M.Hakim Soufi, PDG de MacirVie : « de nouveaux services de paiements et de nouveaux produits d’assistance médicale local vont voir le jour dans les semaines qui viennent.»

Mohamed Hakim Soufi est un patron dynamique ! Il aime le défi et l’innovation, mais surtout il fait confiance aux équipes avec qui il travaille. Pour lui, la chose la plus essentielle dans une entreprise est ce qu’on peut apporter à l’autre. Il annonce de nouveaux services dans le réseau de la Compagnie, mais il ne donne pas plus d’explications. Dans cet entretien, M.Soufi nous explique en partie les raisons ayant propulsé MacirVie à devenir une compagnie incontournable dans le paysage des Assurances avec, un taux de fidélisation de 98%, un chiffre d’affaires en croissance sur tous les produits et une croissance de 11% au semestre.

Challenges Algérie : M. Soufi, Vous avez reçu récemment une distinction. Pourriez-vous nous parler de cette reconnaissance ?

Mohamed Hakim Soufi : Le CIO Mag est un magazine africain qui analyse l’évolution de la transformation digitale sur le continent africain. Il a donc naturellement voulu traiter de notre pays et de la négociation du virage numérique des entreprises algériennes. Après avoir choisi des membres de la communauté IT algérienne, un jury a été composé. Il a décidé d’octroyer à MacirVie le trophée dans la catégorie « Entreprise et Transformation Digitale ». Ainsi, j’ai été convié à récupérer ce trophée pour le compte de MacirVie, lors d’un dîner de gala organisé par le CIO MAG le 26 septembre au SOFITEL Alger. Ce fût un moment formidable.

En Algérie, nous avons un éventail de compagnies d’Assurances. MacirVie est une société jeune qui se distingue par son dynamisme. Dans quel registre est-elle considérée par ses paires comme une référence ?

MacirVie est une société qui a toujours voulu se différencier des autres compagnies d’assurance par une communication originale et différente de ce qui se faisait par le passé. Nous avons aussi voulu maintenir un haut niveau de gestion du volet sinistre vis à vis de nos clients en entretenant avec lui un dialogue quasi journalier car nous voulons être très proches d’eux. Nous avons également opté pour une dynamique digitale très forte en échangeant la quasi-totalité de nos documents par voie électronique.

Nous avons par ailleurs adopté une politique de remboursement contractualisés, autrement dit, nous nous engageons par écrit à analyser, évaluer et rembourser les sinistres dans une durée sur laquelle nous nous sommes mis d’accord avec nos clients.

Enfin, nous mettons toutes nos forces dans la négociation de notre virage numérique en offrant de nouvelles possibilités de souscriptions plus simples, plus rapides et plus proches de notre clientèle à travers notre site web qui fait de nous une compagnie omnicanal au vrai sens du terme, cette tendance va s’accentuer de plus en plus dans les prochaines années.

Quels sont les produits d’assurance de personnes chez Macir Vie ?
Sur la dizaine de produits que nous commercialisons, trois sortent du lot et sont, par ordre d’importance, l’assurance voyage, l’assurance groupe et l’assurance-crédit immobilier. Le reste sont des produits de capitalisation que nous ne pouvons pas, encore, proposer à la clientèle du fait que nous avons en Algérie un marché boursier qui ne permet pas de rémunérer les placements à un taux supérieur à celui de l’inflation. Par contre, de nouveaux services de paiements et de nouveaux produits d’assistance médicale local vont voir le jour dans les semaines qui viennent incha’ALLAH , nous en reparlerons dans un très proche avenir B’rabi.

Pouvez-vous nous dévoiler le bilan (ou bien une tendance) de MacirVie après 3 semestres d’activité de l’année 2018 ?

La tendance est, grâce à Dieu, à la hausse. Nous avons un taux de fidélisation de 98%, avec un chiffre d’affaire en croissance sur tous nos produits. Notre portefeuille devient de plus en plus homogène et équilibré avec une croissance au semestre de près de 11%. AL HAMDOULI ALLAH !

Notre ratio S/P (sinistre à primes) est maitrisé, nos budgets constitués et nos engagements techniques bien représentés, Grâce à Dieu !

Un réseau d’agences en pleine croissance couplé à une vrai politique commerciale agressive sur la partie Corporate et un zoning des besoins en assurance vie, voyage et santé sur les 48 wilayas, qui nous permet d’avoir de la visibilité ainsi qu’un déploiement de nouvelles offres digitales sur notre site web marchand. Tout cela participe à faire de notre compagnie une société qui compte sur le marché des assurances de personnes algériens MACHA’ALLAH

Sur un autre plan, l’UAR a mis en exergue la bonne santé du secteur des assurances en 2017 et prévoit une bonne perspective pour 2018. Partagez-vous cette conclusion ?

