Algérie: 200 millions de dollars de vêtements importés depuis la Turquie chaque année

Un salon de la mode et du textile se tient à la Safex depuis jeudi dernier. Quelque 50 entreprises participent à cette première édition qui se termine aujourd’hui. Ce premier évènement, organisé à Alger, d’après les organisateurs, deviendra durant les prochaines années une tradition.

D’ailleurs, le président du groupe Senmar, Heybet Dundar, est conscient des enjeux que constitue la destination Algérie pour les produits textiles turcs notamment le prêt-à-porter. Selon le président du groupe Senmar, les entreprises turques exportent annuellement vers l’Algérie environ 200 millions de dollars. Ce qui représente d’après lui, 2 500 conteneurs de vêtements de toute sorte, pour homme, femmes et enfants. « Le groupe d’entreprises turques que je représente exporte globalement chaque année 200 millions dollars. Nous travaillons avec nos partenaires algériens depuis au moins 20 ans et nous comptons rester sur cette dynamique pour les prochaines années », nous explique le patron de Senmar, Haybet Dundar, qui, en dépit des achats intensifs effectués par les importateurs algériens auprès des fournisseurs turcs, ne veut pas investir en Algérie dans l’intention de produire sur notre sol. « Il y a beaucoup de contraintes à investir en Algérie.

Il y a la règle 51/49 qui n’arrange pas trop nos opérateurs et il faut avoir des partenaires de confiance en Algérie pour investir ici. Nous n’avons trouvé personne de solide financièrement pour lier un partenariat. Le commerce marche bien et nous espérons peut-être un jour mettre en place une usine en Algérie », annonce Heybet, sans trop de conviction. Ce chef de groupe d’entreprises nous parlera du groupe Tosyali qui a investi en Algérie. « Tosyali a investi en Algérie dans le cadre du partenariat avec l’Etat. Une grande usine est en train de prendre forme et devrait couvrir, après trois ans d’entrée en production, 10% du besoin du marché algérien. Nous espérons que la confiance qui règne entre nos Etat puisse un jour se retrouver entre nos partenaires privés », souhaite-t-il. « Nous sommes en Algérie pour faire de la publicité de nos produits », nous dira, d’emblée, Gaffari Orakci, responsable de la firme, Miss Beyaz, qui produit du pantalon pour femme.

Un produit qui connaît, d’après lui, une évolution rapide. « La mode change deux fois par année, nous avons des modèles en plein évolution. Le goût de la femme est évolutif et nous devons satisfaire ses besoins en permanence», avoue le responsable de Miss Beyaz, qui n’est pas du tout satisfait de l’organisation du Salon. « Nous sommes venus pour la première fois en Algérie. Les organisateurs du Salon ne sont pas à la hauteur de cet événement », insiste-t-il, même s’il est prêt à revenir l’année prochaine tout en souhaitant une meilleure organisation pour la prochaine édition. L’article pour enfant est également présent dans ce salon dont la vente au détail est interdite. « Nous sommes un gros producteur d’articles pour enfant. Nous avons trois usines à Istanbul. Nous avons comme clients de gros importateurs algériens », nous informe Ouail El Kaoui, le représentant de la marque White Cat, le chat blanc, qui énumère les villes algériennes dans lesquelles ses clients sont implantés. « Nous sommes connus à Batna, à Oran, à Constantine, à Sétif, à Tébessa », cite Ouail El Kaoui, qui nous montre en direct via son Smartphone l’intérieur de l’une de ses usines. Questionné s’il est intéressé à mettre sur pied une usine en Algérie, « nous n’avons pas encore réfléchi à ce sujet », tranche-t-il, a. Ajoutant que « beaucoup de conditions doivent être réunies pour fonder quelque chose en Algérie». Selon lui, « une usine est difficile à construire ici, car il faut aussi produire du fil, des accessoires et avoir une main-d’œuvre qualifiée. Nous devons avoir des techniciens pour l’entretien des machines ». Une liste de conditions qui, semble-t-il, est difficile à satisfaire si l’on se fie au sentiment qu’il dégage. Mais une chose est sûre, « nous sommes satisfaits des ventes que nous réalisons avec nos amis algériens », avoue-t-il dans détour.

Dans ce Salon, un seul fabricant de chaussures est présent pour un seul objectif, trouver un partenaire local. Ce fabricant produit de la chaussure sous la marque Luciano Bellini. « Nous produisons annuellement près de 450 000 paires de chaussures. Nous avons 1 500 modèles et nous exportons dans 25 pays à travers le monde, dont les pays de l’Europe de l’Est et d’Asie », confie Emre Kenar, qui nous pose une série de questions sur l’Algérie. « Nous cherchons quelqu’un pour lui confier l’exclusivité sur le marché algérien de tous nos produits », propose-t-il, révélant que « 30% de la production sous le label Luciano Bellini est exportée depuis la Turquie. « Nous espérons vivement conclure notre mission en Algérie avec la signature d’un contrat d’exclusivité avec un importateur algérien », souhaite-t-il en regrettant de ne pas avoir déjà de partenaire algérien.

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