La startup tunisienne Hafsa, sélectionnée par l’OIF, comme l’une des pionnières de l’entrepreneuriat francophone

La start-up tunisienne  » Hafsa » vient d’être sélectionnée par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), comme l’une des pionnières de l’entrepreneuriat Francophone.

Sur un total de 1000 start-ups représentant plus de 70 pays francophones, Hafsa a pu se distinguer, avec 32 autres start-ups, grâce à « l’originalité et la qualité de ses produits ». En fait, la start-up est née de la volonté de l’entrepreneure « Wahida Labidi », 47 ans, de rendre hommage à sa mère, « Hafsa ». Il s’agit d’une start-up sociale par excellence, créée en 2019, et dont la vocation est la valorisation des produits de terroir tunisiens, notamment les produits culinaires délaissés, tels que la Harissa berbère, la Bsissa, le Kaddid, le Osban, la Salade Mechouia, la Salade Ommek Houriya.

L’entrepreneure a déclaré, dans un entretien accordé à l’Agence TAP, « notre premier objectif était de faire connaître nos produits à l’étranger et nous avons réussi, au bout d’une année, à exporter notre marchandise vers une dizaine de pays surtout européens, à savoir la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique…, ainsi que le Canada, ce qui nous a permis de réaliser un excellent chiffre d’affaires».

La particularité du projet de l’entrepreneure, consiste dans le fait d’employer uniquement, des femmes. «Mon projet est 100% féminin, il regroupe des jeunes femmes gestionnaires et ingénieurs, mais aussi des femmes rurales, qui ont suivi une formation de deux mois sur les techniques de production, les règles d’hygiène et les bonnes pratiques de gestion. Ces femmes qui veillent sur plusieurs étapes de la préparation de nos produits, sont les véritables piliers de la réussite de Hafsa ».

Avec la propagation de la pandémie et la fermeture des frontières de plusieurs pays, Labidi s’est trouvée dans l’obligation de s’orienter vers le marché intérieur pour commercialiser ses produits et assurer la pérennité de son projet. « Dès lors, nous avons créé nos propres points de vente, actuellement au nombre de 3, situés dans le gouvernorat de l’Ariana. Nous avons veillé à ce que nos produits soient disponibles dans les différents espaces dédiés aux produits agroalimentaires, à travers tout le territoire».

«Malgré la perte de quelques marchés à l’étranger, à cause de la pandémie de Covid-19, quand plusieurs de nos clients se sont trouvés face à de grandes difficultés financières, j’ai été heureuse et satisfaite de faire connaître la marque « Hafsa » sur le marché local. Aujourd’hui, je me prépare de nouveau, à conquérir d’autres marchés internationaux, avec une nouvelle gamme de produits qui comporte, entre autres, des variétés de sucreries purement tunisiennes (crèmes à tartiner…) ». D’après elle, la réussite du projet réside dans «la bonne qualité de la matière première utilisée et de l’emballage, mais aussi dans la notoriété déjà acquise, à travers le monde, en rapport avec les produits de terroir tunisiens» .

Originaire du Kef et dotée d’un diplôme en Finances et de trois masters professionnels, dont l’un en Organisation des entreprises (Paris), Wahida Lâabidi a réussi à s’imposer dans le milieu entrepreneurial, grâce à son expertise, son savoir-faire et son travail acharné, et ce, malgré les réticences de sa famille conservatrice, qui préférait la voir choisir une carrière stable d’institutrice ou de professeure.

Elle est aujourd’hui à la tête d’un petit groupe de huit sociétés tunisiennes, dont un centre d’affaires, une société agricole, une société de commerce internationale, une entreprise de développement informatique, avec deux filiales implantées à l’étranger…

A noter que le projet « Les Pionnières de l’entrepreneuriat francophone » de l’OIF, permettra à la start-up « Hafsa » de bénéficier d’un appui financier et d’un accompagnement par des spécialistes, afin de faciliter son développement à l’international. Le programme d’accompagnement comprend un appui opérationnel personnalisé, un mentorat individuel avec des experts en investissement, des réunions sur les enjeux de la croissance d’une entreprise, l’accès à des ressources pédagogiques et à un réseau d’entreprises et d’investisseurs.

Pour rappel, une start up sociale met la rentabilité au service de la finalité sociale ou environnementale.

SAB

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