Je la partage pour 2018, évidemment, d’autant plus qu’en 2017 les assurances de personnes étaient à l’origine de la croissance de tout le marché vie et dommages confondus. Je la partage pour 2018, d’autant plus que les perspectives de croissance sur des produits de niches sont exceptionnelles. Je la partage pour 2018, d’autant plus que les dépenses de santé en Algérie commencent à devenir l’un des postes de charge les plus importants du panier de la ménagère et un des vecteurs de fidélisation de la ressource humaine pour les entreprises. Enfin, je la partage pour 2018, d’autant plus que les budgets de communication de la plupart des compagnies d’assurance de personnes sont en pleine croissance pour faire pénétrer la culture de l’assurance santé, vie, voyage et santé dans toutes les couches de la société algérienne. Le client algérien a pris conscience de l’importance d’être assuré d’une part mais aussi et surtout d’adhérer dans une compagnie en laquelle ils ont confiance, qui leur inspire confiance.

Comment se porte l’Assurance Santé en Algérie ?

Bien, AL HAMDOULI ALLAH ! Elle pourrait l’être beaucoup mieux. Il y’a tellement de possibilités, tellement d’opportunités et surtout tellement de partenariats qui pourraient être noués avec la CNAS que l’assurance santé pourrait toucher une frange beaucoup plus large de la société algérienne. Le fait que les réseaux de distribution soient aussi réduits (banques, agences et courtiers uniquement) freine aussi la croissance des compagnies et ne permets pas d’augmenter les cibles clientèles. L’assurance santé se confond aussi avec assistance qui représente plus de 50% de leur chiffre d’affaire, sur ce volet beaucoup de services peuvent être déployés à part uniquement le tiers payant médical, c’est une activité qui sert à soutenir la clientèle en difficulté et permets quelques fois aussi de sauver des vies. En ce qui me concerne, c’est sur ce volet que je souhaite faire beaucoup plus d’efforts.

En votre qualité de vice-président de l’Union des assureurs algériens, est-ce que la loi sur la séparation entre assurance de personnes et assurance de dommages, instituée depuis juin 2011, a donné les résultats escomptés ?

Prenons quelques chiffres ! Au 31/12/2017, le chiffre d’affaires réalisé par les assurances de dommages est de 121,6 milliards de DA, soit une hausse de 2% comparativement au 31/12/2016 et une part de marché de 87,9%.Au 31/12/2017, avec un total de 4 245 159 contrats souscrits, la production des assurances de personnes marque une évolution de 12,8% par rapport à la même période de 2016, soit une production additionnelle de 1,5 milliards de DA. Les données sont claires et parlent d’elles-mêmes, donc pour répondre à votre question, la loi 06-04, modifiant et complétant l’ordonnance 95-07 relative aux assurances et portant sur la séparation des compagnies dommages et vie a permis de faire connaître un pan non négligeable de l’activité du marché et de le mettre en exergue. Il a permis, également, de développer cette activité à titre d’exemple lorsque MacirVie a débité ses activités, la branche assurance de personnes ne représentait « que » 250 millions de dinars de chiffres d’affaires à la maison mère CIAR, elle représente 07 ans plus tard, macha’ALLAH, plus d’un milliards et demi de dinars. C’est plus que remarquable ! Ainsi, cela prouve qu’il y’a un gisement énorme dans ce domaine surtout si la bourse entrait dans sa phase de maturité et nous permettait d’adosser nos produits de capitalisation aux produits financiers et aussi si les réseaux de distribution pouvaient être élargis.

Estimez-vous que l’Etat soit dans l’obligation de renforcer davantage sa présence pour endiguer la concurrence déloyale sur les tarifs ?

Je suis totalement contre le fait de tout remettre sur le dos de l’état, l’état ne peut pas tout faire et ne doit pas tout faire. Je pense, qu’en tant que compagnie, nous avons acquis beaucoup plus de maturité et de ce fait cette question des tarifs nous revient à nous en tant que marché, c’est donc à nous de trouver un équilibre permettant de mettre en place les conditions d’une concurrence saine. D’ailleurs, il y va de notre survie, une guerre des tarifs n’est bonne pour personne et encore moins pour le client final.

Certains observateurs estiment injuste l’élimination indirecte des compagnies privées des appels d’offres publics, en exigeant un capital social élevé, sachant que seules les compagnies publiques disposent de ce capital ?

Évidemment que c’est injuste et ce n’est pas que les observateurs qui vous le diront, les acteurs privés l’ont dit, le disent et le diront tant que ces comportements seront de mises. J’ajoute que l’élimination indirecte des compagnies privées se fait par le truchement de beaucoup d’autres paramètres, nombre d’agences sur le territoire national, nombre de personnel, années d’existence bref nous en avons l’habitude mais nous continuerons à travailler et à nous reposer sur les déclarations des premiers responsables de notre pays : « il n’y a pas d’entreprises publiques et privées, il y’a l’entreprise ».