recherche et de l’innovation. Elle permet aux chercheurs, institutions et universités tunisiens de s’informer sur les financements à venir et de nouer des partenariats avec leurs homologues européens. Le programme consacre 15 milliards d’euros à l’année 2027.
40 entreprises tunisiennes, dont 14 parmi les acheteurs invités
La participation des entreprises tunisiennes atteint 40 cette année. Quatorze d’entre elles figurent parmi les acheteurs internationaux invités, un groupe de plus de 1 000 acheteurs venus d’Europe, du Moyen-Orient, d’Asie, d’Afrique et des Amériques.
Biochar : la recherche tunisienne s’affiche à Ecomondo
La dimension scientifique n’est pas en reste. Le salon a accueilli une affiche scientifique du chercheur Abdelhalim Latrach, consacrée à la transformation des déchets organiques en biochar.
Hasna, de Tataouine à la scène méditerranéenne
Mercredi, la start-up tunisienne Hasna pour les services pétroliers a participé à une session sur la pollution pétrolière en Méditerranée. Celle-ci était organisée par le comité scientifique et technique d’Ecomondo et le Centre euro-méditerranéen sur les changements climatiques, avec la direction générale de la recherche et de l’innovation de la Commission européenne.
Basée à Tataouine, l’entreprise y a présenté son savoir-faire : nettoyage de cuves, gestion des déchets dangereux et traitement des eaux polluées par les huiles. Selon son jeune directeur, Achraf Gorsane, ces domaines sont essentiels pour limiter l’impact durable des hydrocarbures sur les écosystèmes marins et côtiers. Il l’a déclaré à la TAP, en réaffirmant l’engagement de la société en faveur des solutions durables et des pratiques responsables.
La société estime que les compétences tunisiennes offrent des perspectives prometteuses face aux défis environnementaux. Elle souligne aussi que les entreprises du pays peuvent développer des solutions conformes aux normes internationales, ce qui ouvre de nouveaux champs de coopération et de partenariat.
Ce que révèle cette édition
Trois signaux se dégagent d’Ecomondo 2026. La Tunisie est reconnue comme un maillon des chaînes de valeur européennes du recyclage. Son écosystème de recherche s’appuie sur Horizon Europe. Ses PME, à l’image de celle de Tataouine, cherchent à exporter leur expertise au-delà des frontières. Reste à transformer ces contacts en contrats et en projets de recherche financés.
