La Banque Centrale de Tunisie « BCT » prévoit une reprise de l’inflation au 4ème trimestre 2018 à 7,6% contre 7,5% au troisième trimestre 2018, selon le rapport publié, jeudi, sur les évolutions économiques et monétaires et perspectives à moyen terme.

Le taux d’inflation prévu pour l’année 2018 a été revu légèrement à la baisse (de -0,3 p.p.), pour s’établir à 7,5%. Cette révision est expliquée par une hausse, moins importante qu’attendu précédemment, des prix des produits alimentaires frais, et par le maintien des prix à la pompe inchangés en octobre 2018. Au-delà, les prévisions laissent entrevoir une atténuation graduelle du rythme de progression des prix à la consommation pour atteindre en moyenne 6,7% en 2019 et 6% en 2020.

La détente progressive du taux d’inflation serait favorisée particulièrement par l’amélioration des perspectives de la production maraichère, les quelques mesures annoncées dans le projet de la Loi de finances de 2019 et l’apaisement des prix internationaux des métaux et d’autres matières premières (coton, bois, …).

Par principale composante, l’inflation des produits frais (13,9% du panier) devrait se situer, en 2019 et 2020, à des niveaux inférieurs à ceux observés en 2018, soutenus par l’amélioration de l’offre en perspectives. La hausse attendue de la production maraichère, favorisée par l’amélioration récente des précipitations et des stocks d’eau dans les barrages, devrait apaiser relativement les tensions sur les prix, émanant de la hausse des coûts de production.

Quant à l’inflation des produits administrés (26,3% du panier), les pressions à la hausse demeureraient actives sur l’horizon de prévision. Elles concernent principalement les prix des carburants, sujets à des ajustements à la hausse dans les mois à venir au vu de l’évolution des prix internationaux du Brent4, de la persistance des pressions sur le taux de change du dinar et de l’enveloppe des subventions allouée aux produits énergétiques. Egalement, un certain nombre de produits et services publics pourrait connaitre des relèvements de leurs prix, à cause de la hausse des coûts et de l’absence d’espace budgétaire suffisant permettant de résorber les charges additionnelles.

S’agissant de l’inflation sous-jacente, les mesures fiscales, annoncées dans le cadre du projet de la LF-2019, devraient contribuer à maintenir cet indicateur au-dessous de la barre de 8%. De ces mesures, on trouve particulièrement, la réduction du taux de la TVA (de 19% actuellement à 7% à partir du janvier 2019) sur les services de téléphonie fixe et internet fixe et les voitures populaires de type 4cv, et l’élimination des droits de consommation sur ces dernières. Egalement, le gel des taux d’imposition indirecte sur le reste des produits et services libres devrait engendrer un effet de base baissier important sur l’inflation sous-jacente. Par ailleurs, la quasi-stabilité attendue des prix internationaux des métaux (en relation avec les effets des tensions commerciales entre les Etats-Unis et ses principaux partenaires) devrait atténuer les tensions sur les prix à l’import et à la production. En revanche, les pressions sur le taux de change, les coûts salariaux et les effets indirects des hausses des prix à la pompe seraient susceptibles de freiner une convergence rapide de l’inflation sous-jacente vers ses niveaux habituels, sur l’horizon de prévision.

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